Petites rêveries entre époux

Claude

Pourquoi me suis-je réveillée ? Un bruit insolite dans la nuit m'a-t-il tirée de mon sommeil ? Celui du vent à l'extérieur, ou encore la présence d'un animal au-dehors ? Je ne sais vraiment pas pourquoi je suis sortie de mon opacité nocturne aussitôt. Il est à peine trois heures du matin au cadran de mon réveil. Dans la chambre, tout est pourtant calme. Je devine dans mon dos mon mari. Michel est allongé sur le côté tout contre moi. Le long de mes fesses, je sens son sexe dur qui me touche alors que son bras replié me serre tout contre lui. Il dort paisiblement, mais il grogne de temps à autre. Soupirs, ou est-ce mon imagination qui me joue des tours ? Son sexe est tendu ! Pour d'obscures raisons, il bande…

Je ne crois pas qu'il soit lui aussi éveillé. Je pense qu'il est dans un rêve ; agréable, même ! Je profite de l'instant présent pour me coller encore plus contre son corps. La situation m'émoustille grandement. Je laisse glisser mon avant-bras entre mes cuisses qui sont encore serrées l'une contre l'autre. Quand ma main arrive sur mon minou, j'écarte doucement les jambes, précautionneusement, pour ne pas couper le sommeil de Michel. Mes petits doigts entourent le pénis raide et le font passer dans l'arche que j'ai ouverte. Encore un grognement, – de satisfaction peut-être ? – de mon mari, et le pieu de chair dépasse entre mes cuisses, juste posé sur ma fente qui déjà s'en réjouit.

Je n'ai plus besoin de la tenir : la position dans laquelle j'ai mis la queue fait que le gland est accessible à mes doigts longs et fins. Je remonte ma main vers ma bouche, l'entrouvre pour faire passer ma langue et j'humecte ma paume et mes doigts. Ceux-ci refont le court chemin en sens inverse pour venir frotter lentement la tige chaude qui reste raide comme un piquet. Je fais lentement coulisser la peau du prépuce qui découvre ce gland que je connais par cœur. Le bras de mon mari n'a absolument pas bougé, sa respiration est restée la même ; il est toujours dans son rêve érotique qui va devenir réalité.

Mes doigts remontent le plus loin qu'ils peuvent sur le sexe qui se trémousse doucement, mais Michel reste dans sa nuit et je continue mes mouvements lents sur cet engin qui attise mon désir. J'effleure la bite qui reste d'une incroyable dureté et dont la chaleur devient très communicative. Je fais maintenant aller imperceptiblement mon bassin d'avant en arrière. Je me frotte à ce pieu qui me donne envie de plus en plus et, bien entendu, mes sens revigorés, je ressens les prémices de cet appel à l'amour. Ça commence par une montée de chaleur dans tout mon corps, et la rosée intime qui perle à mes lèvres vaginales ne laisse aucun doute sur l'état de mon désir.

Michel est immobile ; seule sa respiration s'est faite plus saccadée, mais il ne remue absolument pas. Dans ma paume, le gland chaud et découvert me donne l'impression que j'ai une boule de velours au creux de la main. J'écarte légèrement plus les cuisses alors le sexe appuie davantage sur cette fente qui commence à baver, impatiente, et qui ne demande qu'à s'ouvrir sous son passage. J'ai senti comme un frémissement du bras qui m'enserre contre le corps de mon mari. Mes soupirs sont plus profonds ; mes seins montent et descendent plus fortement, au rythme de ma respiration qui s'accélère. Je sais que dans quelques secondes mon corps aura pris l'ascendant sur mon esprit et que je vais devenir une vraie folle… folle de sexe.

Michel

Je suis bien ! La fille blonde qui vient d'entrer dans ma couche ne porte pratiquement rien. Juste une nuisette si petite qu'on dirait un confetti. Pourquoi est-elle dans mon lit ? Qui est-elle ? Je n'en ai pas la moindre idée. Je sais juste qu'elle me fiche une gaule d'enfer. Elle bouge son petit cul juste sous mon nez. Elle n'a pas d'âge non plus. Je ne vois rien de son visage, seulement sa tignasse, blonde. Pourquoi blonde ? Comment sa chatte vient-elle sous mes doigts ? Merde, cette fille est un véritable attentat à la pudeur à elle toute seule, un appel au viol, et elle me fait un effet dingue !

