L'achat de la strappe

Dans une de mes histoires précédentes, Lazarius rencontre Eva Deline, au moment où je raconte que je vais utiliser ma plus belle strappe, j'évoque une anecdote : celle de l'achat de cette strappe.

« […] belle lanière de cuir souple, de 6 cm de large sur 45 cm de long.

Je lui fis humer l'odeur enivrante, lui caressai le visage avec, la fis passer sous son menton et la naissance de son cou.

— Celle-ci est ma préférée : elle est plus large et plus souple qu'une ceinture, se déploie à grande vitesse comme un serpent sur les fesses des insolentes et des rebelles avec un sifflement et un claquement émouvants. Elle a tanné le cul de femmes de tout âge ; je l'ai trouvée chez une antiquaire, une grosse femme blonde qui a tenu à ce que je l'essaie sur elle. Cet objet a, paraît-il, plus de cent ans et a été parfaitement entretenu. Sentez son cuir, imaginez le nombre de fessiers volages et pervertis qu'elle a marqués, probablement des femmes du monde à qui on aurait donné, en les croisant dans la rue, le bon dieu sans confession. »

Je vais vous raconter cet épisode aujourd'hui.

Dans ce monde devenu peuplé quasi exclusivement de femmes (les hommes ayant presque tous disparu (voir les chapitres précédents de Lazarius), au début, je n'osais plus beaucoup sortir, comme je l'ai déjà raconté. Puis, ne pouvant rester terré chez moi, me revêtant parfois de joggings à capuche, je descendais jusqu'à une porte de Paris et je prenais le métro, comme avant.

À cette époque, mon petit business commençait à me rapporter pas mal, et je venais d'acheter une grande maison cossue dans un coin tranquille de ma banlieue Est. Cette maison était vraiment très grande, et je n'avais pas fini de la meubler. Je n'étais pas trop pressé, et j'avais pris l'habitude de flâner, à mes heures perdues, dans la capitale. Il y a des quartiers que j'aime particulièrement. J'aime bien me balader le long du canal Saint-Martin, remonter de la place de la Bastille jusqu'à La Villette, marcher jusqu'à la Cité des Sciences.

J'ai toujours aimé, depuis que je me promène dans Paris, le quartier de la Bastille et ses rues avoisinantes, tellement vivantes, comme la rue de la Roquette qui monte jusqu'à Belleville et au Père Lachaise (rue que j'ai maintes fois montée en vélo), la rue du Faubourg du Temple, jadis domaine des antiquaires mais qui a un peu périclité, et encore plus depuis qu'il n'y a quasiment plus d'hommes.

J'allais ce jour-là un peu au hasard, mais avec la vague intention de faire quelques vitrines et de voir s'il restait encore quelques boutiques d'antiquités ; non pas que je cherchasse des meubles (j'ai toujours préféré le neuf, et les styles originaux et exotiques), mais je me disais que je pourrais éventuellement trouver un bureau intéressant ou, étant donné que je suis branché SM, peut-être – si j'avais de la chance – un meuble ancien que je pourrais utiliser ou détourner de son usage pour des pratiques coquines.

Je m'arrêtai devant la vitrine d'un de ces magasins – il en restait donc quelques-uns, peu éloignés les uns des autres – une petite boutique où beaucoup d'objets semblaient un peu entassés. Plusieurs fauteuils, des psychés, quelques guéridons, des vieux pots (pas grand-chose d'intéressant pour moi) mais je me décidai à entrer afin de voir si la propriétaire n'avait pas autre chose : une table basse, voire de petits objets.

— Bonjour, Monsieur, m'accueillit la patronne à mon entrée.

Elle ne semblait pas trop surprise de voir un homme, contrairement à ce à quoi j'aurais pu m'attendre. Elle était derrière ce qui lui servait de comptoir, un meuble qui ressemblait plus à un bar ou à un buffet assez haut.

— Bonjour, Madame.

Je regardai çà et là, furetai de part et d'autre, levai les yeux ; j'avais vite fait le tour. Il y avait, comme je m'y attendais, surtout des vieilleries et du mobilier d'une époque qui ne m'intéressait guère.

— Je peux vous aider ? Vous cherchez quelque chose en particulier ?

Elle sortit de derrière son comptoir. C'était une femme assez petite, un peu trapue, blonde, cinquante-cinq à soixante ans, un peu ronde, au corps légèrement massif.

