Réveil

« Aïe, mon crâne ! Qu'est-ce qu'il m'est arrivé ? » J'ai l'esprit embrouillé, c'est un véritable vacarme dans ma tête. Tout s'y bouscule. La lumière du jour me brûle les yeux malgré les rideaux à moitié fermés. Je me protège d'une main le temps que mes pupilles s'adaptent à la luminosité. Je respire un grand coup. L'air s'engouffre dans mes poumons pour me les brûler. Une violente quinte de toux me prend. Décidément, je ne sais pas ce qu'il m'arrive.

Ça y est, mes yeux se sont habitués à l'intensité lumineuse. Je regarde autour de moi pour me faire une idée d'où je suis. Je reconnais ma chambre, mais elle a bien changé depuis mes derniers souvenirs. C'est un vrai capharnaüm ! Des tas d'habits sont éparpillés sur le sol, des livres et des éclats de verre les accompagnent. Ma table de nuit est renversée. Ma télé est cassée.

Je suis torse nu assis sur mon lit. « Putain, mais qu'est-ce qu'il s'est passé ? » Et ce mal de crâne qui me tambourine le cerveau… Impossible de me concentrer, de me rappeler le moindre détail. C'est le black-out total ! Je me dirige vers la fenêtre afin d'ouvrir complètement les rideaux et me faire une meilleure idée de l'état de la pièce. C'est vraiment un désastre. Mes miroirs sont brisés ainsi que mes vases, mes tableaux jonchent le sol au milieu des débris de lampes. Je n'ai jamais vu un tel bordel. Et moi qui ai toujours été très ordonné, qui aime que chaque chose soit à sa place, limite maniaque ! « Mais qu'est-ce qui a bien pu se passer ici, bon sang ? Et pourquoi je ne me souviens plus de rien ? »

« Bon, remettons un peu d'ordre dans tout ça. Il me faut ranger pour y voir un peu plus clair. Non, déjà trouver de quoi faire passer ce mal de crâne. » Je me précipite vers la salle de bain tout en faisant attention que mes pieds nus ne rencontrent pas de éclats de verre. « Tiens, il y a une culotte de femme par terre, noire à dentelle. À qui appartient-elle ? N'aurais-je pas passé la nuit tout seul ? Bon, on éclaircira ce mystère plus tard. » Pour l'instant, direction la salle de bain.

La pièce est dans le même état que la chambre. Les serviettes de bain et gants de toilette sont éparpillés au sol. L'armoire à pharmacie a été renversée, déversant les boîtes de médicaments. Je fouille dans le bazar pour mettre la main sur de l'aspirine. Après plusieurs minutes de recherches, je parviens finalement à mettre la main sur une boîte. Et merde, celle-ci est vide. De rage, je jette la boîte à l'autre bout de la pièce. « Du calme ! Il faut que je respire, que je me ressaisisse. Il faut vraiment que je remette un peu d'ordre. Bon, réfléchissons : déjà prendre conscience de l'étendue des dégâts. »

Je quitte la salle de bain et rejoins le salon. Bon, c'est loin d'être parfait, mais c'est déjà beaucoup mieux que dans la chambre. La table est renversée et il y a des débris ; des bouteilles d'alcool, apparemment. Je remets la table en place et repère mon ordinateur portable qui a valdingué dans le coin. « Merde, j'espère qu'il n'a pas subi trop de dégâts ; j'ai des documents importants concernant mon entreprise. » Je le prends et le pose sur la petite table. Hourra, il s'allume ! Je me jette dans le fauteuil après l'avoir débarrassé d'une bouteille de whisky qui traînait là. Rrr, on tambourine dans ma tête, c'est affreux. Avec un peu de chance, une mauvaise cuite pourrait expliquer ce qu'il s'est passé ici et pourquoi je ne me souviens pas de ce que j'ai fait cette nuit.