Ses cuisses sont comme deux aimants qui attirent mes mains. J'ose la caresser ? J'attends encore un peu avec cette envie qui monte en moi ? Comment faire, comment savoir si je dois, si je peux ? Mais que je suis con ! Si elle est entrée dans mon plumard, ce n'est pas pour tricoter ! Vas-y Michel, ne te prive pas : c'est une belle salope qui veut un bon coup de bite ! Ne te dégonfle pas. Qu'est-ce que tu attends pour lui poser ta main sur le minou ? Elle est chaude, elle sent bon, elle est belle, elle t'attend ! Je pose mes mains partout, comme un enfant qui découvre un nouveau jouet. Elle me laisse découvrir des vallées, des monts qui me rendent fou. Je ne vois toujours pas les traits de son visage. Quand j'approche mes lèvres de son cou, elle tourne délibérément la tête. Je ne happe du bout des dents que quelques-uns de ses cheveux. Ils sentent un peu… la menthe verte ou la papaye, je ne sais pas trop.

Elle a pris ma bite dans sa main. Elle me masse le bout du nœud avec délicatesse. Comment a-t-elle fait ? Elle n'a pas bougé, mais je la sens qui remue contre moi. Contre moi ? Mais j'ai l'impression qu'elle est sur moi et qu'elle me masturbe. C'est drôle aussi, je n'arrive pas à bouger comme je le voudrais. C'est elle qui fait des mouvements. J'ai chaud, c'est trop bon. Mais pourquoi est-ce que je suis si spectateur de ce moment-là ? Je dirais même que je regarde la scène dans laquelle je suis un acteur. C'est très spécial de voir cette blonde qui me branle doucement alors que je ne peux absolument pas remuer pour la caresser ; flippant, comme situation !

La situation évolue rapidement. Je suis si tendu que je me demande jusqu'où elle peut encore me raidir le sexe. Je suis au cinéma ? C'est mon propre rôle que j'observe, et je suis dans une scène de cul ? Comment cette belle blonde est-elle arrivée dans mon espace intime ? C'est con, toutes ces questions sans réponses… Je dois juste profiter de l'instant présent. Je voudrais pouvoir faire remuer mes mains, glisser mes doigts sur cette peau attirante, mais je ne suis capable que de la regarder. Pourtant je la sens, elle respire contre moi. Sa poitrine bouge à un rythme qui s'accélère de plus en plus ; elle calme le jeu avec ses doigts qui encerclent ma queue. Elle relâche un peu cette pression : elle a peur que j'éjacule, c'est sûr !

Je vois la fente bien rose qui s'entrouvre ; comment est-ce possible ? Je sens la main qui revient encore et encore me branler, et elle glousse, cette fille inconnue. Je voudrais lui dire qu'elle ne craint rien, que je sais me retenir, mais pourquoi aucun son ne sort-il de ma gorge ? Je la laisse faire, je suis sa chose. C'est bien, c'est bon. Elle me communique sa chaleur. Je vois cela d'un œil plutôt amusé ! Ça me promet une bonne partie de baise si elle continue de la sorte… Je ne comprends pas pourquoi je bande ; je la sens, et malgré tout je suis absolument détaché de cette scène dont je fais partie complètement.

Claude

Sous mes doigts, je sens frémir ce mât que je masse tout doucettement. Je ne veux pas voir se répandre la semence de Michel sur les draps ; je veux qu'il me fasse l'amour. Besoin de le sentir en moi ! Il a commencé à s'agiter. Il sort de son sommeil ? Pas totalement ; il grogne des mots que je ne comprends pas, son bras sur moi remue tout juste. Je frotte la longue tige contre ma chatte qui est bien mouillée maintenant. Avec les mouvements d'avant en arrière de mes fesses, j'arrive presque à me faire plaisir et je sens que sa queue aussi tremble. Stop, il ne faut pas que j'aille trop vite : je dois ménager ma monture si je désire que Michel me prenne comme j'en ai envie.

