Maître Cerveau, sur son beau corps perché,
Du pouvoir en avait l'apanage ;
Maître Couillu, par l'odeur mal léchée,
Lui tint à peu près ce langage :
« Sans ma puissance fertile et la force de ma lame,
Qui t'aurait donner la vie et ajouté une âme ? »

Maître Cardio, par ce discours alerté,
À cette révolution voulut participer :
« Par malheur, si un peu distrait que je fusse
Qu'étourdiment j'arrête de battre le tambour,
Là, sans nul doute votre belle révolution russe
À peine éclose, nenni ma foi, ne verra le jour. »

Dans ce houleux débat d'élections agitant nobles organes,
Contre toute attente, en loucedé se glissa un profane :
« Si du royaume de ce corps vous discutez le fief,
Alors moi, Trou du Cul, je veux en être le chef ! »
En chœur, nos nobles de s'esbaudir :
Cette outrance de manant les fait péter de rire !

Sieur Trou du Cul, ivre de colère et toute honte bue,
De rage crispa son anneau et on ne le vit plus.
Après moult périodes de grèves illimitées,
Toute l'administration du corps en fut perturbée.
Maître Cerveau, plus prompt à la survie, déclara derechef
Que de toute entreprise le Trou du Cul sera le chef.

Si vous pensez que cette légitimité n'a pas cours,
Allez dans les entreprises : on la constate toujours.
Si l'union fait la force du royaume de l'amour,
Machisme et féminisme sont espions de la cour.
À Maître Trou du Cul je veux déclarer sans ambages
Que cette leçon de vie valait bien un hommage.