L'essayage

Michel

Deux déesses se lèvent pour aller chercher des fringues dans la bagnole de cette Julie, et les voici qui me frôlent. Les paroles ambiguës de ma Claude, sa manière si particulière de bouger, la musique sur la platine, je ne sais pas trop comment tout cela va finir. Sont-elles de connivence ou pas ? Pourtant pendant le repas, rien n'a été dit qui peut laisser penser que la soirée serait chaude. Bon sang, ces deux derrières qui ondulent sous mes yeux, on dirait une invitation à les tripoter ! Et cette histoire de chiffons, ce ne serait pas un prétexte pour amorcer la Julie ?

Elles sont devant le garage et j'entends le bourdonnement de leurs voix. Je suis curieux de voir où cela veut mener ma petite femme… Ah, les pas qui résonnent m'annoncent leur retour. Elles ont l'air de s'entendre comme larrons en foire. Claude l'emmène dans le couloir des chambres ; sans doute que cette Julie va déposer ses affaires pour la nuit dans sa chambre. Quand même, elle doit avoir de drôles d'idées derrière la tête pour lui avoir demandé de coucher ici… Je la connais, ma femme : rien n'est jamais laissé au hasard.

Et cette semaine de gâteries, n'était-ce pas pour me conditionner ? Rouée et futée, ma Claude ; je reconnais de toute façon que je ne maîtrise rien de cette situation. Mais pas vraiment sûr qu'elle n'avance pas à l'aveuglette. Mais, bon Dieu, elles sont bien longues à regagner le salon ! Qu'est-ce qu'elles peuvent bien faire dans cette foutue chambre ? Claude ne va tout de même pas enfiler les frusques nouvelles loin de moi ! Je devrais peut-être me bouger le cul et aller voir, mais…

Merde, je ne vais pas passer la soirée sur mon fauteuil ; elles m'ont presque allumé, ces deux gaillardes ! Après tout, qui ne risque rien n'a rien. Ah, je les entends qui rappliquent. C'est mieux : j'aurais eu l'air con de laisser penser que je les surveillais. Oui, c'est nettement plus simple d'attendre au salon.

— Vous voulez un cognac pour m'accompagner ? J'en ai envie ; pas vous ?
— Sers-nous, Michel. Tu en prends un aussi, Julie, n'est-ce pas ?
— Pour vous accompagner, alors. Vous voulez me saouler ou quoi ? Non, je rigole ! Vas-y, Michel, sers-moi aussi.

Deux larronnes en foire : c'est l'effet qu'elles me font, ces deux-là. Claude est fofolle, et le sachet qu'elle porte à la main, ce sont ses frusques neuves? Je lève les verres et en tends un à chacune. L'alcool, c'est bien pour chauffer un peu, mais point trop n'en faut. J'ai cette impression nette qu'il va se passer quelque chose ; mais quoi ?

— À la vôtre, les filles !
— Wouah, c'est costaud ! Je n'ai pas l'habitude. Vous êtes gentils, tous les deux. Claude, tu devrais essayer tes affaires…
— Tu crois ? Là comme ça ? Ici ? Devant vous ?
— Tu sais, chez ton amie, elles te regardaient toutes ; et moi aussi. Ce soir, seul ton mari aura ce plaisir.
— Et toi tu vas fermer les yeux peut-être ?
— Non, mais c'est juste… professionnel. Tu veux que je t'aide à les passer ?

Je n'y crois pas… Julie prend les choses en main. Elle dirige, et Claude, indécise, la laisse gérer comme une grande. Elle s'est relevée et l'autre lui ouvre le chemisier.

— Tu n'as rien contre, Michel ?
— …

Claude

Au cul de son véhicule, je me demande pourquoi j'ai cette boule qui me serre la gorge. Elle me fixe, et ses yeux brillent. Bon, je ne sais pas si j'ose ou non ; l'envie de l'embrasser, de m'approcher et de la prendre contre moi… Je ne bouge aucunement pourtant. Elle non plus. Elle passe à ras de moi et repart vers l'intérieur de la maison. Je la suis comme une cruche.