J'essaie de remonter l'ensemble de mon corps en prenant juste appui sur le seul de mes talons qui repose sur le matelas. Voilà. Centimètre par centimètre, je me déplace pour avoir une position plus favorable à mes desseins frénétiques. Je suis enfin parvenue à mettre le sexe plus bas que ma foufoune. La main de mon mari a juste remué un peu. La bite est là, prête à l'emploi, et sans aucun effort je fais passer le gland sur l'entrée de ma grotte. Je me laisse ensuite redescendre, et la lance chaude est avalée par le volcan qui ne souffre plus aucune attente. Il continue ses gloussements rauques alors que je souffle, moi, de sentir ce serpent m'investir totalement.

La sensation d'être remplie par ce sexe est des plus douces. C'est bon de se faire l'amour avec un sextoy vivant ! Mais j'aimerais qu'il émerge, vraiment ; je voudrais, là, qu'il se remue un peu plus. J'ai saisi son bras qui est resté sur moi, juste sous ma poitrine, comme figé. Mes coups de reins – enfin, « coups de cul » serait plus juste – s'accélèrent comme ma respiration, et je ressens cette envie qui m'électrise tout entière. Je sens monter le premier orgasme ; je sais que je vais déjà jouir. Oh, c'est trop rapide. Non, pas tout de suite ! Mais je ne peux pas ralentir celui-là ; il m'explose dans le ventre comme une fusée du quatorze Juillet ! Je tremble de partout mais lui ne se réveille pas, se contentant sans doute de son rêve. Il se complait dans cette situation qui n'a que du bon pour lui. Va-t-il enfin faire un effort ?

Je dois le tirer de son état léthargique ; je veux aller plus loin dans ce rapport que j'attends, qu'il a provoqué aussi par son érection nocturne. Je remue de plus en plus vite. Mon ventre réclame, et mon désir s'accroît de plus en plus. Les petits cris de Michel m'assurent qu'il n'est pas indifférent à la situation. Allez ! Réveille-toi ! J'ai envie de toi, je te veux !

Michel

Le bonheur ! C'est le bonheur ! Je me vois, plongeant avec délectation dans le sanctuaire de cette belle femme. Sa poitrine se soulève avec frénésie. Elle est folle, elle est remuante à souhait ! Je la sens contre moi et je la vois me chevauchant. Pourquoi suis-je aussi au-dessus de la partie charnelle qui se joue devant moi alors que j'en ressens les effets ? Dans mon esprit, quelqu'un vient de crier. Qui ose se mêler de nos amours ? Encore cette voix qui me revient… Encore ce sentiment que je suis un spectateur-acteur… Je sens mon sexe qui frotte sur les parois de la chatte de cette fille blonde et je la vois qui monte et descend sur mon vit. C'est insensé ; j'en suis perturbé.

Je veux bouger et commence quand même à y parvenir ; je suis en forme, ma bite est tendue. Elle va et vient, elle lime cette superbe poupée Barbie qui n'attend que cela. Mon bras remue désormais et ma main happe au passage un sein ferme et bien rond. Ah oui, c'est cool… Cette envie qui me traverse, c'est, c'est… la fête ! Je peux me mouvoir de mieux en mieux, et les images de voyeur disparaissent ; je ne suis plus qu'un des deux acteurs. Les râles que j'entends sont plus près de moi, plus… réels aussi. Dans la nuit, je sais que je fais vraiment l'amour, et que la belle blonde est redevenue plus brune que jamais. Claude ! Comme je t'aime en cet instant-là…

Je suis hors de ma nuit. Le rêve – c'en était assurément un beau – me tient contre lui. J'ai mon sexe planté dans ce songe et je peux aller et venir en tenant la croupe qui s'arc-boute à la vitesse de mes mouvements. La blonde s'est diluée dans mon esprit pour laisser place à mon épouse qui ne se prive pas de la remplacer avantageusement ; elle roule des hanches, se plantant bien plus profondément sur ma verge qui ne mollit pas. Je caresse ses reins, puis remonte mes mains sur ses deux seins qui m'assurent de leur fierté par un frémissement que je devine.

