Tout a commencé à Metz, en Lorraine. J'étais chef de service à la Cité Administrative, où je dirigeais un service de secrétariat installé en « open space ». J'avais à gérer les activités d'une dizaine de personnes. Cet aménagement sans cloisons est un facteur de stress supplémentaire pour les employés car il facilite la surveillance et la mise en compétition des salariés entre eux, concept inhumain à mon avis. Une invention américaine ! Quand j'ai consulté les secrétaires, presque toutes m’avaient dit qu'elles étaient très gênées par le bruit, surtout celui des téléphones, et aussi par le manque d'intimité. J'étais mal à l'aise vis à vis d'elles, car moi je disposais d'un bureau individuel. Et lorsque j'ai obtenu de la direction l'autorisation de faire installer des cloisons mobiles, partiellement vitrées, l'ambiance a considérablement évolué ; toutes les employées m'ont remerciée.

Dans mon bureau, nous n'étions que deux : Mireille, une jeune stagiaire de 23 ans, et moi, Sandra. Mireille mettait de la vie dans mon bureau : elle était « speed », une sorte de tornade brune, toujours en mouvement, toujours souriante et agréable, coiffée avec un pétard ou un fer à repasser, jamais de bijoux, même pas une montre. Elle avait aménagé elle-même son emploi du temps : tous les jours une heure de retard !
Avec son sourire désarmant elle me disait :

— Tu comprends, Vincent voulait un petit câlin avant de partir travailler. Je ne pouvais pas refuser ! Et puis j'en avais envie aussi…

Après les premières remontrances, j'avais décidé de ne plus rien lui dire, car elle rattrapait son retard tous les jours : seulement trois quarts d'heure de pause déjeuner au self de la Cité, et elle remontait au bureau largement avant tout le monde. Et le soir elle restait avec moi une bonne heure après le départ des autres. J'appréciais ce moment qui me permettait de travailler dans le calme, téléphone coupé, sans stress. Mireille était particulièrement efficace quand nous n'étions plus dérangées. Nous pouvions aussi bavarder un peu, échanger sur nos vies respectives : la mienne, nulle et triste, alors que la sienne respirait la joie de vivre.


Ma vie s'était arrêtée à l'âge de trente ans, quand mon ivrogne de mari s'est tué en voiture, avec notre petite fille de cinq ans. Quand il n'était pas ivre, il était adorable, gentil, serviable. Mais quand il avait bu, c'était l'enfer. C'était il y a cinq ans. J'étais dévastée, une zombie, je n'avais plus envie de vivre, surtout avec un homme.

Mireille était en couple avec Vincent, un officier de police de vingt-sept ans. Il était sorti d'une grande école et avait un grade élevé au commissariat de Metz. Quel grade ? Je ne sais pas, je n'y comprends rien. Mireille m'avait dit qu'il attendait sa quatrième sardine ; je me suis demandé quel était le rapport entre la marine et la police. Ce que je voyais surtout, quand Vincent venait parfois chercher Mireille, c'était son physique : beau comme un astre, grand brun aux yeux bleus, taillé en V comme les athlètes qui font de la musculation ou de la natation. Depuis mon deuil, je n'avais plus eu de relations sexuelles avec un homme, mais lui n'aurait eu qu'à lever le petit doigt pour que je me retrouve dans son lit.

Mireille la retardataire était toujours habillée de la même façon : tee-shirt, jean bien ajusté qui mettait son petit cul en valeur, baskets et… N° 5 de Chanel. Quand elle me tournait le dos pour aller chercher un dossier, elle avait un déhanchement très suggestif, et je ne me lassais pas de la regarder. Je ne lui ai jamais dit que j'étais bisexuelle.

Chez elle, ce qui changeait tous les jours, c'étaient ses tee-shirts. Elle en possédait une collection impressionnante, certains très comiques. Elle les portait très amples pour, soi-disant, être à l'aise ; malheureusement, cela ne mettait pas sa poitrine en valeur. Je me demandais d'ailleurs si elle avait des seins car je n'avais jamais vu une marque de soutien-gorge. Un jour qu'elle arborait un « Titeuf » cabossé avec l’inscription « Mêm' pô peur ! » je lui demandai :

— Tu en as combien, des tee-shirts ?
— Ben, exactement je sais pas ; environ soixante, et une quarantaine de polos pour l'hiver.
— Tu les fabriques ou tu as acheté l'usine ?
— Non, mais partout où je vais, j'en achète un en souvenir ; et comme j'ai la bougeotte, tu comprends ? En plus, Vincent connaît ma marotte, et il m'en ramène. Et pour mes polos, je découds les crocodiles sur les plus vieux, et je les remets sur des polos que j'achète par trois chez un discounter. Ça me fait des crocodiles chinois… rigola-t-elle.