— Je pourrais déposer mon sac dans ta chambre d'amis ? Je dois l'ouvrir pour récupérer tes vêtements.
— Oui, oui, que je suis bête ! Viens. Va tout droit ; c'est la porte de gauche dans le couloir.
— Ben, viens avec moi… J'en ai juste pour une minute.

Le zip du sac, un autre sachet transparent et je reconnais la jupe rouge, mais également l'ensemble soutien-gorge et culotte que j'ai payés. Elle me donne ce paquet et jette sur le lit une nuisette.

— C'est pour ma nuit. Bon, allons rejoindre ton homme : il doit se demander ce que nous fichons.
— Non, il me connaît : il sait bien que je suis une grande bavarde.
— Ah ? Pourtant tu n'es guère loquace avec moi. Je te fais peur ?
— Non. Non, pas vraiment.
— Alors tu as peur de quoi ?
— De rien. Enfin, si… juste de moi.

Julie vient sans doute de comprendre mon allusion ; nous rejoignons Michel au salon. Le slow n'est plus le même sur la platine, signe que nous avons mis du temps pour trouver mes achats. Du reste, je tiens toujours dans la main le sachet, et le verre que tu nous proposes va me faire le plus grand bien. Elle m'a toute chamboulée avec ses questions idiotes. Elle sent, elle sait que j'ai envie, que je la désire, mais ni l'une ni l'autre n'avons esquissé un geste pour nous rapprocher. Nous trinquons, et je lis dans tes yeux ; et puis la demande saugrenue de Julie, ce petit jeu t'amuse sans aucun doute.

— Vous êtes gentils tous les deux. Claude… tu devrais essayer tes affaires.

— Tu crois ? Là comme ça ? Ici ? Devant vous ?
— Tu sais chez ton amie, elles te regardaient toutes, et moi aussi. Ce soir, seul ton mari aura ce plaisir.
— Et toi, tu vas fermer les yeux peut-être ?
— Non, mais c'est juste… professionnel. Tu veux que je t'aide à les passer ?

Je n'ai pas le temps de répondre. Toi assis dans ton fauteuil, tu chouffes cela d'un œil égrillard. La voilà debout qui ouvre mon chemisier. Personne ne parle plus. J'ai encore mon cognac dans la main ; je dois le poser pour que la manche déboutonnée quitte mon bras. L'autre suit rapidement. Je n'ai plus sur la peau que mon soutif et deux paires de mirettes qui rezieutent la scène. Sans hésitation – en tous cas, je n'en décèle aucune – les mains de Julie dégrafent l'écrin qui cache ma poitrine.

— Ils sont beaux… Je t'assure qu'ils sont superbes.

Elle a dit cela comme ça, d'un air détaché, et je me demande si tu bandes. Incroyable que ces simples mots m'amènent de pareilles pensées ! Sa main effleure, survole, et c'est à toi qu'elle s'adresse :

— Tu les aimes, les seins de ta femme ?
— …

La question t'a surpris, suffisamment pour que tu sois scotché sur ton fauteuil. Je ne te reconnais plus : toi, si à l'aise d'ordinaire, tu restes là sans voix. Pendant ce temps, elle a déboutonné également ma jupe ; je vais me retrouver à poil devant vous et je n'en éprouve qu'une gêne légère. C'est un vrai soulagement qu'elle ait entrepris ce déshabillage : je n'aurais jamais osé le faire seule. Julie vient de glisser ses doigts entre mon ventre et l'élastique de mon sous-vêtement. Le but avoué ? Retirer celui que je porte pour que je passe le nouveau.

Elle s'est simplement agenouillée devant moi, et je lève un pied puis le second pour que la dentelle mauve qui me cachait les fesses soit jetée sur le bord du sofa. Comme une potiche au milieu de la pièce, je reste immobile. Elle ne se relève pas non plus. Le visage tourné vers toi, elle attend je ne sais quoi. Quand elle tourne la tête vers mes cuisses, je peux sentir son souffle chaud qui s'étale à chacune de ses respirations, en vagues chaudes et agréables. Et toi qui t'enfonces davantage dans ton siège…

Rien : pas un signe pour l'encourager ni la décourager non plus ; et cette frimousse, les yeux levés vers moi, qui avance vers mon pubis. Ses mains se posent sur mes cuisses, paumes tournées vers l'intérieur. La chair de poule qu'engendrent ces attouchements encore bien bénins est visible sur ma peau nue. Et je sais que tu bandes : la bosse qui déforme ton pantalon en est la preuve flagrante.

