Comme une bouteille tombée dans l’eau,
Tu dérives, ballottée par les flots.
Voyageant lentement au gré des courants,
Inexorablement tu perds le lustre d’antan,
Te couvrant peu à peu d’algues et de mousse,
Craignant les rochers où les vagues te poussent.

Tu deviens terne, mais poursuis ton voyage,
Désireuse d’échouer, un jour, sur une plage
Inondée de soleil, recouverte de sable fin,
Espérant secrètement qu’un jour enfin
Un promeneur te remarque et te ramasse,
Et qu’avec détermination il te débarrasse

De cette épaisse couche de sargasses
Dans laquelle peu à peu le corps s’enchâsse,
Pour qu’à nouveau tu retrouves ce brillant
Et cet éclat perdus depuis si longtemps.

Mais hélas, contrairement à tes rêves,
Le courant t’écarte lentement de la grève
Pour te conduire vers d’autres régions
Où souvent règnent le froid et la désolation,
Les ténèbres et les roches acérées,
Et où grands sont les risques de se briser.
Tu sais seule qu’il faut qu’enfin tu réagisses
Si tu ne veux point sombrer dans les abysses.