Dans le noir de la chambre, les cris de Claude se mélangent aux miens pour remplir la maison de nos soupirs. Elle reste collée à moi, et ses fesses claquent sur mes couilles chaque fois que j'entre au fond d'elle. Elle renverse sa tête pour venir quémander un baiser sur des lèvres qu'elle entrouvre déjà. La brume qui embrouillait mon esprit est bien partie pour de bon et l'action entreprise me ravit. J'adore être réveillé de cette manière si singulière, et que ma femme soit aussi chaude au milieu de la nuit n'a rien de déplaisant.

Claude

Il est revenu à la vie normale. Je l'ai senti dès que ses mains sont venues se serrer sur ma croupe. Maintenant, c'est lui qui me pistonne, et j'entends le bruit de ses bourses qui cognent sur mes fesses. J'aime quand il me prend comme ça, violemment ; c'est un peu comme si ma vie en dépendait. Je ne peux plus me passer de son sexe, et malgré le nombre d'années que nous avons passées ensemble, j'apprécie toujours plus qu'il me désire. Ses mains qui me caressent le dos, comme elles sont douces, hum… Elles remontent sur ma poitrine ; il me connaît par cœur. J'adore !

Les doigts ont pris les pointes tendues de mes seins et les pincent légèrement. Ils exercent une sorte de mouvement circulaire, comme pour faire tourner les tétons. Je hurle de plaisir ! Salaud ! Mon salaud magnifique… Je remue encore plus mon cul pour que sa queue aille le plus loin possible ; il sait bien que je suis toute attente. Il me connaît, trop sans doute : je suis devenue trop prévisible. Mais, bon sang, que c'est bon quand il ressort presque entièrement sa verge et qu'il ne laisse plus que le gland à l'entrée… Quelques centimètres seulement restent en moi, et il bouge tranquillement ; ça me rend dingue, ce qu'il me fait ! Après quelques secondes – plus ? je ne compte pas – il s'enfonce à nouveau d'une seule poussée rectiligne et je hurle dans le silence de la chambre.

Mes doigts agrippent ses cuisses, mes ongles lacèrent sa peau sans me préoccuper de ce qu'il en pense. Et ses mains m'arrachent les tétons, il me les pince fort alors que je jouis bruyamment. Nous continuons encore et encore, changeant de position. Je le chevauche, furie sur un pur-sang fougueux qui aime cette monte. Je sens que mon plaisir revient au grand galop, je sais que l'ouragan qui m'arrive du plus profond du ventre va me ravager. J'en suis toute tendue, mais je ne cherche pas à arrêter ce déferlement de plaisir, et seuls mes cris de chatte en chaleur saluent les secousses qui me parcourent de partout.
Je t'aime, Michel !

Michel

Claude m'a hurlé « Je t'aime Michel ! » alors que sa jouissance ne faisait aucun doute. Comme j'adore quand elle se laisse aller de cette manière, un peu salope, un peu pute, et qu'elle hurle des mots d'amour qui me font un effet insensé… Je suis bien éveillé maintenant et je sais qu'elle jouit, que c'est fort, qu'elle a attendu le plus possible, mais qu'elle ne peut plus revenir en arrière. C'est tellement bon, cet abandon total de ses sens, que je sens que moi aussi je vais jouir à nouveau. En elle ? Sur elle, j'ai encore l'instinct de me poser cette question. Allez, je vais laisser aller les choses. Voilà la laitance qui monte, qui vient me faire éclater en elle ! Je me cramponne à ses hanches qui sont si belles. Elle finit de frémir alors que moi je me vide en jets courts et puissants.

Elle est retombée bien à plat sur le dos, juste à mes côtés. Sa main est nichée dans la mienne et elle me murmure quelque chose que je n'entends pas. Je reste allongé, je ne bouge plus. Je sens quand même sur mes cuisses la trace des ongles qui se sont frayé un chemin ; juste une sensation de brûlure légère, pas de quoi s'en offusquer : c'était dans le feu de l'action. La main qui me tient ne bronche plus. Nos respirations saccadées reviennent à la normale, tout doucement.

J'ai encore envie de toucher la peau douce de cette femme que je veux garder encore, longtemps, toujours. J'imagine que sur l'oreiller, sa tête est penchée vers la mienne. Je tourne donc mon visage vers l'endroit où le sien se trouve. Son souffle vient courir de suite sur ma joue, et c'est très bien ainsi. À travers les volets hermétiquement clos, je pense que l'aube ne va plus tarder à pointer le bout de son nez. Je prends cette femme chérie dans mes bras, je l'embrasse, amoureux, et nous replongeons ensemble dans un sommeil plein de couleurs.
Celles de l'amour, assurément !