Elle était désarmante, avec son éternel sourire qui lui permettait de me balancer de petites piques vachardes :

— Tu sais, tu es encore bien fichue pour ton âge ; il va falloir que je te tienne à l’œil parce que j'ai vu Vincent te regarder avec intérêt.

Je rougis. M'avait-t-elle vue en train de mater Vincent ? Je bredouille :

— Tu n'as rien à craindre de moi : tu m'as toi-même fait remarquer que j'étais un peu vieille. Douze ans de plus que toi, c'est un peu trop.

Elle éclate de rire :

— Je n'en suis pas si sûre ! Mais j'ai l'habitude : tu n'es pas la seule à flipper sur Vincent. Et si tu es gentille avec moi, je te le prêterai.
— ? (un ange passe, en rigolant)
— Je t'ai vue aussi mater mon cul. Quand tu m'envoies chercher un dossier, tu t'arrêtes de taper sur ton clavier ; tu crois que cela ne se remarque pas ?

À présent, je suis écarlate. Je ne sais plus quoi dire. Elle a tout vu ! Elle est bien plus fine mouche que son allure ne me le laissait penser. Je voudrais m'excuser, mais je ne trouve plus mes mots, mes yeux se brouillent de larmes. Je me sens aussi conne que perdue.

— Je n'aurais pas dû, mais je n'ai pas pu m'en empêcher. Pardonne-moi.

Elle me sourit encore davantage :

— Pardonner quoi ? Vincent est très flatté quand tu le mates… et moi aussi ! Tu ne causes de tort à personne ; tu regardes ce que tu veux, quand tu en as envie. Nous sommes dans un espace public, c'est normal et naturel, ce n'est pas du voyeurisme. Ce n'est pas comme si tu nous regardais nous déshabiller, avec des jumelles, par le trou de la serrure ou une fente dans les volets. Ne stresse plus sur ça. Tu me suis ?
— Oui, mais je suis gênée…

Elle me coupe la parole, se lève, vient vers moi, prend mes épaules dans ses bras, se penche, me fait une bise sur la joue, très (trop ?) près de mes lèvres, et ajoute :

— Il n'y a jamais de mal à se faire du bien. Je ne sais pas qui l'a dit, mais c'est vrai.

Je ne suis pas sûre d'avoir tout compris…


Le reste de la semaine s'est passé, mollement, sous un ciel gris et pluvieux. Nos conversations étaient strictement professionnelles. Arrive le vendredi soir. Au moment de partir, elle me dit :

— Sandra, que fais-tu demain soir ?
— Rien de spécial ; je me repose car les samedis après-midi je fais une séance soit de fitness, soit d'aquagym.
— Ah, je comprends mieux que tu aies une belle ligne ; ça te dirait de venir faire une petite fête chez nous ? C'est l’anniversaire de Vincent.
— Ben… d'accord. Que dois-je apporter ?
— Rien du tout, j'ai fait appel à un traiteur qui s'occupe de tout. Mais… habille-toi sexy, Vincent aime bien…

Je cherche mes mots :

— Toi, tu ne veux plus voir ta « vieille » en tailleur-pantalon !
— Tu as tout compris : ça te rajeunira.

Et toc ! Mais elle a raison : avec mes éternels tailleurs-pantalons, je ne fais pas très envie. Elle s'approche de moi, me fait un clin d’œil, puis un petit bisou rapide sur mes lèvres. Une pirouette, elle est déjà dehors. Cette fois, je n'ai pas rêvé : elle m'a allumée ! Pourquoi ? Je gamberge : elle sait que je flippe sur Vincent et m'invite chez elle ? Et sexy ? Qu'est-ce qui se prépare ? J'y vais ? Ou pas ? C'est juste pour me donner bonne conscience, je sais bien que je vais y aller puisque Vincent sera là…

Ce soir-là, je me suis masturbée longuement en pensant à Vincent – mais aussi à Mireille – et j'ai joui plusieurs fois avant de m'endormir.


