Fin de soirée mouvementée

Ce merci se perd dans un signe de la tête alors que je décarre vers le lieu indiqué. J'ai surtout envie d'être au calme pour réfléchir à ce qui me tourne la boule. Je me dis que je deviens cinglée. Un pote de mon mari me fait faire trois slows et je suis comme sur des charbons ardents… J'imagine – que dis-je, je suppute – une sorte de plan pourri entre les deux amis. Et puis je dois aussi me remettre de mes émotions. Parce que mine de rien, ce gaillard, à force de frotter contre moi son machin, il m'a mis le feu au… derrière. J'ai une suée pas possible. Et enfermée dans une cabine des toilettes, je constate que mon esprit a fait réagir véritablement mon corps.

Je me ravise en songeant que j'étais peut-être déjà dans cet état après les premiers pas faits en compagnie de mon Marc ; lui aussi s'est montré plutôt « chaud lapin » lors de notre passage sur le parquet. Bon, rien à redire puisque lui a un droit de cuissage permanent. Mais son pote ? Comment expliquer que lui aussi se soit mis à bander en m'entraînant dans les mesures orchestrées des musicos ? Et merde ! Je me fais sans doute un film. Alors je passe ma main sous l'eau tiède du robinet et m'en tamponne le cou. Je dois pourtant me rendre à l'évidence : je voudrais bien être rentrée… pour faire l'amour avec Marc.

Je refais le chemin inverse, traversant l'espace ennuité de la salle pour rejoindre les deux loustics qui viennent de se resservir. Ils m'ont aussi reflanqué une large rasade, et me voici dans l'obligation de trinquer avec les loulous qui semblent heureux. Je bois donc, trop rapidement, une nouvelle dose de plusieurs degrés d'un breuvage âpre puis je décide qu'il est temps de mettre fin à cette virée qui tourne à la cuite pour moi.

— Bon, Marc, il est temps que nous rentrions, tu ne crois pas ? Je suis lasse et j'ai sommeil.
— … ! Hein ? Tu veux que nous allions nous coucher ?
— Je ne sais pas pour toi, mais moi j'ai besoin de sommeil ; oui, je suis morte, et puis picoler dans ces conditions…
— Pas de souci, Marc : Maurine a raison. Nous pourrons refaire une sortie dans les prochains jours. Je suis encore là pour deux semaines, et vous deux un peu plus longtemps. Alors pas de souci particulier.

Ouf ! Il est de mon côté dans cette affaire, alors nous reprenons le chemin de sa maison. Il conduit avec un taux élevé d'alcool mais ça ne me préoccupe pas plus que cela. Je n'y songe que lors de notre arrivée sur le parking où nous nous rangeons.

— Merci pour cette délicieuse soirée, merci à vous deux.
— Attends, Lilian ; tu ne vas pas filer comme ça. On s'en jette un petit dernier encore avant que tu rentres chez ta mère ?
— Ben… j'ai passablement abusé de scotch… et si je siffle un verre de plus, je ne vais plus pouvoir conduire.
— Bien, Messieurs ; je vous laisse à vos petites histoires de bons soldats. Je vais faire dodo.
— Tu nous abandonnes, Maurine ? Pour te remettre les idées en place, et à toi aussi Lilian, je vous propose d'aller piquer une tête dans ta si belle piscine.
— Tu deviens fou, Marc, tu as trop bu ! Un bain de minuit ? Avec ce que nous tenons tous les trois, c'est pure folie. Enfin, faites comme bon vous semble, je file me pieuter. Bonne fin de nuit, Lilian, et sois prudent sur la route.

