Depuis plusieurs jours, aucune nouvelle.
Que se passe-t-il ? J’ai besoin d’elle.
Impossible de la joindre : toujours ce répondeur ;
J’ai pourtant essayé pendant de longues heures.

Craignant une brutale rupture, je m’angoisse ;
Qu’ai-je bien pu lui faire pour qu’elle se froisse ?
Qu’elle puisse ainsi m’effacer de sa mémoire
D’une simple chiquenaude, je ne peux le croire.

La gorge serrée, je pars finalement travailler.
Au bureau, je ne peux me détacher du calendrier ;
Pourtant, c’est aujourd’hui la Saint Valentin,
Et ce soir je serai seul, sans le moindre câlin.

Tout me paraît sans aucun sens, bien vide ;
Les conversations des collègues insipides.
Je fais des efforts de concentration,
Mais rien n’arrive à retenir mon attention.

C’est terrible ! Je finis par décider d’interroger
Ma boîte vocale afin de pouvoir écouter
Les messages déposés durant la nuit.
Et, surprise : un seul est là depuis minuit.

Cette voix rauque de femme amoureuse que j’entends,
Associée à un fond sonore que je comprends,
Qui me disait, avec des trémolos dans la voix :
« Pierre, je t’aime ; j’ai envie, j’ai besoin de toi,
Et je voulais à être la première à te souhaiter
Une bonne Saint Valentin, toi qui sais m’aimer.
Je voulais ainsi à jamais marquer ton coeur,
Et de cette manière te montrer mon bonheur. »

La connaissant, je devine qu’une main s’active
Sur son corps, que peu à peu elle part à la dérive ;
Sa respiration s’accélère jusqu’à devenir haletante,
Puis parvient à s’apaiser, restant là, pantelante.

Cette musique, associée à sa voix pleine de désir,
Me troublait au plus haut point, ravivant mes souvenirs :
Combien de fois, dans cette ambiance musicale,
Nous sommes-nous aimés d’une manière animale ?

Plus rien n’existe autour de moi ; je suis transporté.
Me sentant tout près d’elle, le temps s’est arrêté.
Nos esprits communiquent de manière virtuelle
Dans cette relation complètement fusionnelle.

Plusieurs fois j’ai réécouté son message
Avec toujours ce même trouble au passage
Où elle se donnait et m’offrait sa jouissance
D’une manière aussi forte, en toute indécence.

Elle avait vraiment bien réussi son présent
En me laissant mariner dans le doute si longtemps !
Je la savais coquine, enjouée, mais pas si rusée
Au point que j’en sois complètement estomaqué…

Après un si merveilleux et inattendu cadeau,
Il fallait bien que j’aille jusqu’à son bureau ;
Alors, prétextant un urgent dépannage,
Je pris la route, emportant un léger bagage :
C’était à mon tour de l’étonner, et d’organiser