— Euh… non ; enfin, je regarde…

Puis après un temps d'hésitation, sachant d'avance que ma recherche allait être vaine, j'ajoutai :

— Je suis un peu collectionneur : j'aime les objets curieux, insolites… des objets anciens qui pourraient me servir de décoration.
— Quelle sorte d'objets ?
— Tout… enfin, tout ce qui pourrait être décoratif, en bois, en métal ; des matières nobles… Des petits objets que je pourrais entreposer çà et là sur mes meubles – j'ai beaucoup de place – et intriguer mes visiteuses, par exemple…
— Hum, dit-elle, c'est assez vague… Je n'ai pas beaucoup d'objets rares, j'en ai peur.
— Tout ce que vous avez est là ? Vous n'avez rien d'autre ?
— Non ; j'ai d'autres choses entreposées, mais je réfléchis à ce qui pourrait vous intéresser… J'ai bien un vieux sextant de marine, mais il n'est pas en très bon état. Il faut que je le fasse restaurer.
— Je ne suis pas très fan d'objets de marine.
— Quel type d'objets vous intéresserait ? me demanda-t-elle d'un air intrigué.
— Je ne sais pas. Vous n'avez rien de vraiment insolite ? Je veux dire, de rare, de curieux ?

Elle réfléchit, l'air songeur.

— Eh bien, ici, non.
— Mais encore ? lui répondis-je d'un air amusé et intrigué par ce pseudo-mystère.

Mais la dame restait très sérieuse.

— Non, je pensais… J'ai quelques objets entreposés dans un autre endroit, mais je ne sais pas si vous trouveriez quelque chose d'intéressant.
— Et ce serait possible de les voir ? Vous pourriez les apporter ?
— Eh bien, ils sont loin, dans une dépendance de ma maison de campagne. Mais c'est loin, dans le pays d'Auge, et je n'y vais pas souvent en ce moment… Et il y a beaucoup de bric-à-brac.
— C'est bien dommage. Écoutez, je ne suis pas pressé et je suis prêt à me déplacer s'il le faut.
— Il y a plus de deux cents kilomètres, vous savez, et je ne me souviens plus très bien de tout ce qu'il y a ; si ça trouve, pas grand-chose, et je m'en voudrais de vous faire faire toute cette route pour rien.
— Oui, bien sûr, je comprends.

Je comprenais surtout que cette dame n'avait aucune envie de m'inviter à venir chez elle, dans sa maison de campagne où, si ça se trouve, elle ne se rendait que très rarement. D'autant que nous étions en hiver et que les Parisiens aiment bien profiter de la campagne aux beaux jours, quand la chaleur et le soleil sont au rendez-vous.

Elle n'avait pas envie, elle non plus, de faire quatre cents kilomètres aller-retour juste pour farfouiller dans de la poussière sans doute accumulée depuis des années, surtout pour ne rien dénicher qui m'intéresse, et en définitive ne rien gagner.
Voulant lui montrer que je lisais dans ses pensées je lui déclarai :

— Je comprends bien : vous n'allez sans doute pas là-bas tous les week-ends et vous n'avez pas envie d'y aller juste pour remuer un bric-à-brac qui, en définitive, ne m'intéressera peut-être pas. Eh bien, écoutez : je vous donne ma carte de visite, il y a mon mail et mon téléphone. Si un jour vous allez là-bas, vous m'appelez, vous me dites ce que vous avez trouvé (puisque vous ne vous souvenez pas bien de ce qu'il y a et dans quel état sont ces choses), et puis on avisera. Si c'est susceptible de m'intéresser, je vous le dirai et vous les ramènerez sur Paris.

La dame blonde prit ma carte de visite avec étonnement. Qu'un homme donne ainsi ses coordonnées, c'était devenu tellement rare ! Bon, j'avoue que c'est un numéro spécial, pas mon numéro personnel (que je ne donne pas aussi facilement).
Et j'ajoutai, limite avec un clin d'œil qui se voulait complice :

— Mais si vous voulez – parce que vous devez rester quelques jours là-bas – que je me déplace, et si je suis disponible, n'hésitez pas à m'en parler. Au revoir, et bonne journée !
— Au revoir, répondit-elle ; mais elle restait figée, ma carte de visite entre ses doigts.

Je tournai les talons et je sortis.


Plusieurs mois passèrent. Je continuais à essayer de chiner çà et là des antiquités qui me plairaient et qui s'accorderaient avec mon intérieur moderne, mais je ne trouvais pas grand-chose ; c'est vrai, et je l'avoue : je suis difficile du point de vue de l'esthétique.

Un jour je me décidai à revenir à Paris fouiner dans ce même quartier. Je fis plusieurs magasins et arrivai devant la fameuse boutique. La propriétaire me reconnut immédiatement. Évidemment, étant donné qu'il n'y avait quasiment plus d'hommes, elle n'eut pas de mal.

— Bonjour, me dit-elle joyeusement ; est-ce que vous cherchez toujours des objets insolites, originaux ?
— Oui, toujours.
— Eh bien, je voulais vous appeler mais je n'ai pas retrouvé pas votre carte de visite. Finalement, il n'y avait rien de bien intéressant dans ma maison de campagne ; j'ai eu l'occasion d'aller voir, et tout était en mauvais état. Par contre, une amie brocanteur a cessé son activité et m'a demandé si, parmi ce qu'elle avait, il y avait quelque chose susceptible de m'intéresser. Et j'ai pensé à vous et à votre quête. Je vais vous montrer ce que j'ai récupéré ; j'ai mis la main sur quelques trouvailles.