Claude

Après l'intermède chaleureux du milieu de notre nuit, Michel et moi nous sommes endormis enlacés comme jamais. Ce sont les cloches de l'église pourtant lointaine qui me réveillent. Les persiennes ont joué leur rôle et nous ont préservés de la lumière du jour. Je m'étire comme une chatte et mes mouvements réveillent mon tigre qui émerge de sa torpeur nocturne. Il se redresse et se lève sans trop de difficulté. Direction la cuisine et le petit déjeuner. Un beau samedi en perspective qui nous attend. Pendant qu'il s'active dans le coin cuisine, je m'empresse de passer une nuisette et de relever les volets de la maison.

Le soleil de ce petit matin d'été se coule dans toutes les pièces qui sont à l'Est. Quel bonheur que de pouvoir être ensemble, lui et moi, chaque fin de semaine ! L'odeur d'un bon café vient allécher mes babines, et celle du pain grillé finit par me donner des ailes. Nous sommes assis face à face et je les lis dans ses yeux sa bonne humeur.

— Merci ; merci pour cette nuit : ça a été un réel bonheur. Et quelle fougue ! Mon Dieu, que j'aime quand tu me réveilles de cette manière-là !
— Attends voir un peu : c'est toi qui bandais comme un âne qui a allumé mon envie. Je te fais encore autant d'effet, après vingt-deux ans de mariage ? C'est vrai que j'ai aimé ta queue tendue et te sentir en moi, mais qui t'a donné cette furieuse envie ?
— Tout ce dont je me souviens, c'est d'une belle blonde, anonyme, qui venait se coucher dans notre lit, tout contre moi. Elle ne portait qu'une nuisette transparente et elle me tripotait le sexe ; alors tu connais les effets de ce genre de caresse chez moi.
— Finalement, tu m'as trompée, cette nuit ! Avec moi, j'en conviens, mais tu pensais à une autre pendant que tu me faisais l'amour ? C'est une autre que tu baisais ?
— Au début, je dois avouer que oui ; mais quand tu m'as réveillé, impossible de faire erreur : tu es toujours la meilleure !

Michel éclate de rire alors que notre conversation devient croustillante, comme le pain grillé. Je le questionne avec un sourire, mais j'ai quand même un pincement au cœur. Pourquoi une étrangère sans visage vient-elle ainsi s'immiscer dans notre couple ? J'en éprouve une sorte de trouble, de gêne aussi. Bien sûr qu'il ne m'a pas trompée, mais le rêver c'est déjà être sur le chemin pour le faire, non ?
J'ai toujours eu peur qu'il se lasse, et le soin tout particulier que j'apporte à préserver nos rapports les plus intimes reste un gage de la bonne santé de notre union.

— Ça te plairait vraiment de coucher avec une blonde ?

Il a levé les yeux vers moi ; cette question, il ne l'attendait pas et il a l'air surpris. Il n'a aucune réponse préparée à l'avance et il se contente de me regarder.

— Si nous avions la possibilité de rencontrer une femme blonde, que celle-ci veuille bien, tu le ferais ? Enfin, nous le ferions ? Ça te plairait ? Allez, réponds, je suis sérieuse, là !
— Tu as des envies de bisexualité ? C'est un sujet qui ne m'a jamais effleuré l'esprit ; mais pourquoi pas ? Et puis chacun a le droit d'exprimer ses fantasmes ; mais de là à les réaliser, il y a une marge qui ne me semble pas encore franchie. Et puis blonde ou brune, voire rousse, quelle importance ? Ce n'est pas la couleur de la chevelure ou de la peau qui m'interpelle, c'est que tu puisses y avoir seulement pensé. Mais pourquoi pas si un jour nous en avions l'occasion, et surtout, surtout si toi aussi tu me montres le chemin.