Problème éternel et majeur : que vais-je mettre ? Elle a dit sexy, mais sexy comment ? Finalement, je décide de mettre de la lingerie sexy sous une petite robe noire assez sage. On verra bien. Le samedi matin, je cours les boutiques, magasins et grandes surfaces pour me réapprovisionner en lingerie et maquillage. Depuis quand ne me suis-je plus maquillée ? Avant ou après la Révolution ? L'après-midi, je ne vais pas faire mes entraînements habituels : il faut que je fasse des essais !

Après un bon bain relaxant, je passe un petit kimono et je m'attaque au ravalement de façade. J'appréhendais ce moment, car je pensais avoir perdu la main. Or tout s'est bien passé : j'ai juste mis beaucoup plus de temps. Je relâche mes cheveux, après un brossage et une mise en forme. Je me reconnais à peine dans la glace : c'est Mireille qui va être surprise ! J'enfile ma petite culotte, un tanga en tulle rouge avec une fine dentelle noire à la ceinture. Je me tourne pour me regarder de profil : je suis satisfaite de mon cul. Au tour du soutien-gorge, évidemment assorti au tanga, et relativement transparent : mes tétons sont bien visibles. Je passe le porte-jarretelles, enfile mes bas noirs à couture, les lisse bien et les attache. Je me regarde dans la glace et je me plais beaucoup. Pour un peu je me caresserais…

Je passe ma robe, droite, noire, juste au-dessus du genou, avec un décolleté en V qui laisse apparaître un ou deux centimètres du soutien-gorge quand je me penche en avant. J'ajoute une fine ceinture à la taille : ainsi ma robe remontera davantage quand je serai assise. Puis quelques bijoux : un collier de perles – bien trop belles pour être vraies – des clips d'oreille assortis, des bracelets, et pour finir une goutte de parfum derrière chaque oreille. Je m'admire une dernière fois dans la glace : je suis franchement magnifique ! Je me sens bien dans ma peau, j'ai plus d'assurance, je crois que je vais épater ma copine.

J'enfile un trench, prends mon parapluie, et en route. Après environ un quart d'heure de marche je me retrouve devant leur porte. Je sonne ; une femme vient m'ouvrir :

— Bonjour, Madame, je cherch…

Un immense éclat de rire : c'est Mireille, que je n'ai pas reconnue ! Elle est pliée de rire. Il faut dire qu'elle a fait très fort : il y a des années-lumière entre la Mireille du bureau et le mannequin que j'ai devant moi. Je suis scotchée et ne cesse de l'admirer. Il va neiger : elle a une jupe droite noire, un chemisier cintré rouge, transparent, qui la moule bien, des bas résille, des escarpins vernis à hauts talons, et… des bijoux ! Elle est allée se faire coiffer et maquiller ! Et je devine plus que je n'entrevois qu'elle a une jolie poitrine, bien moulée dans un balconnet noir, avec un liseré rouge.

— Ben, entre, sinon tu vas prendre racine.

Je la suis dans l'entrée et j'enlève mon trench.

— Wouahou ! Mais tu es canon ! T'es sûre que tu t'appelles Sandra ? Tu as dix ans de moins !
— N'exagère pas, tu m'as sortie de ma cuirasse en me demandant de m'habiller. Cela me fait du bien.
— Je ne te fais pas la bise pour ne pas te mettre de rouge.

Mais, ce disant, elle a empaumé un de mes seins et caressé mon téton avec le pouce ; je sursaute, électrisée. Le ton est donné.

— Tu n'aimes pas ?
— Non… si… mais tu m'as surprise. Je suis très sensible.
— Tant mieux ! Viens faire la bise à Vincent pour son anniversaire.

Vincent est en train de disposer des réductions de toutes sortes sur une table basse. Il est superbe : un pantalon noir qui a du coûter un bras, une chemise en soie blanche (l'autre bras), des mocassins italiens, une ceinture Armani. Il me sourit, s'approche de moi :

— Félicitations, Sandra, vous êtes à croquer.
— Joyeux anniversaire, Vincent !

Mireille intervient :

— Vous n'allez quand même pas vous vouvoyer toute la soirée ! Relax !

Vincent me prend dans ses bras, me regarde droit dans les yeux, approche lentement ses lèvres des miennes…

Je suis comme hypnotisée. Je devrais réagir, détourner la tête, mais je ne fais rien : je ne peux pas ! Il prend mes lèvres, sa langue cherche à me pénétrer ; je m'abandonne pour un baiser qui n'aura duré que quelques secondes, mais pour moi, les plus longues du monde. Ma culotte est humide, mes tétons se sont dressés. Mon fantasme vient de se réaliser ! Je redescends sur terre en planant, et je réalise tout à coup que Mireille nous a vus. Très gênée, je me tourne vers elle, mais elle a un grand sourire :

— Je lui ai dit que tu étais très gentille avec moi !