Michel

La tension vient de monter d'un cran. Cette invitée-mystère a mal digéré son cognac ? Je crois qu'elle a prémédité son coup. Claude ne fait rien pour que l'autre cesse son petit manège, et je me demande si, finalement, elle n'en serait pas heureuse. Elle s'est relevée alors juste parce que Julie le lui a demandé ? Et je ne saisis pas de suite que la question, c'est à moi qu'elle est posée.

— Tu les aimes, les seins de ta femme ?
— …

Qu'est-ce qu'elle veut que je réponde à cette question ? Bien entendu que je les aime ; ça fait des années qu'ils m'offrent du plaisir. J'y songe d'un coup : ma queue, combien de fois a-t-elle glissé dans le sillon formé par ces deux globes que les mains de Claude compressaient ? Bien entendu que je les aime : ils font partie de cette femme qui est le sel de ma vie. Bon Dieu, j'ai chaud, et je n'en reviens pas : la jupe est tombée aussi vite que le chemisier et a rejoint le soutien-gorge sur l'accoudoir du canapé. Nue, mon Ève est à poil, et c'est une femme qui a réussi ce tour de force !

Je regarde les mains qui font descendre le long des cuisses de ma belle sa culotte, et elle n'a aucun signe de désaveu. C'est fou ! Je suis spectateur d'un incroyable show qui me met en ébullition. Et puis il y a les quinquets de cette nana restée à genoux devant… devant ma femme. Elle me demande sans un mot une autorisation que je ne vais pas lui donner. Après tout, elle a bien su se débrouiller jusque-là sans mon accord. Sans mon accord ? Menteur, parce que l'état de ma bite en est un, bien visible. Elles doivent bien comprendre que cette bosse, là, sous ma ceinture, n'est pas le fruit du hasard.

Il y a également ses deux mains qui viennent de se coller sur la partie interne de ces cuisses que j'ouvrirais volontiers tout de suite. Le mouvement est sans équivoque : elle cherche à ce que Claude les écarte pour… je n'ose même pas y songer. J'ai mal aux couilles de voir cela. Eh oui, elle est parvenue à ses fins. Claude vient aussi pour trouver une approbation quelconque dans mon regard. Tu peux attendre encore longtemps, ma belle… Je laisserai aller, ne m'interposerai pas, mais je ne peux rien dire ou faire, de peur de tout gâcher. C'est trop beau !

Mon cœur cogne comme un dingue dans ma poitrine. Je dois haleter comme un soufflet de forge quand le visage se colle à la fourche aimée. Et toi, ma Claude, qui ne bronches pas… Tu es sacrément salope de m'avoir fait ce coup-là ! Oui, mais j'avoue que c'est hyper bandant et que ma queue se trouve à l'étroit dans mon calbute. La jonction entre les quatre lèvres se fait en douceur, et enfin un signe de toi qui te trahit : tous tes pores se hérissent en une jolie chair de poule. Une autre idée monte dans mon crâne : est-ce que tu mouilles de cette situation ?

Mais je ne vois pas pourquoi moi je banderais et que tu serais en reste. C'est magique ! Maintenant tes genoux ont légèrement fléchi ; pour faciliter l'accès à ta chatte ? Je ne vois pas très bien ce que fait Julie, mais je l'imagine aisément. Je ferais bien la même chose, mais difficile de te brouter à deux. Désormais tes paupières sont baissées mais tu trembles de partout. Je pousse alors la table basse sur le côté, de peur que l'une de vous se blesse. Et dans le salon, une fragrance épicée commence à monter doucement. Une odeur que je reconnaîtrais entre mille…

Claude

Le souffle est de plus en plus proche. Il s'éteint lorsque deux lèvres touchent l'endroit le plus sensible de mon anatomie. Quelque chose d'humide qui entre en contact avec ma fente… sûrement la langue de Julie. Un court instant, je ne sais plus quoi faire. Puis emportée par cette chaleur qui se dispense partout en moi, mes genoux ploient. Dans ce simple mouvement, j'ouvre la fourche, et la langue trouve de meilleures pistes. Elle remonte lentement alors que je frémis de joie. Je ne veux plus rien savoir de ce que tu penses.