Il sourit. Est-ce à la vision de ce fantasme que je viens de livrer ainsi, sans fausse pudeur ? Ou bien la perspective de faire l'amour avec une autre femme le séduit-elle à ce point ? Reste encore la pensée que ce soit moi qui fasse l'amour à une autre femme qui pourrait l'émoustiller ainsi ? Il a bien dit : « … si toi aussi tu me montres le chemin. » Je dessers la table du petit déjeuner, mais mes idées sont ancrées dans ma tête.
Pourquoi ?

Michel

Claude est belle dans la lumière du jour. Par transparence, je vois ses courbes, ses formes qui m'excitent tellement. Notre discussion au petit déjeuner est étouffante, soudain. J'ai bien du mal à réaliser que mon rêve la fait réagir de cette manière ! Je réponds comme toujours avec beaucoup de franchise à ses questions plutôt ciblées ce matin. Elle a réussi le tour de force de me mettre en tête cette histoire de rencontre avec une autre et elle. C'est insidieux, mais les images pénètrent ma caboche avec ce que cela comporte. Mon sexe s'est de nouveau raidi, tendu, et je bande de nouveau comme un âne. Je n'ai cependant aucune envie de la tromper, mais c'est vrai que de penser faire l'amour à elle et à une autre, les deux en même temps, m'excite au plus haut point. J'imagine deux bouches qui courent sur ma peau, quatre mains qui caressent toutes les parties que d'ordinaire je lui réserve. Et, mon Dieu, quelle trique j'en attrape !

Elle est devant moi avec ses vêtements vaporeux qui suggèrent bien plus qu'ils ne montrent ses courbes voluptueuses, et je tends la main pour effleurer son bras. Dans ses yeux, je vois passer une lueur que je reconnaîtrais entre mille. Elle aussi désire faire l'amour, là, tout de suite. Elle a compris que me parler d'une autre me fait bander. Ah, peut-être que c'est elle qui fait monter son plaisir finalement en m'en parlant et qu'elle est émoustillée à l'idée de me voir baiser une autre devant – voire avec – elle. Aurait-elle des penchants saphiques insoupçonnés ? Mais pour l'heure j'ai juste simplement envie de la serrer contre moi.

Je repousse bols et panière à pain et je l'attrape par le poignet. La traction légère que j'exerce sur son bras suffit pour allumer le désir au fond de son regard. Elle a ce petit pli au coin des yeux, celui qui apparaît quand elle est contente ou qu'elle est satisfaite. J'aime la tournure que prennent les choses ce matin. Je suis debout contre elle qui me tourne le dos, mais elle sait où je veux en venir et elle se laisse guider sur ce chemin d'une lubricité réciproque. Je lui passe lentement les mains sur les épaules alors qu'elle reste assise, que d'un seul mouvement elle me signifie son abandon total. D'un geste qu'elle veut naturel, sa tête vient frotter sur mon ventre, juste au-dessus du dossier de sa chaise.

Je laisse divaguer mes mains que je ne veux plus retenir. Elles s'insinuent sous la nuisette, trouvent bien entendu la peau douce et se mettent en devoir d'en explorer chaque parcelle. Puis du dos, elles remontent encore vers le cou, mais c'est pour mieux plonger sur le devant, cherchant à capturer les deux globes de tendresse que le minuscule voile de dentelle ne cache plus pour bien longtemps. Entre mes pouces et mes index, je cueille les fruits sombres des tétons qui grossissent sous le pincement que je persiste à leur imprimer. Immédiatement elle râle sous la caresse ciblée, semblant apprécier, ce qu'elle me montre lorsque le bout de sa petite langue fait une apparition remarquée entre deux lèvres rouges bien gonflées. Finalement, je sais que l'envie est aussi chez elle. Mon dard, lui, est toujours fièrement tendu, relevé, entre mon ventre et le dossier de son siège.

Je fais doucement pivoter la chaise, et j'ai accès à son corps dans sa totalité. La chemise de nuit est encore là mais pour bien peu de temps, et ce dernier vestige de la nuit passée s'envole en corolle aux pieds de ma Claude qui ne fait aucun geste pour le retenir ; elle se tourne un peu et arrive à coller son corps au mien. Nos lèvres se rejoignent dans un de ces baisers dont elle est friande, gourmande même. Son souffle et le mien se mélangent avant même que nos langues ne se reconnaissent, prélude à des instants délicieux. Je suis tétanisé par cette incroyable envie qui nous submerge.

