Ils viennent tous un jour sur moi poser leurs fesses,
Gros culs larges et pleins de grandes promesses
Se calant sur ma paille pas toujours avec délicatesse.
Mais je suis solide et je les reçois toujours en souplesse.

Fesses de rois ou de reines, fesses de mendiants ou de gueuses,
Viennent sur moi pour une minute ou une éternité heureuse.
Culs de belles ou de moches, jamais n’en refuse de ces affreuses
Qui s’arrêtent sur moi un moment pour les rendre joyeuses.

Débordants ou étroits, tous y trouvent leur place pour peu
Qu’un autre leur cède l’assise pour que je sente le feu
De ces derrières rembourrés ou trop mous… ça se peut :
Tous sur moi cherchent relaxation, et je reçois qui veut.

Sous leur poids, je ploie parfois avec ou sans vraies joies,
M’enivrant souvent de leurs odeurs de vieux bourgeois
Tout autant que celles des dames de salons qui les envoient ;
Je les prends tous, ces arrière-trains mornes ou grivois.

Au bordel comme au palais, je suis et j’y reste à attendre
Le chaland fatigué ou la rombière qui vient de s’y vendre.
Lavés et propres, mais souvent gardant les arômes tendres
Des amours passées, je les attends et me laisse surprendre.

Alors fesses joufflues ou culs menus, je vous offre ce paillasson
Pour vous y reposer un peu, le temps d’une toute petite chanson,
Ne vous demandant rien d’autre vraiment qu’un peu d’attention
Pour moi, pauvre chaise qui vous adule en qualité de croupion…