Il y a parfois des oiseaux
qui viennent se poser sur nos épaules
sans qu’on sache vraiment pourquoi
ils ont choisi les nôtres.

Et ils pépient sans cesse
et du soir au matin,
et leur chant est si doux
et on se sent si bien
lorsque du bout du bec
ils cherchent notre cou ;
et nos bras alors
se parent de plumes immenses,
se déploient comme des ailes
et nous prenons notre envol
pour rejoindre le ciel
prendre un peu de bon temps
sous le soleil
de Satan.

Mais l’oiseau doit repartir :
même l’oiseau le plus sage
ne saurait vivre en cage ;
alors il promet
de revenir
très bientôt
du pays des oiseaux,
et on reste là à attendre
avec son épaule soudain
devenue trop lourde
pour voler à nouveau.
Un seul être vous manque,
et tout est déplumé.

Et dans les bois au loin
on entend les chasseurs
tirer sur les oiseaux…
Et il ne reste que la peur,
la peur surnaturelle
d’une nuit froide et éternelle.