Elle me demanda de la suivre et me fit passer dans une arrière-boutique encombrée d'objets divers et variés ; beaucoup de vieilleries, des machines à coudre antiques, des brocs, des objets en porcelaine.
Elle s'arrêta devant une petite table.

— Figurez-vous qu'elle avait dans sa réserve des meubles et objets ayant appartenu autrefois à une maison de passe… une maison close, comme on les appelait avant ; enfin, on m'a dit que c'était un établissement célèbre à l'époque, fréquenté autant par des hommes très en vue que par des femmes du monde. Tous ces braves gens, fortunés, venant assouvir leurs fantasmes les plus secrets… dit-elle en baissant la voix.
— En effet, ça ne doit pas dater d'hier !
— Non. Il semblerait que certaines de ces vieilleries ont au moins cent ans. Voilà, il y avait tout ça : ces quelques meubles, là, et aussi divers objets.

Je regardai. Trônait là un vieux sofa défoncé, hors d'âge et usé jusqu'à la corde. Pas très esthétique. Des gravures encadrées à thème érotique. Intéressant, mais elles étaient plutôt sombres, ternes, moches. Sur la table traînaient deux objets : un martinet en mauvais état et sans originalité, et un objet fait d'une longue lanière de cuir et d'un manche en bois, peu travaillé, mais qui avait été parfaitement entretenu. Je le pris immédiatement dans mes mains. Elle me regarda, vit l'intérêt que j'y portais. Elle avait un petit sourire en coin, comme si elle jubilait. Je le tournai et le retournai dans tous les sens : le cuir était épais mais parfaitement souple, la piqûre était en excellent état. Je le soupesai. Cet objet m'intéressait. La femme blonde, reniflant le gain, le comprit tout de suite.

— Combien pour cet objet ?
— Je vous le fais à 180 €.
— C'est un peu cher…
— C'est un très vieil objet, et il est en excellent état. Imaginez, il date des années 50 au moins, et il a traversé le temps sans s'altérer. Il a dû être bien entretenu.
— Ou alors il a peu servi, répondis-je, songeur.
— Je peux vous garantir que c'est un vieil objet et que sa provenance est avérée.
— Admettons. Mais un prix pareil pour un si petit objet, c'est quand même beaucoup, vous ne trouvez pas ?
— Oh, mon petit Monsieur, je l'ai déniché pour vous exprès et je vous l'ai gardé en espérant que vous reviendrez. Pensez que je suis une antiquaire dévouée au client que vous êtes, dit-elle en riant.

C'était rare, les antiquaires qui prennent les choses avec humour et n'aient pas des réactions de grippe-sous indignés ou offensés.

— 120 €, et je vous le prends.
— 150, et l'affaire est faite.
— Bon, OK. Topez là !

Elle rit.

— Vous savez, les temps sont durs. Les femmes n'ont plus un gros pouvoir d'achat ; il n'y a plus beaucoup de clientes, et les antiquaires – vous avez dû le voir – ferment les unes après les autres. Si ça continue, je vais être la dernière dans la rue.
— Oui, je me doute. Vous êtes un peu le dernier des Mohicans ; comment trouverons-nous des antiquités si vous disparaissez ?

Elle me sourit, vaguement flattée. Je sortis des billets et la payai. Tandis qu'elle encaissait, je regardai encore mon nouvel objet sous toutes les coutures. Je savais parfaitement qu'il ne servirait pas uniquement pour la décoration, celui-là…
Elle me regardait du coin de l'œil, par en dessous, vaguement intriguée. Et soudain, à ma grande surprise, elle me demanda :

— Vous savez à quoi ça pouvait bien servir ?

Je souris de bon cœur :

— Comment ! Ne me dites pas que vous ne savez pas ce que c'est, ni à quoi ça sert !

Elle se foutait de moi ; elle voulait faire l'innocente, ça n'était pas possible. Mais avec une candeur qui semblait non feinte, elle continua :

— Eh bien non, je l'avoue : je ne sais pas ce que c'est, dit-elle avec un air un peu gêné.
— Enfin, Madame, vous m'avez bien précisé sa provenance. Ne me dites pas que vous ne devinez pas.
— Mais non. Je suis désolée. Je dois manquer de « culture ».
— Eh bien, ma petite dame, cette « chose » s'appelle une strappe. Bon, je vous l'accorde, c'est un anglicisme parce qu'il n'y a pas de mot français équivalent. C'est même un néologisme ; en anglais, cela s'écrit « strap », avec un seul « p » et sans « e » : cela veut dire « sangle », et cet objet, voyez-vous, à une époque cruelle où l'éducation anglaise voulait dire quelque chose, était, dans les pays anglo-saxons, destiné à corriger très sévèrement les mauvais élèves. Je pense que s'il y a encore des gens qui ont connu ça dans leur jeunesse, ils doivent en garder un souvenir douloureux. Je ne sais pas de quand date celle-ci, mais vu sa provenance, elle a sans doute été créée pour des clients masochistes, ou des clients un peu sadiques qui payaient très cher des filles pour en user sur leur joli derrière.
— Eh bien…

C'est tout ce qu'elle arriva à prononcer, avec un air visiblement troublé.