J'ai fermé les yeux et me laisse dorloter par cette femme. Elle sait des caresses qui me font du bien ; j'apprécie qu'elle prenne son temps. Mais je ne veux plus qu'imaginer tes regards posés sur nous. Et dans ces images, le bruit… un bruit que je n'identifie pas de suite ; mais Julie, elle doit savoir car elle vient de stopper sa lècherie bienveillante. Ses mains m'indiquent qu'elle désire quelque chose de différent. Je comprends, en entrouvrant mes paupières, que c'est la table basse et nos verres qui ont disparu. Je m'exécute sans broncher.

Couchée sur la moquette, à tes pieds, je la laisse reprendre le fil de ses investigations. Mais cette fois je tends le bras. Pas vers elle, pas pour la toucher, mais pour que tu me donnes ta main. Et quand je sens tes doigts qui serrent les miens, j'ai enfin ton accord tacite. Je sais à présent que tu apprécies le spectacle que nous offrons et je me sens encouragée. J'ouvre donc le plus possible les jambes, et elle repart plus profondément dans sa caresse. Cette fois, sans te lâcher, je laisse mes soupirs envahir notre salon. De mon bras libre je cherche la caboche de ma belle lécheuse et appuie dessus, l'incitant tacitement à continuer ses embrassades érotiques.

La jouissance qui me surprend doit saloper la moquette, mais je ne m'en soucie guère. Je sens cette eau claire qui gicle de moi sous les effets de cette langue qui persiste à câliner mon clitoris. C'est doux, moins râpeux que tes caresses d'homme, Michel. C'est bon, et je ne vois absolument aucune différence entre elle et toi dans la manière de me faire grimper aux rideaux. Elle ne met aucun doigt en moi ; seule sa limace baveuse me touche. Mais quelle exploration est entreprise sur et dans ma chatte ! Je roule de la caboche sous les spasmes qui m'envahissent.

Quand j'explose enfin, elle ne se retire même pas, se contentant de faire rouler mon clitoris entre ses dents. Et je mouille, je crie, je hurle, mais je te cramponne, toi mon mari, quand je jouis sous la bouche d'une autre. Alors je reste un long moment à ne plus pouvoir supporter le moindre effleurement. Et dans mon brouillard, je vous entends parler. Ou j'écoute sans comprendre. La lumière ne semble plus vouloir monter jusqu'à mon cerveau. Trop bon ! Julie m'a fait trop bien jouir…

Michel

Notre invitée n'est absolument pas perturbée par ma présence. Dans un élan purement sexuel, elle vient de faire se coucher sur la moquette ma belle qui ne veut plus me regarder. Mais Claude, inconsciemment ou pas, a attrapé ma patte. Elle serre mes doigts à les casser. Puis comme je ne dis rien, elle ouvre ses cuisses bien plus largement, et je songe à cette langue qui va et vient sur cet endroit que je visite souvent depuis des années. Les soupirs sont éloquents. L'une parce qu'elle aime ce qu'elle donne, la seconde pour ce qu'elle reçoit.

L'autre vêtue et à genoux offre à ma vue une croupe incendiaire. J'ai envie aussi de la toucher, de tripoter ce cul tendu qui mérite son dû. Je suis respectueux et ne fais aucun geste déplacé ; seule mon imagination joue avec le feu. Je reluque cette hallucinante scène qui se passe à mes pieds. Impossible cependant de savoir quels mouvements se font sur cette chatte que Julie mange goulûment, mais je sais que j'aimerais participer au festin. Alors, que ce soit le cul de l'une ou de l'autre, cela a-t-il une importance capitale ?