Je plante là les deux énergumènes, copains comme cochons. Des retrouvailles somme toute sympathiques pour ces deux-là qui ont des choses à se raconter et je me dirige vers la chambre. Elle donne sur la piscine ; j'entends les mecs qui parlent fort, qui rigolent aussi. Il faut dire que la nuit, les sons résonnent plus que le jour. Je jette un œil dans leur direction : ils sont sagement assis sur les transats qui bordent le plan d'eau, à quelques mètres de l'endroit où, en fin d'après-midi… nous avons fait l'amour Marc et moi. Et la pensée de ce qui s'est passé me remonte vers la gorge en me serrant les tripes : visiblement, mon envie est toujours là. Et Marc qui garde son pote… Alors je me déshabille, un peu frustrée. Je peste intérieurement contre ce mari qui n'a rien vu, rien compris. Les volets ne sont pas tirés, et à aucun moment je ne pense que, dans le rectangle de lumière qu'ils peuvent apercevoir, c'est tout mon corps nu qui doit se montrer à leurs regards. L'alcool, bien mauvais conseiller, est encore moins bon pour la mémoire ou la jugeote. Les voix s'estompent dans le silence de la chambre.

Endormissement, ou seulement parce que les hommes ne parlent plus ? Je m'en fiche ; je suis bien, étendue sur un drap frais, et dans la nuit qui peu à peu prend le dessus reviennent les senteurs, et j'arrive même à distinguer les cymbalisations des cigales qui font la réputation de cette région de France. Dans mon esprit les images s'emmêlent, et je suis fiévreuse. Combien de ventres mâles de ces bestioles – plutôt ternes, du reste – se frottent-ils contre les arbres dans le but d'attirer une dame ? Et c'est bien le mien, de « bidou », qui remet sur le devant d'une scène inconsciente mon besoin de câlins. Toujours cette amplification due à l'absorption de trop d'alcool ? Dans ma semi-torpeur, des doigts inconnus se frayent un chemin sur chaque centimètre carré de ma peau.

Le résultat de cet imaginaire débordant ne se fait pas attendre ; je fais un grand retour dans le monde réel, et ma main qui tâte la couche n'y découvre que le vide de l'absence de Marc. Mince alors ! Où est-il passé ? Pas moyen non plus de savoir avec exactitude si j'ai dormi longtemps ou pas. C'est donc le cerveau enfermé dans une bulle de gaz et à pas chancelants que je cherche mon homme. Première escale, la cuisine. Tout y est bien rangé, mais point de Marc. Mes pieds nus sur le carrelage n'arrivent pas à me rendre un peu de fraîcheur. Je suis en nage. Et sur mon front, les perles de sueur dégoulinent.

Sans doute est-il encore au bord de la piscine. S'y est-il assoupi après le départ de son ami ? Béatement, je fais ces enjambées qui me propulsent en zigzaguant vers le bassin. Bingo ! Dans la nuit étoilée, je vois sa silhouette sur la chaise longue. Mais mon but n'est pas d'aller immédiatement le rejoindre. Non ! Je suis là pour me rafraîchir, et l'eau bleu-nuit m'attire. Dans le plus simple appareil, je me détourne de l'endroit où dort cet amour de ma vie. Je m'assois sur la margelle, trempe le bout de mon ripaton dans la nappe de flotte, et je me glisse tout entière dans cet énorme bain.

C'est comme une immense caresse. Des milliers de picotements assaillent mon épiderme. Un vrai bonheur ! Et je nage seule dans la nuit. La forme sur le transat ne bronche toujours pas, contours flous de ce bonhomme que j'ai dans la peau. Alors, par jeu – par bêtise également, je me sens si bien, et mon envie est si violente – j'éclabousse avec un grand rire ce corps avachi dans une position très peu académique. Réveillée soudainement par l'eau reçue, la forme se meut lentement.

— Tu viens me rejoindre, flemmard ? Tu rêvais de moi, j'espère… Viens, viens, elle est bonne ! Il est reparti depuis longtemps, ton ami Lilian ?

Les pourtours pas très nets de la silhouette, toujours à demi-allongée sur le long siège, gesticulent, et c'est en riant que je m'éloigne de ce bord où je m'attends à ce que Marc plonge rapidement pour me rejoindre. Je ferme les yeux et me coule entre deux eaux, histoire de goûter un instant encore à la volupté de sentir l'élément liquide qui ne calme en rien mes plus bas instincts. Quelques longueurs de bassin, et j'ai vaguement conscience des éclaboussures qu'engendre le plongeon de Marc qui se jette à l'eau. Il se décide enfin à se joindre à moi ? Je lui donne quelques secondes de répit et je fonce, de toute la force de mes petits bras, vers l'endroit approximatif où il a fait son entrée dans le bouillon.