— Voilà, dis-je, satisfait de ma leçon, tandis que je m'amusais à faire claquer légèrement la lanière de cuir dans la paume de ma main. Bon, je vais vous laisser. Au revoir, et merci.

Et je tournai les talons, me dirigeant vers la porte. Elle ne répondit pas à mon salut. Un peu étonné, je tournai une dernière fois la tête vers elle tandis que je m'approchais de la porte. Elle était restée comme figée. J'allais sortir, amusé.

— Et… m'arrêta-t-elle, qu'allez-vous en faire ? Enfin, se reprit-elle, si ce n'est pas indiscret… Je m'excuse : en fait, ça ne me regarde pas.

Je revins vers elle lentement, avec un sourire un peu vicieux.

— D'après vous ?

Puis, enchaînant sans attendre sa réponse :

— Je vais l'installer, comme je vous l'avais indiqué, comme décoration… en attendant qu'il serve ; en attendant qu'il rencontre un fessier féminin, téméraire, courageux, mais sans doute insolent.
— Oh !

Elle avait les yeux un peu dans le vague, profondément troublée. Elle continua, avec un air qui lui donnait l'impression de rêvasser :

— Mais ça doit être terriblement douloureux…
— Ça dépend comment on s'en sert ; ça dépend aussi de la sensibilité du sujet, très variable d'une femme à l'autre.
— Oh là là…

Cette fois, j'allais m'en aller, la laissant là à son trouble, satisfait de mon effet. Mais cette fois elle ne me laissa pas le temps de me retourner ; elle balbutia :

— Ça serait possible… je veux dire… j'aimerais bien… je voudrais… essayer… l'effet que ça fait… Enfin, pas trop fort.

Là, j'étais sidéré. J'avais bien pris la mesure de son trouble, mais je ne m'attendais pas à ce qu'elle ose me faire une telle demande. Je n'allais pas perdre une aussi belle occasion.

— Bien entendu. Autant satisfaire votre curiosité jusqu'au bout. Mais… maintenant ?
— Oui, vite fait… Attendez, (elle semblait se reprendre un peu) je vais aller fermer la boutique quelques minutes… De toute façon, il n'y a pas beaucoup de visiteurs.

Elle fit ce qu'elle avait énoncé, alla fermer à clé la porte vitrée, tourna la pancarte pour que l'indication « FERMÉ » se retrouve vers l'extérieur, puis revint vers moi.

— Venez avec moi, me dit-elle en m'entraînant dans son arrière-boutique.

C'est avec une voix un peu changée par l'émotion qu'elle me demanda :

— Comment je me mets ?
— Eh bien, si vous vous mettiez face à cette petite table, ce serait parfait.

Elle se tourna donc, appuya ses mains sur le plateau de la table, tendit un peu sa croupe en arrière dans une position d'attente. Celle-ci était bien moulée dans son jean, et d'un volume assez impressionnant. Mais j'attendis. Elle ne bougeait pas.

— Madame, la strappe ne s'administre que sur un fessier nu. Il vous faut baisser votre jean et votre culotte, si vous en avez une.
— Quoi ? Mais… je ne peux pas… Je veux dire : j'ai honte… Je suis pudique…
— La honte fait partie de la punition. Je veux dire : en tout cas, du jeu, du cérémonial, comme le déculottage, du reste. Il est hors de question que j'administre la strappe par-dessus un pantalon. C'est contraire à mes principes ; j'oserais dire : à mes convictions.
— Oh, mais… ça doit faire encore plus mal !
— C'est un peu le but, ma chère Madame ; mais comme je vous l'ai dit, tout dépend comment on dose.
— Euh… euh…

Elle ne bougeait pas, craintive, hésitante.

— C'est vous qui voyez, ma chère dame. C'est vous qui m'avez demandé de l'essayer sur vous. Je suis un maître en la matière ; je sais comment la chose s'administre. Si vous rejetez ces règles, c'est votre droit, mais vous ne connaîtrez pas ce que vous aviez la curiosité de découvrir.

J'attendis encore deux ou trois secondes – je ne m'étais pas donné plus – et je m'apprêtais à la laisser tomber, mais je l'entendis prononcer « Bon… » et la vis dégrafer sa ceinture, déboutonner son jean et soudain baisser lentement ensemble et le jean et une culotte rose pâle en dentelle dont je devinai le liséré du bord supérieur. Je vis jaillir des grosses fesses très blanches, très fortes, et un peu celluliteuses. Elle baissa le tout jusqu'au bas des cuisses – des cuisses charnues également – et bien roses.

— C'est bien ; vous avez pris la bonne décision. Je sentais que vous étiez d'une nature curieuse, avec une soif d'apprendre que vous n'alliez pas laisser insatisfaite à cause d'une pudibonderie mal placée.
— S'il vous plaît… gémit-elle en esquissant une rotation de tête vers moi, doucement…
— Je sais que j'ai à faire à une novice ; alors laissez-moi faire. Je ne connais pas votre sensibilité : j'irai progressivement.