Les râles se succèdent à un rythme de plus en plus précipité et le corps de ma brune s'arc-boute. Elle n'a plus que la pointe des pieds et les épaules qui touchent le sol. Mais sa partenaire ne lui rend rien : elle maintient sa tête dans la fourche diabolique. Et cette fois, les frémissements longs sont plus langoureux, les éclats de voix sont plus profonds, plus rauques également. Je comprends vite que le point de non-retour va être atteint quand les doigts qui me compressent les phalanges se font plus pesants encore. Et la petite tête qui roule de droite et de gauche indique la montée de l'orgasme chez mon épouse.

Un orgasme qui ne vient pas de moi… engendrant chez moi une pointe de jalousie, vite oubliée quand l'autre, le visage brillant de mouille, relève le front vers ma place. Elle a une sorte de rictus de satisfaction.

— Elle aime cela ; je savais bien que ta femme était faite pour le sexe.
— …
— Allons, ne me dis pas que tu ne sais pas qu'elle aime le cul ! Tu dois bien aussi en profiter ; mais c'est normal. Tu devrais déjà être à poil, prêt à la prendre…
— Pourquoi ? Tu n'en as pas envie, toi ?
— De la prendre ? Je ne suis pas vraiment équipée pour cela…
— Non ; tu ne voudrais pas être prise ? Je veux dire être aussi caressée, touchée ? Ou alors tu n'es que femme à femmes ?
— Lesbienne, tu veux dire ? J'ai déjà couché avec des hommes, rassure-toi, mais ils sont bourrins, et il est vrai que je préfère les douceurs féminines. Mais de temps en temps… si le cavalier est doux…
— Pour le savoir, il faut essayer, non ?
— Peut-être ; enfin, seulement si Claude est d'accord.
— Nous lui demanderons… à son retour parmi nous.

Julie s'est relevée et s'est assise près de moi. Cette envie de lui rouler une pelle qui m'étreint, est-elle bien raisonnable ? Je n'ose toujours pas, et elle ne fait pas mine de se rapprocher, mais je romps l'instant difficile qui nous embrasse d'un coup.

— Tu ne crois pas que tu devrais aussi te mettre à l'aise ? Sinon elle va avoir la désagréable impression d'être la seule nue quand elle va refaire surface.
— D'accord, mais tu te désapes également ?
— Ben… et si c'était toi qui fasses ce que tu lui as fait…
— Tu veux que je te déshabille vraiment ? Je n'ai pas l'habitude de défringuer les mecs, mais je veux bien essayer…
— À ne jamais rien tenter, tu risques de mourir idiote. Alors ?
— Bon. Eh bien allons-y, Michel.

Claude

Je sors de cette espèce de coma agréable où le plaisir m'a plongée. Julie est debout, et ils ne parlent plus. Sa main vient d'ouvrir la ceinture du pantalon de mon mari. Je ne bouge plus, retenant presque ma respiration pour ne pas risquer de faire cesser ce qui se prépare. Elle retire lentement ton pantalon et tu souris légèrement. Je sens à nouveau des picotements dans mon ventre. Je viens à peine de finir de jouir, et déjà j'ai encore envie. La chemise est partie pour augmenter le tas de vêtements sur l'accoudoir du sofa.

Tu as seulement jeté un coup d'œil vers la forme allongée que je représente à vos pieds. Julie te touche les abdominaux. Ton slip est comme déformé par la tension de ton sexe quand ses mains plongent vers ce pieu qu'elle met à la lumière. Je frissonne ; un peu de froid, mais beaucoup du désir de voir cela. Peut-être t'es-tu rendu compte que j'étais revenue à moi ? Ton sourire m'est vraiment destiné, ou bien est-ce seulement parce qu'une des mains de notre « amie » est sur ta verge ? Comment le savoir ?

Elle a tout lâché, et ses fringues suivent la même route que les nôtres. La pile est conséquente, bien que sa poitrine ne soit pas masquée par une quelconque brassière. Sa bouche qui s'approche de la tienne me fait peur. Je vous vois, et il me fait presque mal, le baiser que vous échangez. Je pince mes lèvres pour ne pas crier. La femme a repris ta bite dans sa main et je remarque par intermittence ton gland rose qui apparaît et se cache au rythme imprimé par son poignet.