Son corps est juste entre moi et le ciel, dans la maigre clarté que dilue tout juste la masse de flotte. Je suis d'humeur chamailleuse, là. Taquine aussi, et je fais tout pour aguicher mon mâle. Je me glisse le long de son ventre, me frottant à son corps allongé dans une position de nage ; il tente d'éviter une caresse trop directe. Je recommence quelques secondes plus tard l'opération séduction aquatique, et ma charge cette fois-ci se fait par le flanc de mon bonhomme. Nouvel écart pour se dégager d'une étreinte possible. Alors le bord est là, et je m'y agrippe dans l'attente de sa venue. Pourquoi va-t-il s'ancrer à plus de deux mètres du lieu où je suis ?

Ce ne sont plus les gouttes de sueur qui me coulent dans les yeux : elles sont remplacées par l'eau que ma tignasse a emmagasinée lors de ma nage, et je crie presque dans sa direction tout en progressant, toujours accrochée à la margelle, vers lui…

— Bon sang, Marc ! Je crève d'envie de faire l'amour. Tu ne veux pas me baiser ? Ce sont les retrouvailles avec ton pote qui te font cet effet ?

Aucune réponse de sa part. Comme je suis près de lui, je m'écarte du bord pour mieux me lover contre ce dos dont je ne distingue pas grand-chose. Ce n'est pas exactement sur son torse que mes mains folâtrent, mais plus bas sous la ligne de flottaison normalement admise. Et dans le maillot de bain, mes doigts tripotent à travers le tissu la bête qui ne sommeille plus.

— Et tu veux passer avec de pareils atouts ? Dis donc, tu n'as pas l'alcool amoureux, mon chéri…
— Ben… c'est-à-dire que…

La voix, celle qui entre dans mes tympans, j'ai du mal à l'entendre. Je reste figée de surprise, d'autant plus qu'à environ deux mètres de nous, droit comme un « I » sur le bord de la piscine, une seconde silhouette se dresse. Je réalise que je viens de faire une bourde énorme : celui dont mes pattes serrent le sexe, ce n'est pas mon Marc… je dois devenir rouge comme un coquelicot. Comment ai-je pu faire une erreur aussi monumentale ? Ma paume desserre son étau et lâche la queue qui est bien enflée… Je me coule au fond de l'eau pour oublier le monde qui m'entoure. La nuit est-elle la cause de ma bévue ? Pas certaine… La picole, peut-être ? Ma bêtise, sûrement !

Pourquoi mon esprit n'a-t-il jamais assimilé le fait que Lilian pouvait ne pas être reparti ? Et puis, quelque part, c'est à Marc que j'en veux. Oui, à lui, mon petit mari chéri, de ne pas être venu me rejoindre. Où était-il pendant que je le confondais avec son copain ? Tout va très vite dans ma caboche. Une seconde gerbe multiplie les bulles d'air autour de moi. La forme qui s'approche cette fois, c'est lui. La main qui agrippe mon poignet me force à remonter respirer à la surface. Je suis confuse, anéantie aussi. Une longue inspiration, et je bredouille deux ou trois mots que personne ne peut comprendre. Marc me serre fort contre lui alors que nous flottons comme deux bouchons à un mètre cinquante du bord. Toujours scotché à la margelle, Lilian ne bronche pas. Et je songe soudain que je suis… à poil, complètement.