Je me plaçai légèrement de trois-quarts, à sa gauche, la strappe avec la poignée bien en main.

C'était un fabuleux derrière, un fessier très féminin, large et gras comme je les aime, avec des fesses presque carrées, et je savais que je serais très frustré si elle devait abandonner au bout de deux coups. Aussi j'ajoutai avant de commencer :

— Je vous laisse la liberté de stopper tout quand vous ne supporterez plus. Mais je serais déçu si vous criiez grâce au bout de trois ou quatre coups.
— Entendu. Allez-y.

Je caressai le fessier laiteux avec le cuir de la strappe ; elle frissonna. Je l'avais fait afin de prendre la mesure de la distance exacte à adopter, mais surtout – je l'avoue – afin qu'elle ressente ce premier contact avec la lanière qu'elle souhaitait mais qu'elle redoutait en même temps. Enfin, je levai le bras. Prenant un élan et un recul le plus petit possible, j'abattis, en retenant un peu ma force, la strappe qui frappa la belle mappemonde avec un petit claquement sec.

— Oh ! glapit-elle.

Je continuai ainsi quatre ou cinq fois sur le même mode ; elle poussa à chaque fois un petit cri, puis sa main vint frotter son fessier.

— Enlevez votre main, Madame ; je ne voudrais pas risquer de vous la blesser, ajoutai-je, un peu hypocritement. Et puis, quand on fustige une femme, elle doit garder la position. Toujours bien cambrée, et les mains bien à plat sur la table. Ce sont les règles. Vous savez, quand on instaure ce genre de règles, on prévoit en général des sanctions – ce qui se traduit bien évidemment par un châtiment corporel encore plus sévère, vous vous en doutez – si la dame ne respecte pas les règles annoncées.
— Oh…
— Enfin, je serai indulgent avec vous, étant donné que vous êtes une novice, que c'est juste pour un essai, et que nous n'avons pas établi de contrat ni de règles préalablement. Je peux continuer ?
— Oui, allez-y.
— Je vous préviens : jusqu'à présent, j'ai été très léger. À partir de maintenant, je vais aller crescendo.

Elle ne répondit pas. Pas de protestation : c'était donc un acquiescement.
Je m'écartai un peu plus, levant le bras pour toucher la fesse droite. La strappe s'abattit, claquant la fesse en plein milieu.

— AHH !

Puis, après une seconde :

— Ça fait mal.
— Oui, ma chère. Je vous avais prévenue : la strappe, c'est comme ça.

Je levai à nouveau le bras, visant le fessier plus bas. La strappe marqua en claquant méchamment la même fesse, bien en dessous.

— AAAH ! Ça brûle ! Oh, c'est fort… gémit-elle en sautillant sur place.

Un troisième coup marqua le volumineux fessier tout en haut, au-dessus des deux marques précédentes.

— AAAÏE ! Ah, la vache ! Celle-là… était terrible.
— Cet endroit est plus sensible, en effet, c'est bien possible.
— Hou là là… Je ne sais pas si je vais pouvoir tenir, si je vais pouvoir continuer.
— Je vous rassure : je ne frappe jamais deux fois au même endroit, c'est trop douloureux. Aussi, je vais changer de côté. Ce sera plus raisonnable… mais aussi plus équitable : je me fais fort de toujours traiter chaque fesse de la même façon que sa sœur.

Elle semblait hésiter :

— Oui, mais ouille-ouille-ouille, ça brûle vraiment.
— Voilà ce que je vais vous proposer, jeune fille (j'utilisai ce terme avec un mélange d'humour et de flatterie, cette dame étant plus proche des soixante ans que de la vingtaine). Vous en avez reçu sept au total ; je vous propose d'aller jusqu'à douze, pas un de plus : ça fera un compte rond, et je n'irai pas au-delà. Par contre, si vous l'acceptez, cela vous engage à les recevoir tous, jusqu'au bout. Mais ça serait bien, pour une première expérience. Vous m'avez l'air d'être une femme très courageuse : cela vous honore.
— Douze ? Oh là là…
— Ça ne fait plus que cinq, ma chère ; ce n'est pas le bout du monde.
— Oui, mais des comme ça…
— Je vous promets d'aller très lentement, que vous ayez le temps de souffler entre chaque.
— Bon. Pffff… Je veux dire… Bon, d'accord. Mais je dois être folle.
— C'est une excellente décision, je vous félicite. Je vous demanderai juste de compter après chaque coup. Appuyez-vous bien sur la table, penchez-vous bien en avant, et cambrez-vous au maximum. Oui, voilà, comme ça. Tendez votre croupe au maximum vers moi. C'est bien. Vous savez que vous avez un très beau cul ?
— Oh… dit-elle, visiblement étonnée et troublée, j'ai un gros cul, il est énorme. Ce n'est pas beau.
— Mais si. Moi, j'adore les fessiers comme le vôtre : épanoui, généreux, bien large.
— C'est pour ça que vous les punissez ? gloussa-t-elle.
— Peut-être, allez savoir… C'est peut-être effectivement pour les punir d'être aussi érotiques. Allez, préparez-vous. Le prochain sera le numéro huit ; n'oubliez pas de compter.