Ça y est, l'ordi a fini de démarrer. Je jette un coup d'œil sur l'heure qu'il affiche, la pendule étant en mille morceaux. « Hein ? » Ce n'est pas vraiment l'heure qui m'interpelle, mais plutôt la date. Je n'ai pas oublié que la nuit dernière, mais les deux dernières semaines ! Comment est-ce possible ? Là, c'est bien plus grave qu'une simple cuite. « Mais qu'ai-je pu faire pendant tout ce temps ? Et pourquoi je ne me souviens de rien ? »

J'attrape mon téléphone, et prêt à composer un numéro je me demande finalement qui pourrait au mieux me renseigner. Et puis que vais-je demander ? « Salut, tu ne pourrais pas me dire ce que j'ai fait ces deux dernières semaines ? Je me suis réveillé chez moi, ma maison est un bordel monstrueux et j'ai tout oublié. » Non, on va me prendre pour un fou. Il faut que je me montre plus subtil.
« Bon, allez, commençons par appeler ma mère. » Je compose rapidement son numéro et place le combiné sur mon oreille. La sonnerie retentit, retentit, retentit… Et merde, ça commence mal, elle ne répond pas. Et elle qui se plaint que je ne l'appelle pas assez souvent ! « Bon, calmons-nous. Essayons avec mon frère maintenant. » Ah ! Lui, il décroche.

— Allô, c'est Matthieu, lancé-je.
— Salut, frangin, me fait-il. Qu'est-ce que tu veux ?
— Oh, juste discuter un peu, prendre des nouvelles depuis la dernière fois qu'on s'est vu. Tiens, d'ailleurs c'était quand, au fait ?
— Euh, bah c'était pour l'anniversaire de Sonia il y a trois semaines, tu ne t'en souviens pas ?
— Ah oui, c'est vrai. Tu sais avec l'entreprise à gérer, on court dans tous les sens, ça m'avait donc échappé.

Bon, coup de fil infructueux. Je n'ai rien appris. L'anniversaire de Sonia, sa femme coincée du cul, je m'en souviens parfaitement. J'ai dû faire semblant d'avoir un dossier à terminer pour échapper à cette torture d'ennui profond. Je mets fin à la discussion avant qu'il me raconte les derniers exploits de sa morveuse de gamine.
« Bon allez, si ma famille ne peut pas m'aider, on va essayer d'appeler Chris, mon vice-président. » Il décroche rapidement.

— Salut Chris, c'est Matthieu. C'était juste pour faire un point sur les dossiers en cours.
— Matthieu ? Tu n'étais pas censé te reposer ?
— Euh, si. Tu me connais, mais je tourne en rond. Je voulais juste savoir comment ça se passe au bureau.
— Ne t'inquiète pas, je gère tout. Tout va très bien. Toi, repose-toi comme le médecin te l'a conseillé, et no stress ! Il ne faudrait pas que tu nous fasses un nouveau surmenage. Encore une fois, pas de panique : je gère la situation ! Repose-toi, et on se voit la semaine prochaine à ton retour.

Et voilà, ces deux coups de fils résument parfaitement ma vie : la famille que j'évite autant que possible, et mon entreprise qui occupe quasiment tout mon temps. Ce coup-ci, j'en ai appris un peu plus. J'avais donc pris des congés pour me reposer. Me connaissant, si j'en ai pris, c'est que je devais vraiment être à bout. Je sais donc que je n'ai pas passé ces derniers jours à travailler. Reste plus qu'à savoir par quoi j'ai remplacé le boulot.

Mes yeux voguent sur l'écran de l'ordinateur tandis que je réfléchis en essayant d'ignorer mon mal de crâne. Tiens, je repère un dossier étrange sur le bureau informatique. Il est simplement nommé « E ». C'est bizarre, je ne me souviens pas d'un tel dossier. Intrigué, je clique dessus pour l'ouvrir. Apparaît toute une série de vidéos. « Mais c'est quoi, tout ça ? » Je clique au hasard sur une d'entre elles.

La vidéo s'ouvre ; l'image affiche la fenêtre d'un appartement situé à une rue en face de la caméra. Je ne reconnais pas le lieu. Ce ne doit pas être dans le coin. La fenêtre est ouverte, et les rideaux virevoltent légèrement à cause d'une petite brise. Soudain, une jeune femme fait son apparition et s'appuie sur le rebord de la fenêtre. Elle ne semble pas moche du tout, bien au contraire : c'est une brune charmante, affublée de belles courbes, d'environ vingt-cinq ans, peut-être moins. C'est tout à fait mon type de femme.

La belle se retire finalement et s'enfonce un peu plus dans la pièce. Je la vois ensuite onduler. Elle doit être en train de danser sur de la musique. Ses mouvements sont assez sensuels. J'ai soudain chaud et j'en oublie presque mon mal de crâne. Elle effectue des mouvements subtils et gracieux, puis un geste d'invitation avec son doigt. Elle ne doit pas être toute seule, mais je ne vois pas de qui il s'agit. Sa robe légère virevolte, découvrant un peu plus ses cuisses qu'elle semble avoir magnifiques.