C'était prémédité, ils étaient d'accord ! La soirée s'annonce chaude. Je ne sais pas ce qu'ils ont mijoté. Peut-être un plan à trois ? Je suis un peu inquiète car j'ai peu d'expérience. Mais si tout se passe sans vulgarité ni violence, je suis partante. Après tout, j'en rêvais, non ?


Mireille nous invite à prendre place autour de la table. Elle occupe le canapé avec Vincent, je suis assise dans un fauteuil en face d'eux. Réductions salées, pain surprise, mignardises sucrées, champagne au frais dans son seau, il y a de quoi s'occuper. Et elle annonce, en plus :

— Il y a aussi des aumônières dans le four, ne tardez pas trop.

Je sens que ma balance va protester énergiquement demain matin ! Vincent sert le champagne ; nous trinquons, il nous ressert… Après quelques flûtes, l'atmosphère – qui était légèrement crispée – se détend. Vincent raconte des histoires plus ou moins osées. Mireille semble apprécier car elle rit aux éclats. Ma tête ne semble plus être d'aplomb, je suis un peu pompette.

Tout à coup, je m'aperçois que Vincent semble avoir chaud et me regarde d'un drôle d'air. L'air du loup de Tex Avery, les yeux un peu brillants. Et Mireille aussi me regarde. Ai-je fait une bêtise ? Je m'aperçois que ma robe s'est relevée et découvre mes jambes jusqu'à la dentelle de mes bas. Vincent, qui est juste en face de moi, n'en perd pas une miette, et comme mes genoux n'étaient pas serrés, il doit voir ma culotte, ma culotte en tulle transparent qui est humide depuis tout à l'heure ! Il essaie maladroitement de dissimuler son érection ; j'ai un petit frisson quand je pense que c'est moi qui en suis la cause. Je le regarde dans les yeux, je contemple son érection, mais je ne fais rien pour dissimuler ma chatte. Il est légèrement énervé ; Mireille peut-être aussi ! Qu'ils profitent du spectacle…

Vincent a de plus en plus chaud. Il se penche vers Mireille, lui dit quelque chose à l'oreille ; elle acquiesce. Il la soulève aussi facilement qu'un tube de rouge à lèvres, l'assoit sur ses genoux et l'embrasse amoureusement. Ses mains se baladent sur sa poitrine : il la pelote ouvertement. Puis il commence à déboutonner son chemisier et le lui enlève. Elle est en soutien-gorge. L'image est très érotique car son soutien-gorge est plus que sexy et sa petite poitrine très orgueilleuse. Vincent s'attaque au soutien-gorge, il en a visiblement l'habitude. Mireille se retrouve les seins à l'air en quelques instants.

Je suis étonnée car je n'avais jamais pu voir, ni même imaginer, l'aspect de sa poitrine : elle a de très jolis seins, pas aussi développés que les miens, mais très bien proportionnés. Un 85 B ou C qui correspond bien à son allure. De plus ils semblent très fermes. Vincent ne se retient plus : il embouche un téton et commence à le sucer, à laper, à lécher, à l'embrasser. Mireille se tortille ; elle apprécie énormément ce traitement. Je me sens de trop, à tenir la chandelle :

— Bon, je vais y aller, bonne fin de soirée…

Mireille réagit :

— Non, Sandra, tu ne vas pas rentrer seule, pas maintenant. Viens près de moi, s'il te plaît, et occupe-toi de l'autre.

J'hésite encore alors que j'en meurs d'envie. Elle insiste :

— Allez, ne me fais pas languir…

Je m'agenouille près d'elle et prends son autre téton entre mes lèvres. Elle sursaute, met sa main derrière ma tête pour m'empêcher de reculer, et me supplie :

— Ne te retiens pas, vas-y, j'attendais ce moment depuis longtemps. Si tu savais comme c'est bon de se faire sucer les deux seins en même temps… c'est divin.