Je changeai de côté, me plaçant à sa droite. Mais étant donné que je suis droitier et très malhabile de la main gauche, je me tournai davantage et me penchai, calculant pour que la strappe arrive bien horizontalement en travers de ses fesses.

Le premier coup déchira l'air en sifflant et frappa la fesse gauche du bout de la lanière, exactement comme je l'avais prévu. Une marque rouge apparut immédiatement. La dame blonde hurla. Ses beaux cheveux bouclés qui lui tombaient aux épaules avaient volé sous le violent sursaut de son corps.

— N'oubliez pas de compter, ma petite dame.
— Huit ! Ah, c'est terrible…

Puis un second coup dessina une marque parallèle à la précédente, juste en dessous.
Sans lever ses doigts de la table, elle avait fait un bond en avant, se redressant dans un réflexe bien involontaire.

— OUILLLEEE ! Ah, ça fait mal ! Neuf.

Le cri qu'elle avait immédiatement retenu était sorti avec une demi-seconde de retard. La sensation de brûlure devait être intense et arrivait au cerveau seulement maintenant. J'eus un peu pitié d'elle, d'autant qu'elle se montrait bien obéissante, qu'elle ne bougeait pas ses mains comme je le lui avais ordonné. C'est ma main gauche qui se posa délicatement sur sa fesse douce et moelleuse et tenta de l'apaiser légèrement en l'effleurant à peine, la caressant comme du papier de soie.

Je lui dis doucement :

— Est-ce que je peux continuer, ou vous préférez déclarer forfait ? Je comprendrais, même s'il n'en reste que trois, même si vous vous êtes engagée à aller jusqu'au bout : je ne suis pas un bourreau.
— Non… Je veux bien continuer mais… un peu plus doucement, sans quoi je ne tiendrai pas, c'est sûr.
— C'est vous qui voyez ; je veux bien vous faire grâce des derniers, même pour trois.
— Non, je veux terminer. C'est moi qui l'ai voulu, je vous l'ai demandé : je ne vais pas me dégonfler si près de la fin. J'aurais peur de regretter d'avoir abrégé cette expérience que je n'aurai peut-être jamais la chance de renouveler.
— OK. Je vais doser. Je ne veux pas vous dégoûter. Une si bonne élève, ça serait dommage. Surtout avec un aussi beau cul…

La flatterie marche presque toujours avec les femmes. Elle eut comme un rire de gorge, cherchant à masquer une fierté mal placée (quand je dis « mal placé », je veux dire « placée juste en dessous de ses reins »…).

— Allez, ma belle, remettez-vous en position.

De bonne grâce, elle obéit et se pencha de nouveau, cambra gracieusement son beau cul.
Cherchant à diminuer ma force, j'assénai le suivant tout au bas de sa croupe, la lanière claquant sur sa fesse gauche. Elle cria, mais moins fort. J'étais sur la bonne voie.

Je changeai de côté afin de terminer l'ouvrage, me positionnant cette fois bien à côté d'elle afin de réussir à bien barrer les deux fesses d'une marque bien horizontale.

— Prête pour les deux derniers ?
— Je suis prête, Monsieur.

Je mesurai mentalement la trajectoire que la lanière plate allait suivre jusqu'à son impact sur son imposant fessier, et je le levai le bras avec précision. La strappe claqua après une course sèche. La dame serra les dents :

— Hummmp !
— Allez, la dernière. Vous êtes une femme courageuse, et très digne. Je vais vous administrer cet ultime coup de strappe de façon un peu plus forte. Ça sera votre dernier ; vous n'aurez plus à souffrir ensuite. Savourez-le bien… lui dis-je d'un air entendu et un peu cynique, en appuyant bien sur ces derniers mots.

Je vis son échine se tendre. Elle se cambra délicieusement, offrant son gros derrière déjà bien zébré de rouge au châtiment. Je trouvai cette intention, cette offrande, terriblement érotique, infiniment excitante. J'appréciais le geste, et je me disais que la dame devait avoir un penchant masochiste non négligeable.

Je la fis mariner un peu. Je me plaçai, rectifiai plusieurs fois ma posture, mesurant en fermant un œil la bonne distance, la bonne trajectoire : sur ce bon gros fessier, le dernier impact, je ne devais pas le louper. Je pris un bon élan et la strappe s'abattit en biais, en travers de ses grosses fesses, avec un bruit sinistre et sec qui emplit toute la pièce.

SCHLAAK !

— AAAH, AAAH ! cria-t-elle, cette fois en se frottant les fesses à deux mains.

