Depuis le temps que je nourris cet espoir,
Te décideras-tu enfin à venir ce soir ?
Iras-tu, là bas, sur les quais te promener,
Où, jusqu’au bout du môle te laisseras-tu errer ?

Sans doute, as-tu encore besoin de réfléchir,
De cette fraîcheur nocturne, pour te souvenir ?
Pour te remémorer que j’ai besoin de toi,
Alors je t’en prie, et surtout dépêche-toi.

Depuis combien de temps me suis-je préparée,
Peut-être une heure, une journée, une année ?
J’ai fait tout cela avec cette espèce de frénésie,
Pour combler, au mieux, tes moindres envies.

Comme convenu, j’ai posé sur le bord de la fenêtre,
Ce signal indiquant que, maintenant, je suis fin prête.
J’ai dû encore prendre sur moi pour oser le placer,
Mais, pour être tienne, je ne pouvais rien te refuser.

Le corps secoué par mes plus secrets désirs,
Je suis encore là, à t’attendre et à me languir,
Dans cette inconfortable et délicieuse position,
Qui sait faire prendre conscience de sa condition.

Dès que dans la courte venelle un pas résonne,
J’imagine le tien, et malgré moi frissonne,
Car les sens exacerbés par cette longue attente,
Me rendent certainement plus consentante.

Mais maintenant, c’est presque intolérable,
De pouvoir rester aussi longtemps désirable,
Alors, je t’en supplie, approche-toi de moi,
Viens vite, mon corps, mon cœur ont besoin de toi.