Elle pousse de petits gémissements, sa respiration s'accélère, elle retient nos têtes contre sa poitrine. Elle commence à trembler et brusquement elle se pâme. Elle est secouée de violents spasmes, se courbe en arrière et hurle sa jouissance. Son orgasme dure plusieurs longues secondes puis elle s'abat sur l'épaule de Vincent, à la limite de l'évanouissement. Elle halète, son visage est en sueur, elle me fait presque peur. Elle récupère lentement, puis se redresse et me sourit :

— C'était fabuleux ! Sandra, il faut que tu essaies aussi, c'est à ton tour !
— Mais je…
— Allez, viens t’asseoir entre nous deux. Enlève ta robe, sinon tu vas la froisser.

Je ne résiste plus, m'approche, tourne le dos à Vincent et demande :

— Tu veux bien ouvrir mon zip ?

C'est comme si j'avais demandé à un aveugle s'il avait envie de voir ! Il m'enlève ma robe. Je me retrouve en lingerie devant eux, et suis super satisfaite de l'effet produit : ils sont vraiment scotchés tous les deux ! J'aurais dû mettre un panneau « Défense de toucher ». Comme il n'y a pas de panneau, ils touchent, pour savoir si c'est du vrai ou du faux. Il est vrai que mes séances du samedi ont eu un résultat très positif : je n'ai aucun bourrelet, mes seins et mes fesses sont bien fermes, et comme je suis assez grande, je suis bien agréable à regarder. Mes tétons pointent et sont bien visibles dans mon soutien-gorge transparent. Mireille s'approche et me les caresse avec ses pouces. Je suis obligée de faire un effort pour ne pas me dérober. Je ne recule pas ; au contraire, je fais ressortir ma poitrine. J'ai toujours préféré que l'on me caresse les seins à travers un tissu léger plutôt que sur la peau nue car je ressens des sensations plus fortes. Elle me dit :

— Si j'avais su quels trésors tu cachais sous tes tailleurs, je crois que j'aurais plus d'une fois essayé de te peloter ! Tu as échappé au viol…

Elle se dresse sur la pointe des pieds et m'embrasse tendrement ; sa langue vient jouer un moment avec la mienne, puis notre baiser devient de plus en plus chaud. Aucune de nous deux n'a envie de s'arrêter. Vincent, qui – comme beaucoup d'hommes – est excité par les amours saphiques, se rince l’œil et ne tient plus en place. Il a de plus en plus chaud et se met à se déshabiller : chemise, pantalon, chaussures et chaussettes s'envolent sur une chaise. Il est en mini-slip, bien insuffisant pour contenir son énorme queue. Il a un de ces engins ! S'il le plante dans le sable d'une plage, il va trouver du pétrole !

Mireille défait mon soutien-gorge et me l'enlève. Elle me refait m'asseoir entre eux sur le canapé, happe un de mes tétons ; Vincent embouche l'autre et ils se mettent à me sucer. Chacun a mis sa bouche en cul de poule, et ils m'aspirent et me relâchent en cadence. À chaque aspiration, un petit coup du bout de leur langue excite encore davantage mes tétons. Mireille et Vincent sont parfaitement synchrones, et me masturbent les seins avec un bel ensemble. Je comprends pourquoi, quand je vois Mireille commander la cadence avec son index sur une main de Vincent. La sensation est magique : je sens une chaleur qui monte, monte… J'ai des picotements sur ma tête, et de violents spasmes me font m'arc-bouter. J'ai plusieurs orgasmes consécutifs ; je crie, j'ai perdu tout contrôle, mon bonheur est fabuleux. Jamais je n'avais ressenti cela et je comprends mieux Mireille, qui avait insisté pour me faire connaître ce plaisir à trois. Je suis épuisée, entièrement à leur merci…


Pendant que je récupère, Mireille s'occupe de Vincent : elle lui a fait enlever son slip et lui prodigue une fellation magistrale. Elle a vraiment du mérite de réussir à l'emboucher ! Vincent s'est appuyé au dossier du canapé, les bras écartés, les yeux fermés, et il se laisse déguster. Au moment où elle le sent se contracter, elle l'abandonne et me dit :

— Il est prêt ; c'est à toi de jouer avec lui.
— Mais, et toi ?
— Vas-y, sinon il va râler !

Elle m'enlève ma culotte et me force à m'asseoir sur lui. Je suis paniquée, il est énorme. Mireille guide son sexe à l'entrée de ma chatte ; je me laisse doucement descendre. J’ai une douce et agréable sensation quand mon vagin se dilate autour de lui ; je suis tellement mouillée que je n'ai aucune gêne, alors je me laisse aller, et … Aïe ! Une douleur violente dans mon bas-ventre me fait réaliser qu'il est trop long pour moi : il me meurtrit l'utérus. J'en ai les larmes aux yeux. Heureusement, Vincent réagit immédiatement et me soulève comme une plume. La douleur se calme petit à petit. Il s'excuse :

— Pardonne-moi, j'aurais dû me méfier et te retenir davantage.