Quand elle se retourna, je vis qu'elle avait les yeux brillants. Elle me faisait face, ne cherchant pas à me cacher son mont de Vénus proéminent et bien émouvant, véritable aimant pour une main avide. Je dus me retenir pour ne pas refermer ma main dessus et le presser comme un fruit juteux. Je pris son menton entre mes doigts et déposai un baiser sur sa bouche.

— C'est bien, vous êtes une femme courageuse. Vous avez voulu connaître l'effet de la strappe et vous êtes allée jusqu'au bout. Vous pouvez être fière de vous ! Vous m'avez fait confiance, et ça me touche. Vous savez, c'est drôle, mais les femmes réagissent différemment d'une à l'autre à la strappe. En tant qu'expert en la matière, je les ai classées en plusieurs catégories. Il y a les hurleuses, qui poussent des cris terribles et stridents ; les colériques qui jurent, crient des grossièretés, voire trépignent de rage ; les pleurnicheuses qui chialent comme des gamines, émettent des petits gloussements de poule avec des sanglots étouffés ; les muettes, très rares (terriblement endurantes, qui grimacent, se tortillent un peu mais n'émettent aucun son hormis à la fin, quand elles n'en peuvent plus, sous forme de petits jappements ténus) ; et puis, dans la moyenne, des femmes mais qui ne sont pas les plus nombreuses : les courageuses, qui s'expriment, mais encaissent quand même bien, sans vraiment se plaindre. Je vous place dans cette catégorie-là, et je vous en félicite.

Elle répondit en riant, sous le coup de l'émotion, sa voix tremblant un peu :

— Je vous remercie. C'était très excitant… mais c'est aussi très douloureux. Je ne recommencerais pas ça tous les jours. D'ailleurs, je ne suis pas sûre de recommencer un jour.

Là-dessus, je la vis se frotter les fesses, puis elle alla se placer devant une vieille psyché qui ornait un coin de ce débarras, se tourna et essaya tant bien que mal, en se contorsionnant, de regarder ses fesses dans le miroir.

— Oh là là, vous ne m'avez pas loupée ! Quelles traces… ça fait peur.
— Laissez-moi voir. Vous êtes bien marquée, en effet, lui dis-je en lui passant la main sur les fesses, tout doucement car ça devait être terriblement cuisant. Vous avez de belles marques rouges bien nettes ; l'une a commencé à bleuir.
— Ça ne va pas rester ? demanda-t-elle, l'air inquiet.
— Non, rassurez-vous. Vous en avez juste pour deux à trois semaines ; ensuite, tout disparaîtra.
— Je ne saigne pas ?
— Non, bien entendu ! Si j'avais vu le moindre début de blessure, j'aurais stoppé immédiatement. C'est une règle absolue.

Mes doigts s'attardaient sur ses fesses capitonnées ; elle s'était légèrement penchée en avant pour me laisser regarder. Moi, je m'étais accroupi et j'avais une vue bien émouvante sur sa jolie fente. Ses lèvres sexuelles bâillaient légèrement et semblaient légèrement humides de rosée. J'effleurai du bout de mes doigts le dessous de ses fesses, le derrière de ses cuisses qui étaient bien replètes et très blanches également, approchant le bord de la vulve presque à la toucher.

— Humm… murmurai-je, vous avez vraiment un beau cul, même s'il est pour le moment bien coloré. On voit là le cul d'une petite fille qui n'a pas été sage ! rigolai-je. Et vous avez aussi de belles cuisses… et une belle chatte ! dis-je en me relevant, lui faisant bien comprendre que je m'étais bien rincé l'œil, que je n'avais pas maté que ses fesses, et que je n'en avais pas perdu une miette.

La dame semblait bien émue.

— En tout cas, je suis satisfait de mon achat, lui annonçai-je joyeusement. On peut dire qu'elle est efficace, ne blesse pas, fait de belles marques, est très maniable… et tout ceci après tant d'années à avoir servi ! Oh, elle a dû en fustiger, des culs… et de toutes sortes ; ceci est très émouvant, vous ne trouvez pas ?
— Oui, acquiesça-t-elle en souriant.
— Et je trouve l'antiquaire que vous êtes très professionnelle, puisque vous allez jusqu'à faire essayer au client son acquisition !

Là, elle rit de bon cœur.

— Oui, mais je n'ai pas été jusqu'à vous la faire essayer avant… Vous l'aviez déjà payée, elle était à vous.

« Ce fessier aussi, j'aimerais beaucoup qu'il soit à moi… » pensai-je.

— Humm, c'est vrai, j'avais remarqué. Mais alors, c'était du vice ?!

Elle riait. La tension nerveuse liée à l'anxiété et à l'attente durant la flagellation avaient disparu, et elle était en train de se reculotter (avec précaution, tant la peau de ses fesses devaient être sensible).