Même si le spectacle est fascinant, j'avance rapidement la vidéo afin d'en voir la suite. Je veux savoir pourquoi j'ai ceci sur mon ordinateur. Là, voilà : elle semble avoir fini de danser. Personne n'est venu la rejoindre. Je me suis peut-être trompé. Elle s'appuie de nouveau sur le rebord de la fenêtre et prend une grande inspiration d'air. Puis une grande masse apparaît derrière elle et l'enlace. Mon hypothèse était donc correcte : elle n'était pas seule. La seconde personne est un homme de grande taille aux allures de mannequin. La trentaine environ, il est habillé d'un très élégant costard. Vu la manière dont il l'enlace, je suppose que c'est son mec.

Le type commence à l'embrasser dans le cou tandis que ses mains s'égarent en direction des seins de la jeune femme. Elle tente de les repousser sans y mettre vraiment de volonté. Bien au contraire, même si la caméra est éloignée, on devine un sourire sur les lèvres de la fille qui indique qu'elle n'attendait que ça. Le mec continue à lui couvrir le cou de baisers. Ses mains atteignent finalement les seins qu'il commence à caresser. Une main plonge dans le décolleté et la pelote sûrement à même la chair. La fille a l'air de bien apprécier. Je la vois remuer légèrement. Elle doit être en train de se frotter l'arrière-train le long de la queue du mec que je devine bien bandée. D'ailleurs, la mienne aussi commence à l'être. Le spectacle ne me laisse pas indifférent, bien au contraire.

Le mec la retourne d'un coup et lui roule maintenant de profondes galoches. Ses mains glissent dans son dos et doivent atteindre son cul. À cause du rebord de la fenêtre, je ne vois pas ce qui se passe en dessous de leur abdomen, mais j'imagine très bien les mains du mec se promener sur le joli petit cul de la demoiselle que j'imagine nue sous sa robe, et pourquoi pas lui donner quelques claques, histoire de faire rougir ses blanches fesses.

Le couple continue de s'embrasser amoureusement. La fille se frotte le long du type. Ses mains lui retirent la veste, défont la cravate et commencent à ouvrir la chemise. Après lui avoir peloté le torse, ses mains semblent finalement plonger vers son entrejambe. Je suppose qu'elle lui flatte les bijoux de famille. Elle lui murmure quelque chose à l'oreille et s'agenouille devant lui. Je ne vois pas complètement les gestes, mais je devine qu'elle lui libère son engin. Malheureusement pour moi, je n'ai que l'aperçu du sommet du crâne de la fille qui semble s'être lancée dans un mouvement de va-et-vient ne me laissant aucun doute sur ce qu'elle est en train de faire. « Putain, se faire sucer par une fille comme ça doit être un véritable plaisir ! » D'ailleurs, vu l'expression que le mec affiche, elle semble être vraiment douée. « Comme j'aimerais être à sa place… » Trop fasciné par l'image, j'ai sorti mon propre sexe que je masturbe doucement.

J'observe la tête coulisser, et j'imagine en même temps cette fille me prodiguer la même chose. Hum, que cela doit-être délicieux… Voir les lèvres emprisonner sa bite, sentir une douce langue en caresser les moindres recoins, se faire masser les bourses par une main habile, quelle joie cela doit être ! Ça me rappelle que cela fait bien longtemps que je n'ai pas eu le droit à un tel traitement. La dernière fois, c'était avec mon ex-secrétaire, une jeune petite blonde toute mignonne qui avait soif d'apprendre l'art de la promotion canapé. Malheureusement pour moi, elle a fini par démissionner quand elle a compris que toutes les promesses que je lui faisais n'étaient que du vent ; elle est allée chercher sa promotion chez la concurrence. Dommage, elle était devenue très douée à la longue. En attendant, j'en ai bien profité. C'était vraiment très agréable de pouvoir décompresser en se vidant les couilles dans une bouche avide entre deux dossiers.