— Si on s'occupait de Claude ?
— Tu n'as pas envie que je te suce un peu avant ?
— Pas maintenant… mais oui, j'aimerais plutôt vous sentir les deux en même temps sur mon vit.
— Je vois : Monsieur est un connaisseur !
— Pas du tout : je voudrais seulement qu'elle participe aussi. Je ne veux pas la tromper, juste partager un peu de plaisir avec elle… et toi, bien sûr.

Au fond de ma tête, je me sens un peu soulagée. Je respire mieux. C'est tout toi ça. La femme, là, t'offre son corps, son ventre, mais tu penses encore et uniquement à moi : je t'aime pour cela ; j'ai vraiment le plus merveilleux des maris ! Alors je réagis, m'étire, et vous ne pouvez plus ignorer que je suis sortie de ma léthargie occasionnelle. Deux visages se penchent en même temps vers moi ; j'ouvre les bras pour vous accueillir. Deux bouches qui viennent vers la mienne, et je me sens transportée vers une envie magistrale. Alors, lorsque trois langues s'emmêlent, se mélangent hors de nos lèvres, je soupire d'aise.

Je ne sais plus qui embrasse qui, et j'adore ce baiser d'un nouveau genre. Puis je te vois, toi mon amour, glisser, ramper vers le milieu de nos deux corps de femmes. Julie ne quitte plus mes lippes et ses mains caressent lentement mon front. Elle murmure des mots que je ne veux surtout pas entendre, pas comprendre. Et ta frimousse que j'attendais entre mes cuisses dérive sur un parcours tout aussi nu, mais qui n'est pas le mien. Je te laisse faire et me contorsionne suffisamment pour apercevoir ce que tu fais.

La minette cette fois n'est plus pour moi. Elle n'a pas rechigné, et ses jambes se sont elles aussi largement écartées pour te laisser un passage que tu empruntes sans peur. Elle roule sur le côté, s'éloignant de ma bouche et de mes baisers, mais je reviens une fois encore pour cette fois m'allonger tête-bêche, et mes yeux sont tout proches de l'endroit que tu butines. Tu me vois aussi, et quand je suis relativement près de cette chatte que tu lèches avec entrain, un baiser plein de sa bave nous réunit. Ensuite je te laisse porter ta patte sur mon cou pour me guider sans rien dire vers la foufoune que tu convoitais. Pour la première fois de ma vie, j'ai sous mes yeux cette chose qui, chez moi, te plaît tant.

Elle aussi griffe nos dos sans se préoccuper de savoir si c'est le mien ou le tien, et ses longs ongles rouges me font frissonner. Ce que je sens sous ma langue n'a rien de dégoûtant, et je prends un réel plaisir à découvrir ce qui finalement comble tant les hommes. Je suçote, écarte des lèvres qui cachent un autre trésor. Le pic que j'y déniche est si sensible chez moi que je ne résiste pas au bonheur d'y goûter chez elle. Elle sursaute dès que je lèche ce qui me paraît si fortement ressembler à une mini-bite. Et je n'arrête pas de mouiller ; elle non plus, d'ailleurs.

Tu as quitté le ventre de notre belle invitée et tu es venu te positionner contre moi. Je sens cette barre dure et raide qui glisse contre mes fesses. Julie, d'autorité, ouvre mon compas et je perçois sa petite main qui se coule dans l'espace qu'elle a si adroitement découvert. Tu te raidis alors que je l'imagine te branlant doucement. Mais je sais de suite que je me suis trompée : elle ne voulait que t'attirer plus contre moi pour être aux premières loges. Ses doigts frôlent mon sexe, et c'est sûrement elle qui pousse ton gland vers l'entrée.

