Après un long et pénible conflit interne,
Tu t’es enfin décidée à franchir la poterne.
Désormais, tu t’avances sur les pavés disjoints,
Lentement, vers un inattendu et funeste destin.

Quand la lourde porte de chêne s’est refermée
Et que t’ont été prestement retirés
Les signes du passé, effaçant les souvenirs
Afin qu’ils ne puissent plus obérer l’avenir.

Tu fus presque soulagée de sentir enfin rivé
Autour de ton cou ce lourd collier d’acier,
Acceptant déjà cette marque de servitude
Comme les prémices d’une future béatitude.

C’est consciente que tu voyais ton corps
S’orner peu à peu de ces multiples décors ;
Cela choquait quelque part ta douce moralité,
Mais tu étais si décidée à me garder…

L’emprise des sens était sans doute plus forte,
Ce qui permettait de se dépasser en quelque sorte,
Bien décidée à accepter les moindres désirs
Pour se laisser bercer par les vagues du plaisir.

Malgré de faibles réticences, c’est consentante
Que tu devenais sans doute plus dépendante,
Te sentant par instants devenir soumise,
Avec parfois des ruades de cavale rétive,
Poursuivant ton chemin vers la géhenne
En te demandant jusqu’où cela mène.

C’est pourtant au cours de l’ultime estocade
Que tu tentas une aussi vaine qu’inutile rebuffade :
Brutalement, tu t’éveillas agitée, trempée
De sueur, par cet affreux cauchemar frustrée,
Le corps endolori et les sens toujours alanguis,
Regrettant amèrement de ne pas l’avoir accompli.