— Bon, conclus-je, je comprendrais que je vous n'ayez pas envie de recommencer cette expérience, mais par contre, sachez que lorsque vous n'aurez plus aucune douleur ni aucune marque, si vous le souhaitez, j'aurais beaucoup de plaisir à vous fesser. C'est beaucoup moins douloureux – même si ça peut être très cuisant – mais c'est très progressif, très érotique, et je suis un maître en la matière. Je vous imagine, entièrement nue, à plat-ventre en travers de mes genoux, hummmm… C'est quand vous voudrez ! Tenez, je vous redonne une de mes cartes de visites ; ne la perdez pas cette fois, lui dis-je avec un clin d'œil tandis que je m'apprêtais à tourner les talons et m'en aller.
— Merci, je vais la garder précieusement.
— Au revoir ; vous êtes une merveilleuse, une délicieuse antiquaire.

Et comme elle restait debout devant moi, un peu figée, me regardant avec des yeux émus ou peut-être attendris, je m'avançai d'un pas, lui pris le menton et l'embrassai. Sa bouche s'ouvrit et nos langues se mêlèrent dans un baiser profond qui dura plusieurs longues secondes. Je lâchai sa bouche et me reculai en caressant son visage, puis lentement je me retournai et me dirigeai vers la porte.

— Au revoir… me dit-elle assez doucement.

Puis avant que j'atteigne la porte, elle s'empressa d'ajouter, plus fort :

— Je vous appellerai !

Je partis en souriant. Je ne voulais pas me bercer d'illusions, mais quelque chose me disait qu'elle le ferait un de ces jours.


Plusieurs mois après, mon assistante m'appela pour me dire qu'une dame – une antiquaire – avait cherché à me joindre en appelant au numéro que je lui avais laissé. Je me rappelai évidemment de ma belle, pulpeuse et mûre antiquaire blonde, et avec émotion me remémorai la façon dont j'avais essayé sur elle la strappe en cuir qu'elle venait de me vendre. Je la rappelai donc le jour même, dans la soirée.

— Madame M. ? Bonsoir, je suis monsieur Lazarius L. Vous avez essayé de me joindre aujourd'hui…
— Oui, bonsoir Monsieur. En effet. Voilà, je voulais savoir si vous étiez toujours intéressé par des objets anciens.
— Oui, bien sûr. Enfin, il faut voir…
— Oui, bien entendu. Je vous appelle parce qu'en Normandie j'ai pu en récupérer tout un lot dans une vente aux enchères. Cela va du petit meuble à divers objets rustiques.
— Comme je vous l'ai dit, il faut voir. Pourquoi pas ?
— Par contre, ils sont là-bas. J'ai conscience que ça fait loin ; cent-soixante kilomètres de Paris. Je vous propose de venir voir parce qu'il y a pas mal de choses… enfin, si vous avez l'occasion et la possibilité de venir un week-end. Personnellement, je n'y vais pas toutes les semaines ; mais si vous le souhaitez, vous me dites quand, et je m'adapterai.
— OK. Patientez, je regarde mon agenda. Mais ça sera plutôt un samedi : les dimanches, je suis très pris.
— Bon… D'habitude, j'ouvre ma boutique à Paris le samedi. Mais je pourrai peut-être m'arranger, trouver quelqu'un pour la tenir… exceptionnellement.
— Le 20 avril, ça serait possible. Pas avant. De toute façon, quitte à aller en Normandie un week-end, je préfère attendre le printemps pour profiter de la région. Je connais, mais il y a bien longtemps que je m'y suis rendu.
— Oui, ça irait. Je m'arrangerai. De toute façon, Monsieur Lazarius, je vous invite à déjeuner chez moi ; vu les kilomètres que vous allez faire, je peux quand même vous offrir le couvert !
— Oh, mais avec plaisir ! Je me sens obligé d'accepter.
— Entendu, alors. Je vous enverrai l'adresse par SMS au numéro de portable que vous m'avez donné.
— Parfait, Madame M. Alors au 20. Sans faute.
— Entendu. Au 20. Bonne soirée.
— Bonne fin de soirée, Madame M.

Je me demandai quelles vieilleries Madame M. avait bien pu dénicher à la campagne. Je ne m'attendais pas à trouver quoi que ce fût d'intéressant. Mais bon, j'avais accepté d'autant l'invitation que, premièrement, c'était une petite femme appétissante, et que, deuxièmement, nous nous étions quittés la dernière fois sur ma proposition de la fesser quand ça la tenterait.

Il est vrai qu'elle ne m'avait pas appelé pour ça, mais les femmes sont souvent très fines, et rarement directes. Et puis, elle aurait sans doute eu peur d'essuyer un refus si elle m'avait demandé de venir la fesser à cent-soixante kilomètres de Paris alors que je pouvais très bien le faire dans la capitale au lieu de perdre quatre heures aller et retour sur la route.

Elle m'envoya donc deux jours après un SMS pour m‘indiquer l'adresse, et un autre le 17 pour me dire qu'elle m'attendait à midi (histoire de me rappeler, l'air de rien, le rendez-vous : elle devait avoir peur que j'oublie).
Mais je n'avais pas oublié.