Qu'elle est belle dans le petit matin avec le soleil qui vient faire une parure de lumière à son corps de femme offerte ! En la poussant doucement, je l'oblige à s'asseoir du bout des fesses sur la table de chêne. Mes mains maintenant rampent à leur aise sur ces parties que j'affectionne tout particulièrement. Mes doigts s'ouvrent des voies vers des horizons pleins de promesses. Elle-même entrouvre ses cuisses pour laisser passer mes hanches pendant que je la couche délicatement sur le tablier de bois et que mes mains folâtrent sans relâche sur ses deux seins dont la peau frémit à leur contact. Puis je laisse aller plus bas les exploratrices, pourtant en terre connue. Elles s'infiltrent entre les jambes largement ouvertes, elles remontent contre son torse. Alors que mes phalanges écartent lentement la fente qui luit déjà de sa mouille, que sa poitrine se soulève de plus en plus rapidement, ma bouche plonge vers ce sanctuaire béant.

D'un seul passage, ma langue s'enduit de ce nectar de femme distillé par celle qui n'attend que cette caresse. Je me gave de ce breuvage d'amour et d'envie mélangés. Puis la pointe de la lutine s'engouffre au plus profond de ce volcan qui me tord le bas du ventre. Ma bite en érection remonte jusqu'à mon nombril, plaquée contre ce ventre qui me brûle d'impatience mal contenue. Claude a logé ses doigts dans mes cheveux pour maintenir mon visage entre ses deux jambes écartées et elle grogne son bonheur. Des soupirs fusent sans trêve de sa jolie bouche pendant que la mienne s'active à la source de ses plaisirs. Elle psalmodie des mots que je n'entends plus, des mots que je ne comprends pas. Elle est belle, dans son délire de femme qui réclame son dû à la déesse verge. Un instant de pur bonheur à partager, juste elle et moi.

La délivrance pour elle et la délivrance pour moi arrivent alors que mon pieu de chair s'enfonce sans aucun ménagement dans le ventre de ma belle. C'est si mouillé que d'abord je ne ressens rien d'autre que cette sensation d'humidité, puis les parois qui avalent mon sexe se resserrent autour de ma queue qui n'en finit plus de s'engager au plus profond d'elle. Enfin je touche le fond du nid et je reste quelques longues secondes ainsi, sans bouger. Plus rien, aucun mouvement ; juste les tressaillements de la chair qui entoure mon membre. Comme c'est bon ! Mais c'est Claude qui capitule la première, et d'un geste elle me rappelle que c'est aussi la fête de son corps. Elle me fait me souvenir qu'elle veut également sa part de plaisir et que le mien doit passer par le sien. Alors je débute d'amples allers et retours. Lentement d'abord puis de plus en plus vite pour relâcher la pression qui nous étreint.

Elle crie, elle roule des hanches ; son bassin accompagne chacun de mes mouvements, les amplifie, les provoque. Elle est devenue cette monture amoureuse qui veut jouir librement de ce sexe qui la prend. Elle connaît chaque petit truc qui accentue des sensations bien enfouies au plus profond de son être et elle s'en laisse bercer. Je n'entends pas les mots qu'elle prononce en roulant la tête de droite à gauche alors qu'elle se cramponne par les jambes à mon dos. Les fesses ainsi décollées de la surface lisse de la table, elle me donne le meilleur d'elle-même et me permet d'aller si loin dans son ventre que je suis très, trop vite au point de rupture. Je sens monter en moi la semence qui va inonder ma belle baiseuse et je me surprends moi aussi à crier au moment le plus crucial.

Claude

Michel et moi avons beaucoup discuté tout au long de ce petit déjeuner. J'ai cru sentir une sorte de malaise chez lui alors que je lui proposais de chercher une blonde. Je voulais voir ses réactions, mais tel est pris qui croyait prendre : j'en ai subi les effets pervers en retour. J'ai envie. J'ai senti que rien que d'en imaginer les possibles schémas, je mouille. J'ai compris également que lui le sait bien avant moi. Sa manière de me regarder, de me fixer au fond de l'âme, je ne peux plus résister. Il a saisi mon poignet et je me suis vite retrouvée nue, allongée sur la table. Les endroits les plus intimes de mon corps, il les a pourtant visités mille et une fois, mais il ne s'en est pourtant pas encore lassé.

