Le ciel est gris, le temps est frais ce matin ;
À l’horizon se profile un gros grain.
Nous sommes au début de l’été austral
Mais il ne fait plus ces chaleurs tropicales.

Le cargo avance, bercé par la houle.
Fendant la vague, il tangue, il roule.
Le ciel s’éclaircit ; on aperçoit la terre
Mais nous poursuivrons notre route en mer.

Lentement, de la côte on se rapproche
Où l’on voit des épaves gisantes sur les roches,
Ces fiers et sûrs navires, géants des mers,
Que des vagues scélérates ont jetés à terre.

La longue pointe de terre rocheuse
S’avance dans la mer majestueuse.
Il est là, juste devant moi, ce cap mythique,
Cette limite entre l’Indien et l’Atlantique.

Le point de rencontre de ces océans
Anime les vagues qui se brisent sur ses flancs
En de belles gerbes de blanche écume,
Feu d’artifice se mêlant à la brume.

Je n’avais pas imaginé au cours de mon enfance
Qu’un jour il doublerait le cap de Bonne Espérance
Pour son premier Noël au bout du monde,
Ce jeune marin, magicien des ondes.