Portée par les tourbillons dans la plaine,
Au gré des vents, cours-tu la prétentaine ?
Ou chercherais-tu plus simplement
À te reposer loin des caprices du temps ?

Sauras-tu trouver, au loin, sur une île,
Une épaisse couche de loess plus fertile
Que le sable des immensités désertiques
Qui te vouerait à un destin tragique ?

Mais non : tu arrives enfin, avec peine,
À l’endroit désiré, toute petite graine,
Qui après un aussi long voyage
Se prend à rêver sous le feuillage.

Je serai arrosée, mise en terre,
Réchauffée comme dans une serre.
Ensuite, après une phase de germination,
Très lentement s’ouvriront mes cotylédons.

De terre sortira une longue tige verte,
Fine, fragile, délicate et toute fluette,
Ornée en son extrémité d’un gros bouton
Qu’on pourrait croire en un chardon.

Je deviendrai peut-être une orchidée,
Ou plus simplement une jolie pensée,
Celle dont la teinte veloutée aspire
À évoquer les meilleurs souvenirs.

Mais non, petite graine, cesse donc de rêver !
Tu seras tout simplement la fleur de l’Amitié,
La plus jolie et la plus difficile à cultiver,
Précieux joyau, dont nul ne peut se passer

… et à conserver…