Savais-tu que pour pouvoir me plaire,
Que pour totalement me satisfaire,
Un jour, sans vraiment t’en rendre compte,
Et sans ressentir la moindre honte,
Tu t’es repliée dans le cocon de ta bulle
Pour t’incarcérer au fond de cette cellule ?

Ainsi enfermée dans le pays du rêve,
Tu pouvais, pendant cette longue trêve,
Profiter de ce long et troublant silence
Pour méditer et mieux prendre conscience
Du poids de cette lourde et invisible chaîne
Qui peu à peu t’attache comme tu aimes.

C’est naturellement, pour mieux me séduire,
Qu’assise, tel un forçat, tu t’es mise à écrire,
Essayant de mettre de l’ordre dans tes idées
Malgré tes réticences à vouloir composer,
En ne nourrissant aucune autre ambition
Que de pimenter un peu ce jeu de la séduction.

Alors peu à peu l’immaculée feuille blanche
Se noircit des sentiments qui s’épanchent.
Prennent ainsi forme les mots sortis du cœur,
Auréolés d’une toute douce et pure candeur.
Tu vois, tandis que le texte prend du volume,
Le long chemin parcouru, esclave de la plume…