Après m'avoir caressée de longues minutes, il est enfin en moi, et alors qu'il vient de s'enfoncer d'une seule poussée dans ce ventre qui l'attendait, il ne remue plus du tout. Moi, je sens les muscles internes de ma foufoune qui se contractent ; j'attends qu'il bouge. Je provoque un peu sa chevauchée, je ne veux pas qu'il s'arrête. Il est à moi, et mes soupirs sont finalement remplacés par des gémissements puis par des cris. Je ne sais plus ce que je dis ; je veux seulement savourer l'instant présent. Les allers et retours de cette lame de chair en fusion qui me lime me donnent des sensations énormes ; je frémis de partout. C'est fort, c'est rude, c'est dur, mais je ne veux pas que cela se prolonge trop longtemps. Il me suffit de lui imprimer la vitesse que je veux pour savoir que je vais l'amener à un point de non-retour.

Voilà, je sens monter le long de ce sexe qui me perfore le plaisir brûlant qui va se répandre au fond de moi. J'adore cet instant où il ne peut plus se contenir et je sais que cela va entraîner chez moi un orgasme violent. La jouissance qui me gagne, pour rien au monde je ne veux la laisser passer. Elle m'étreint soudain, elle me fait m'arc-bouter sur cette table où il me besogne. Mes pieds se font lianes pour encercler son dos et je me colle à lui. Je tressaute des pieds à la tête alors que la vague qui me parcourt me rejette sur des rivages inconnus, des plages de sable d'une couleur inimaginable. Je suis bien, légère, aérienne. Il a voulu que ce soit rapide, fort, et j'aime cette sauvagerie dans l'acte dépouillé de toute fioriture. Juste du sexe à l'état pur.

C'est simple ; c'est un moment de bonheur, d'extase, et ensuite nous repartons, les sens apaisés, vers nos tâches quotidiennes. Mais les souvenirs restent. Il suffit donc d'évoquer chez Michel le possible engagement dans nos ébats d'une tierce personne pour qu'il devienne cet amant fougueux qui vient de me faire l'amour aussi brutalement ? Je repense sans arrêt à cela, et je dois avouer que je suis aussi émoustillée à cette idée. Saugrenue ? Pas tant que cela, finalement. J'ai rêvé si souvent qu'un autre homme s'immisçait dans notre couple, qu'il me faisait l'amour en même temps que Michel… Je n'ai jamais osé évoquer le sujet avec mon mari, mais cette réaction à la possible introduction d'une autre femme dans nos jeux amoureux me laisse penser que c'est aussi du domaine du possible. Pourquoi pas, finalement ?

Seulement, comment trouver cette partenaire idéale qui sache le satisfaire, lui, autant que me donner un réel plaisir ? Il ne suffit pas de claquer des doigts pour voir apparaître comme par magie une femme nue qui se couche au doigt et à l'œil ! Je vais songer à cela, lui faire plaisir, mais c'est également entrer dans un jeu qui pourrait à la longue s'avérer dangereux. Pourtant je l'aime au plus haut point, assez toujours pour tenter au moins une fois l'expérience. J'ai envie de suivre de l'extérieur les sensations d'une pénétration hors couple. Les cris d'une autre femme prise par lui, j'en ai l'eau à la bouche. Suis-je bien normale pour arriver à penser ainsi ?

Les jours qui suivent sont tous remplis de mes pensées les plus débridées. C'est devenu chez moi une obsession. Mais comment trouver cette fille qui va réveiller nos envies les plus cachées ? Et puis où chercher ? Je n'ai pas envie que ce soit une de nos amies : encore cette peur des commérages, des ragots qui pourraient bien vite circuler dans une petite ville comme la nôtre. Je n'en parle plus avec Michel ; j'aimerais bien lui faire la surprise un soir de trouver une autre à la maison. Mais où trouver cette perle rare ? Internet et ses délires ne m'apportent rien de vraiment concret, et c'est trop souvent des mecs qui se font passer pour des femmes qui dialoguent avec moi. Je suis prête à renoncer à mon idée quand le sort vient à mon secours.