Michel

Le strip-tease est rapide. Claude semble toujours si loin dans son monde de couleurs… Elle me fait presque peur à rester inerte de la sorte. Mais ses paupières cillent doucement, et je suis presque certain qu'elle ne fait que semblant. Alors tant pis pour nous, pour elle ! Cette Julie a saisi mon manche d'une main et elle berce son poignet de délicats moulinets qui me font un effet bœuf. Mais comme je suis prudent, je préfère tenir que courir ; et puis allez savoir ce qu'il y a dans la caboche d'une femme ! Celle de Claude ne fait pas exception.

— Si on s'occupait de Claude ?
— Tu n'as pas envie que je te suce un peu avant ?
— Pas maintenant… mais oui, j'aimerais plutôt vous sentir les deux en même temps sur mon vit.

Elle s'avoue vaincue et nous plongeons tempe contre tempe vers le corps étendu, alangui par les précieux massages buccaux de notre nouvelle amie. J'ai envie de sentir, de humer cette chatte qui vient de prendre du plaisir, un autre bonheur auquel je n'ai pas vraiment participé. La chatte doit avoir gardé les sécrétions de la bouche de la lécheuse et celles, plus subtiles, du ventre de ma belle. Après un manège enchanté où un baiser unit six lèvres tant bien que mal, je suis enfin dans cet antre chaud qui est aussi lubrifié de splendide manière. Et la nana qui mène le bal continue à embrasser ma douce épouse.

Comment sont-elles parvenues à se retrouver en soixante-neuf ? Je m'en fiche. Je vois seulement cette face qui vient pour se joindre à la mienne, mais la place n'est pas extensible. Je lui cède une fois de plus l'endroit, mais je sais où aller pour me chauffer encore plus. Je me suis collé à ma Claude avec ma queue qui coulisse dans la raie de ses fesses. Non, je ne veux pas aller par-là : seulement me frotter dans ce couloir bouillant. Alors je suis surpris de voir les doigts étrangers qui attrapent mon chibre ; un instant je pense qu'elle veut me masturber.

Non. En fait, elle le guide vers la chatte béante et engluée. Je laisse bien sûr agir la vendeuse de fringues. Après tout, elle veut voir ? Eh bien, qu'elle regarde ! Je m'enfonce avec délice dans ce ventre en fusion, et pourtant l'autre ne me lâche pas. Ses doigts sont tout bêtement venus serrer mes couilles. Et elle les presse dans le creux de sa main. C'est génial, finalement. Je me demande ce que ma brune fait à son invitée ; bon, je n'ai pas besoin de beaucoup d'imagination car les soupirs de celle qui me broie les noix sont éloquents. Ma queue qui entre et ressort est l'objet de la convoitise de la langue gourmande de Julie.

Chaque passage est un délice qui me met en transe. Et quand par hasard, sous un coup de reins trop sec, je me retire de ce calice trempé, elle gobe instantanément le gland qui repart quelques instants après vers la source de tous nos plaisirs. Cette femme est un volcan ! Ces femmes sont deux jolies pouliches, et je suis l'instrument de leur jouissance. Elles se servent sans rien demander, chacune offrant à l'autre un plaisir à prendre de suite, sans attendre.

J'adore cette façon de se donner, cette invitation à aller encore plus loin, et je ne retiens plus aucun coup de hanches, m'offrant le bonheur de limer sans renâcler, sans plus pouvoir penser. Je suppose que les deux amazones font la même chose, et notre salon n'est plus qu'un immense cri, un cri multiple sorti de trois gosiers différents. Je tente pourtant de faire reculer la montée inévitable d'une sève trop pressée. Mais comment trouver un dérivatif à mes pensées lubriques quand deux furies se disputent le même orgasme ?

Je ne saurai jamais laquelle des deux a commencé à se raidir, à se tétaniser sous une jouissance prévisible. Que ce soit toi, ma belle épouse, ou ta jolie copine n'a du reste aucune incidence sur mon éjaculation. Je me libère sans arrière-pensée, et je sais que Julie ne cesse pas pour autant ses caresses sur le sexe que j'occupe. Je reste comme en suspens un long moment, puis – c'est physiologique – la bête s'amollit pour quitter l'antre de la louve, et j'ai le bonheur de sentir qu'une langue, pas morte pourtant, nettoie les outils tout autant que la porte du paradis.