Mireille rouspète :

— Évidemment que tu aurais pu faire attention, tu m'abîmes ma copine ! Emmène-la sur le lit et prends tes précautions !

Vincent se baisse, passe un bras derrière mes épaules, l'autre sous mes genoux, me soulève comme si je n'étais qu'un petit nuage, et me monte dans leur chambre comme une jeune mariée. Il me dépose délicatement sur le lit et s'allonge à côté de moi. Moi, j'ai peur ; je n'ai plus envie et je le lui dis. Il s'excuse encore et me promet qu'il va se faire pardonner. Il se place entre mes jambes et commence à me lécher la chatte et agacer mon clito. La sensation est sublime, je sens que je vais lui pardonner, mais je ne suis pas disposée à le laisser me baiser : j'ai encore un peu mal et une grande appréhension. Il continue ses bisous, et un orgasme plus tard j'ai changé d'avis. Il me demande :

— Tu souffres encore ?
— Non, ça peut aller.
— Tu sais, je ne veux que ton plaisir, je ne suis pas une brute. Si tu veux, tu viens sur moi, et c'est toi qui me baiseras comme tu le sens. Tu auras le contrôle, tu pourras te faire plaisir comme tu le souhaites.
— C'est gentil, mais toi ?
— J'aime bien me faire baiser, et si tu jouis je jouirai aussi.

Il se met sur le dos et m'attend. Je m'étends sur lui et commence par l'embrasser longuement. Nos langues valsent comme à Vienne ; la musique est belle, et je commence à mouiller : c'est bon signe. Je sens son énorme bite entre mes cuisses. Il gonfle encore davantage ; je ne sais pas comment me placer pour le faire entrer en moi. Puis je sens que son gland cherche mon entrée : ce n'est pas possible, il aurait une télécommande ? Non, c'est Mireille qui est venue pour le guider, et qui m'ordonne :

— Détends-toi, tu vas apprécier…
— Je sens quelque chose de froid. Que fais-tu ?
— Ne bouge pas, ne t'inquiète pas : c'est une huile thaïlandaise, elle te fera du bien.

Mireille est en train d'enduire la queue de Vincent mais aussi de me masser la chatte. C'est agréable, et je pense que cela va le devenir de plus en plus. Mais… elle met aussi de l'huile sur mon anus et le masse délicatement. J'ai un sursaut de surprise ; elle ajoute :

— Allez, vas-y. Recule doucement, je vais te le mettre. Si tu ressens la moindre douleur, arrête-toi et dis-le.
— Pour le moment je me sens très bien…

Je me glisse lentement vers l'arrière et je sens le sexe de Vincent me pénétrer sans difficulté. Une sensation de plénitude m'envahit. Il est tellement gros que je le sens sur chaque millimètre de mon vagin. Et… je sens aussi quelque chose – un doigt, sans doute – me pénétrer doucement l'anus. J'étais vierge de ce côté, et je me surprends à apprécier ce que j'ai toujours refusé. Vincent m'incite à bouger, ce que je fais de plus en plus vite. Je suis doublement pénétrée, et chaque mouvement me procure du plaisir, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. Mireille s'est agenouillée derrière moi ; je sens ses mains qui viennent sur mes seins, et elle se met à agacer mes tétons. Les Orientaux parlent du Nirvana ; je crois que c'est ce que je suis en train de découvrir. J'ai du plaisir de partout, je jouis de partout, je ne sais plus où je suis, ni comment je m'appelle…


J'ai dû perdre conscience pendant quelques instants. Quand je reprends mes esprits, je suis couchée contre Vincent. Mireille a filé à la salle de bain. Quand elle revient, elle est en nuisette de satin bleu électrique et m'en tend une autre, blanche, qu'elle m'aide à enfiler. Elle s'allonge à côté de moi. Appuyée sur son coude, elle me sourit, puis elle m'embrasse avec une infinie tendresse. Je suis sûre que c'est ça, l'amour. Je lui caresse les seins ; elle adore. Puis je descends vers sa chatte. Je la sens se crisper un peu, et quand je veux caresser son clito… je rencontre un pénis !

