Un peu avant la Saint Valentin,
Se prit à rêver un petit jardin,
Car un jour était venu le visiter
Un jardinier qui paraissait intéressé.

Enfin je ne serai plus une friche ;
Cela paraîtra un peu moins chiche.
Comme tous je serai bien entretenu,
Et naturellement très régulièrement tondu.

À mon tour de connaître les joies du labourage
Ainsi qu’à nouveaux les plaisirs de sérieux binages ;
Je serai, au printemps, orné de multiples fleurs
Qui iriseront mon gazon de mille couleurs.

Pensif, l’académicien de la bêche huma longtemps
Puis, entre ses mains, malaxa lentement
Cette lourde terre odorante et grasse.
Il prit peur, au vu de l’importance de la tâche ;
Alors, plantant là son râteau,
Il s’en fut sans piper mot.