Nous sommes enchevêtrés les uns dans les autres, et la nuit est tombée depuis longtemps. Au milieu de deux femmes qui ne dorment nullement, je ronronne comme un chat repu. De temps en temps un bisou vient me rappeler sur ma droite ou ma gauche que vous êtes, vous aussi, satisfaites. Claude n'a pas cessé de caresser mon torse alors que son amie – mais peut-être devrais-je dire désormais « notre amante » – joue avec le bigoudi qui a de nouvelles ressources. Elle ne cherche pas du sexe ; elle tripote seulement cette queue qui se remet de ses émotions.

Claude

Je suis bien. La plénitude de ce pur moment de criant bonheur, je la savoure avec délectation. J'adore le torse glabre de mon homme, et je sais que la main qui joue avec sa quéquette n'est pas la mienne, mais je n'en souffre pas. Il m'aime et a su encore me le montrer, me le prouver en prenant soin de moi. Mon corps est son terrain de jeu favori ; son stade, quoi ! J'ai juste peur des mots qui vont venir, car fatalement ils vont arriver. La trouille qu'ils brisent un équilibre fragile, comme cette promesse de tant de bon temps. Mais, bon sang, comme c'était bon ! Et la découverte de la femme fait partie intégrante de mes plus beaux souvenirs, à partir de maintenant.

Je ne sais pas encore si un jour je retrouverai cette saveur incomparable, ce délicieux creux au ventre pour une autre femme, mais j'ai adoré notre Julie. Si elle le désire, elle pourra revenir autant qu'elle le souhaitera. J'ai apprécié tout autant la sollicitude dont elle a fait preuve en n'omettant pas le plaisir masculin de Michel. Bon, elle n'est pas allée aussi loin que je l'espérais, mais… un jour, qui sait ?
Le noir de la nuit nous entoure, et la platine est muette depuis je ne sais combien de temps.

— Claude ? Claude ?
— Oui, Julie, je t'écoute.
— Je peux encore abuser un peu de votre… hospitalité ?
— …

Je ne comprends pas tout à fait ce qu'elle veut. Alors je me redresse sur un coude et je vois que dans sa main, la bite a retrouvé un second souffle. Elle la branle presque tendrement.

— Tu me prêterais… ça ?

Le sourire qui s'est dessiné sur ta bouille, mon Michel, quand tu viens brusquement de comprendre que le « ça » était encore dans la paume de sa main devenue trop petite pour tout contenir !

— Mais je t'en prie, Julie, sers-toi ; après tout, nous sommes là pour nous faire plaisir, et je pense que tu peux librement jouer avec « ça », comme tu dis. Je ne crois que pas que monsieur y trouvera à redire non plus.

Nous sommes trois à partir en éclats de rire. Alors elle se redresse elle aussi, et encore accroupie elle passe ses jambes de part et d'autre de ton corps. Puis elle se fléchit pour venir s'asseoir sur la queue tendue. Je la vois qui tend le bras pour que sa main guide la verge en elle, alors je l'arrête d'un coup.

— Attends ! Attends une seconde, ma belle…

Et c'est ma propre menotte qui vient pour conduire ton phallus vers son sillon ouvert. Alors recommence sous mes yeux un rodéo magnifique dont je suis l'unique spectateur. Julie gémit, se tortille en levant son ventre pour se laisser retomber sans crier gare sur le vit raide. Mais le bonheur se partage, ce soir, et je me lève pour venir aussi prendre part à ce joyeux carrousel d'amour. Je prends la même position que la donzelle qui te chevauche… à cru ! Je descends le plus délicatement possible sur ton visage alors que mes quinquets se rivent dans ceux de la femme qui s'envoie en l'air sur ton chibre.

Le baiser que nous échangeons, elle et moi, est un train de promesses. De celles qui se partageront sans doute dans d'autres joutes sexuelles comme celles de cette nuit. Celui que tu me donnes est lui aussi mémorable, mais pour lui comme pour Julie, tu n'as pas tellement le choix ; et le seul qui saurait en parler le mieux serait bien entendu… le sofa du bord du lac, qui voit et verra toutes nos frasques.