Je bondis, je regarde : c'est un vrai pénis, très fin mais de longueur normale, agrémenté de deux petits testicules gros comme des noisettes. Et elle n'a pas de vagin ! Je la regarde avec stupéfaction ; elle pleure. Je suis complètement perdue : il faut bien avouer que c'est un choc ! Il faut que je me ressaisisse. Elle me dit :

— Pardonne-moi, Sandra. Je suis une ratée de la Nature. Je ne voulais pas encore te mettre au courant de mon drame. Mon intention était juste de t'offrir à Vincent pour son anniversaire, parce que tu m'as avoué que tu flippais sur lui. Je me faisais un film dans lequel je te voyais heureuse. Ne m'en veux pas, je t'en prie.
— Si, je t'en veux un peu, quand même : tu aurais pu me prévenir plus tôt, cela n’aurait rien changé entre nous. J'ai failli avoir une crise cardiaque ! Mais à présent je comprends beaucoup de choses. Dis-moi : tu te sens fille ou garçon ?

Elle pleure toujours et renifle :

— Quand je suis née, la sage-femme m'a trouvé un petit zizi, et j'ai donc été déclarée de sexe masculin, prénommé André. J'ai vécu comme un garçon jusqu'à ma puberté. Et c'est là que tout est arrivé ; mes seins se sont développés, ainsi que tous les caractères sexuels secondaires d'une fille : cheveux fins et ondulés, pas de barbe, pas de pomme d'Adam, des bras et des mains de fille, etc. Et dans ma tête je savais que j'étais une fille, mais anormale.
— Tu n'as jamais pensé à te faire opérer ?
— Si. J'ai consulté des quantités de médecins. Mais les opérations – il en faut plusieurs–  sont compliquées, risquées et irréversibles. Par exemple, mon pénis est sensible et me donne du plaisir. Si on me l'enlève, ma libido sera en berne. Et cela ne me donnera pas un vagin ! Il faudra une autre opération, et le résultat peut être très décevant car il n'aura pas forcément la sensibilité d'un vrai. Et même en supposant que tout réussisse, ma carte d'identité me trahira.
— Ben, il faudra la changer, non ?
— Mission quasi impossible ! Les conditions sont draconiennes, et je ne les remplis pas toutes. Vincent connaît plusieurs cas de gens comme moi, qui se retrouvés au poste après avoir été « malmenés ». Ma carte d'identité, je ne la prends plus avec moi. Et je ne vais plus voter…
— Mais avec Vincent, tu fais comment ?
— Comment quoi ?
— Ben, pour faire l'amour.
— Vincent est le seul homme qui a compris et admis ma différence. Je n'ai pas choisi mon corps, pas plus qu'un être humain ne choisit sa couleur. Le problème vient des gênes que j'ai hérités, donc en partie de mes parents. Le jour de mes 18 ans, mon père m'a fichue à la porte en disant « Pas de travelos chez moi ». Alors tu comprends que je tienne à Vincent ? Bon, tu veux savoir comment on fait ? Il y a plein de pratiques sexuelles possibles : fellation, masturbation et… je lui offre mon cul.
— Mais tu dois atrocement souffrir, il est énorme !
— Non. J'ai eu mal les deux premières fois, c'est tout. Vincent a appris à me préparer. Il est doux et surtout patient. J'avoue que j'y prends de plus en plus de plaisir. Et puis, je lui rends la pareille.
— Co… comment ? Tu le sodomises ?
— Oui, et il adore. J'ai l'impression que tu as bien aimé aussi, tout à l'heure, non ?

Je tombe des nues :

— Je croyais que c'était ton doigt.
— Non. Te souviens-tu que je pelotais tes jolis seins ? Je n'ai pas trois mains ! Et tu aurais ressenti beaucoup moins de plaisir, et moi aussi. Maintenant tu sais tout ; tu peux me rejeter, j'ai l'habitude…

Je la prends dans mes bras et lui dis :

— Maintenant que je t'ai vraiment trouvée, je te garde. Et ce n'est pas négociable.

Vincent, qui a suivi notre échange sans rien dire, s'adresse à Mireille :

— Tu as de la chance d'avoir une copine comme Sandra. Elle est un trésor, mais elle ne sait pas tout : tu ne lui as rien dit de notre convention.
— Oui, je sais. Tu voudrais qu'on en parle ?
— Je crois que nous devons être clairs, car tu l'as quand même un peu manipulée.
— Tu as raison.