Mon esprit quitte soudain les souvenirs du joli cul de ma secrétaire que j'aimais tant défoncer, pour me concentrer de nouveau sur l'image affichée sur l'écran de mon ordinateur. Il semble y avoir du mouvement. La jeune fille s'est relevée et le mec semble vouloir l'emmener hors de vue, mais cette dernière résiste. Elle semble finalement obtenir victoire et s'appuie de nouveau sur le rebord de sa fenêtre tout en tendant le cul. Le mec se positionne derrière et commence, semble-t-il, à lui labourer la chatte. Le couple baise ainsi devant la fenêtre sans discrétion. La caméra ne rate rien du spectacle. La jeune femme donne l'impression de beaucoup apprécier se faire défoncer à la vue de tous ceux qui poseront l'œil en direction de cette fenêtre. Je n'ai pas le son mais elle a l'air de fortement gémir. Elle se masse les seins d'une main et pince ses lèvres. Malgré la distance, on lit parfaitement le plaisir sur les traits de son visage tandis que son mec la baise de plus en plus fort.

J'admire ce magnifique spectacle, l'expérience la plus vivifiante de notre courte existence humaine, tout en me masturbant de plus en plus rapidement. Je sens le plaisir monter petit à petit en moi, fasciné par cet accouplement charnel. J'observe attentivement ce couple baiser, ou plutôt j'observe cette fille se faire baiser car mon attention se porte principalement sur elle. Elle est si belle et désirable…

Les yeux de cette dernière se tournent en direction de la caméra. Je la vois sourire. Son regard reste bien fixe. A-t-elle repéré la caméra ? Sait-elle qu'elle est observée ? Son comportement m'en donne l'impression, mais peut-être n'est-ce qu'une coïncidence. J'ai l'intime conviction qu'elle sait, et je me rattache à cette idée : peu importe la réalité ! Ainsi, je trouve la situation encore plus excitante. Pour moi, la coquine sait qu'elle est observée et se montre avec plaisir. Elle fait découvrir son intimité au triste inconnu positionné derrière la caméra.

Ses yeux, sur lesquels la caméra a zoomé, ne bougent pas tandis que son compagnon accélère maintenant la cadence. J'ai l'impression que son regard parvient à percer la barrière de l'écran d'ordinateur pour me fixer en train de me masturber frénétiquement dans mon fauteuil. Quel étrange sentiment ! Ses pupilles sont vraiment magnifiques. Elle a un regard pénétrant et fascinant. C'est en fixant ses si excitantes prunelles que je jouis finalement en expulsant plusieurs longues giclées de semence. Tout mon corps tremble pendant l'orgasme. Waouh, je ne m'attendais pas à une telle montée de plaisir.

De l'autre côté de la fenêtre, le couple semble être aussi sur le point de finir son affaire. Je vois le mec se crisper et braire comme un fou. La petite semble lui avoir offert son plaisir. Quelques secondes plus tard le couple disparaît finalement, et la vidéo se coupe peu après.

« Eh ben, quel spectacle… C'était une vidéo fort intéressante ! » Je regarde autour de moi et trouve un chiffon au sol. Je le ramasse et l'utilise pour éponger les dégâts. Une fois fait, je m'interroge sur cette vidéo. OK, j'ai passé un bon moment à la regarder, j'ai même presque oublié mon affreux mal de crâne, mais ça ne me ressemble pas de télécharger de telles choses sur Internet. Je suppose que toutes les vidéos du dossier mystérieux font partie d'une collection que j'ai dû malgré tout réunir sur différents sites ces derniers jours. Je me suis peut-être perdu sur la partie la plus perverse du net pour faire face à mon ennui dû à un repos forcé, et sûrement aussi à la solitude. Pourtant, ça n'explique en rien pourquoi j'ai retrouvé ma maison dans un tel désastre, ni pourquoi je ne me souviens de rien.

Bon le mystère du dossier inconnu est éclairci ; je vais pouvoir reprendre ce que je faisais avant de tomber sur cette vidéo : estimer les dégâts dans tout l'appartement. Ma chambre, la salle de bain ainsi que le salon ont été touchés, voyons voir mon bureau maintenant.

J'entre dans la pièce, et une surprise de taille m'attend : des dizaines de photos et de dessins jonchent les murs de la pièce. Un bon nombre est éparpillé sur le sol. Je n'ai pas de mal à reconnaître de qui sont les dessins car je reconnais aisément mon coup de crayon. La plupart des dessins prennent pour modèle les photos, d'autres s'en inspirent seulement. À première vue, ceux-ci représentent tous une – et une seule – personne : la fille de la vidéo.

Je crois soudain comprendre être l'auteur de cette vidéo.