Elle s'adresse à moi :

— Tu as compris que Vincent et moi formons un couple très « particulier ». Comme je n'ai pas de vagin, je l'autorise à aller « voir ailleurs », mais il y a une condition très spéciale : il n’a pas le droit de me tromper. Ce qui détruit souvent un couple, c'est la routine et la perte de l'envie. L'homme est tenté par une aventure passagère, ou la femme a envie de prendre un amant. S'ensuit une période de dissimulation, de mensonges, d'hypocrisie, de prétextes ou de faux alibis pour leur permettre de passer un moment avec l'autre. Il y a toujours un bug qui fait que l'un des deux se trahit ; et quand l'autre apprend son infortune, il se sent trompé, humilié. S'ensuit la haine, la guerre psychologique, l'escalade dans les reproches, la mauvaise foi, et la séparation. Or, il y a un moyen très simple de ne pas tromper son conjoint, et on y pense rarement : c'est de lui demander son autorisation avant.
— Comment ça ? C'est débile, elle sera toujours refusée…
— Pas sûr. Tout d'abord, c'est une marque de confiance, puisqu'il ne s'est encore rien passé. D'autre part, le conjoint a peut-être les mêmes fantasmes, et demandera la réciproque. Regarde le succès qu'ont les boîtes échangistes : c'est révélateur.
— Vu de cette façon, pourquoi pas…
— Il y a pour Vincent encore une autre condition : toujours avec une femme mariée. Tu vois pourquoi ?
— Ben… non, pas tellement, puisque je ne suis pas mariée. Mais toi, tu as demandé la même chose à Vincent ? Vous êtes échangistes ?
— Oh, pas question ! Tu me vois avec le mari ? Je risque une raclée… Non, moi je suis bi, et c'est plutôt une maîtresse que je cherchais. Et que j'ai heureusement trouvée.
— Parce que tu as de la chance : je suis bi aussi.

Elle éclate de rire :

— Tu penses vraiment que nous ne nous en étions pas aperçus ?


Il était trois heures du matin, et le marchand de sable avait déchargé son camion devant la porte. Nous nous sommes endormis comme des souches, Mireille entre nous deux. Pas folle, la guêpe ! Vers huit heures, quelque chose m'a réveillée, je ne saurais dire quoi. À côté de moi, Mireille et Vincent dormaient profondément. Je me suis retournée et j'ai somnolé, en faisant un rêve érotique : Vincent me caressait les seins, puis s'approchait de ma chatte, énervait mon clito, puis introduisait son doigt à la recherche de mon point G. Brusquement, je sens qu'il y a, entre mes jambes, une petite bête qui monte, monte ! Ce n'est plus un rêve. Je serre mes jambes, j'emprisonne une main. Je sens le N° 5. Et j'entends Mireille :

— Chut ! C'est moi, laisse-toi aller, j'ai envie de te câliner…
— C'est pour une bonne cause ? Fais-moi ce que tu as envie.

Elle a beaucoup d'envies et d'idées. Elle enlève sa nuisette, m'aide à retirer la mienne et vient s'allonger sur moi. Elle m'embrasse langoureusement, joue avec ma langue, fait durer le plaisir. La douceur de ses lèvres et le velours de sa peau sont un émerveillement ; je commence à mouiller. Elle se place seins contre seins, se met à onduler, à se frotter sur moi, et commence à agacer mes tétons avec les siens. Les miens sont très sensibles ; elle le sait et en profite. Je suis de plus en plus excitée et chaude. Je la supplie :

— Prends-moi…
— Si tu savais depuis combien de temps j'attends ce moment !

Elle introduit doucement son pénis dans ma chatte et, lentement puis de plus en plus vite, me baise avec une infinie douceur. Quelle sensation ! Elle fait durer le plaisir, m'amène plusieurs fois au bord de l'orgasme, s'arrête puis recommence. Ma langue n'en peut plus, mes tétons sont durs et ma chatte dégouline. Je suis prise de spasmes incontrôlables ; je me bande comme un arc et je hurle ma jouissance. Quel pied !

Vincent s'est évidemment réveillé, nous regarde et demande :

— J'ai raté un épisode ? La prochaine fois, prévenez-moi !

Pour une femme bisexuelle comme je suis, avoir dans son lit une jolie femme pleine de tendresse qui vous câline est déjà un immense plaisir. Mais quand, en plus, elle vous baise comme un homme, c'est un plaisir des dieux.
Et pour moi, ce fut une révélation.