— Je… je croyais que Lilian était rentré chez sa mère.
— Il n'y a pas mort d'homme, tu sais, ma chérie.
— C'est ta faute, aussi… Où étais-tu passé ? Pourquoi ne m'as-tu pas rejointe dans notre chambre ?
— Un peu bourré, et puis je n'ai surtout pas voulu te réveiller. Je me suis allongé sur le canapé, et c'est le bruit d'un plongeon dans la flotte qui m'a réveillé. Je me doutais bien que tu avais eu envie de te baquer. Alors je me suis dit que…
— Et moi, j'ai pris Lilian pour toi… un peu sous l'emprise de l'alcool. Je suis… désolée.
— Ne le sois pas : il doit être content.
— Content ? Pourquoi devrait-il l'être ?
— Ben, une jolie femme qui te tripote, c'est toujours agréable. Et puis… zut, nous sommes en vacances, et c'est fait aussi pour s'amuser. Ne sois pas vieux jeu : je ne vais pas m'offusquer ou te virer parce que tu as eu un moment d'égarement.
— … ? Quoi ? Il ne s'est rien passé non plus, je t'assure.
— Oui, je sais. Mais j'ai bien compris ton message ; ton envie de faire l'amour et… oui, je veux bien te baiser comme tu l'as dit si joliment à mon ami Lilian.
— Mais… c'était parce que je le prenais pour toi…
— Et alors ? Peut-être qu'il serait ravi, lui, de… voir. De participer un peu, aussi…
— Attends ! Tu n'es pas sérieux, là, Marc ! Tu ne me proposes tout de même pas de baiser devant ton copain, pire de le faire avec lui ?
— Ça te dérangerait ? J'en ai toujours rêvé, et puis tu sais, c'est un fantasme très répandu de songer à voir sa femme… avec son meilleur ami.
— Bon, je crois qu'il est temps que je retourne me coucher.
— Cette fois, c'est à ton tour de passer avec un jeu pareil ? Tu as toi aussi tous les atouts pour gagner cette partie. Mais tu as seulement peur.
— Arrête… tu dis des conneries.
— Viens, viens alors. Regarde, je ne suis pas venu les mains vides.

Il me serre toujours dans ses bras et me fait avancer vers son pote. Près de celui-ci, je distingue vaguement trois verres et une bouteille qui se découpent sur le fond sombre d'un ciel où brillent quelques éclats lumineux. Mince alors ! Il dit vrai ? Et je me sens plutôt confuse de recroiser les quinquets de notre hôte. Heureusement que l'obscurité est mon alliée la plus fidèle.

— Bon, Lilian, Maurine tient à s'excuser. Elle nous a confondus dans le noir et… elle pensait s'adresser à moi.
— Il n'y a pas de mal. J'avais bien saisi cela dès le début et j'ai tout fait pour la tenir éloignée le plus possible de moi.
— Ne t'inquiète pas ! Je peux te poser une question ? Tu y répondras franchement ?
— Ben, dis toujours…
— Dis à Maurine quel est le fantasme le plus répandu chez les mecs.
— Chez… oh, je pense que beaucoup aimeraient voir leur femme avec sa meilleure amie… enfin, un plan à trois, en somme.
— Et le tien ? Tu nous le dirais là tout de suite ? Parce que je présume que ma petite femme ne te laisse pas indifférent…
— À vrai dire, il m'a fallu un certain courage pour résister tout à l'heure, je l'avoue.

Le fard monstrueux que je pique est, par chance, invisible des deux hommes et je me mets sur le dos pour sortir le plus loin possible de ceux-là qui me suivent des yeux. Heureuse finalement que la nuit devienne ma complice grâce à sa noirceur pour cacher mon anatomie à ces deux mecs qui imaginent Dieu sait quoi ! Je quitte le bain par l'échelle adéquate. Les mètres qui me séparent de mes voyeurs sont-ils suffisants pour que mon derrière reste flou à leurs yeux ? Je n'en sais rien, bien que je prie vraiment pour cela, et c'est pratiquement en courant que je m'engouffre dans la maison par la baie du salon toujours entrouverte.

La honte ! Une putain de honte qui me gagne, et avec elle une sorte de rage froide. Salauds de bonshommes ! Je passe de la chambre au lit froissé à la douche attenante. C'est bon, cette mousson tiède qui me dégouline sur le corps. Elle me donne tout loisir d'analyser une drôle de situation. Comment me suis-je fourrée dans un pareil guêpier ? C'est dingue ce que je peux faire comme conneries dès que j'ai un coup dans l'aile. Et puis, merde après tout… c'est aussi Marc le responsable : sans cette sortie avec son vieux copain, je n'aurais pas liché trop, et puis nous aurions pu faire l'amour avec un certain plaisir. Ce qui ramène la foutue envie qui me tord le ventre, au premier plan de mes préoccupations actuelles.


À force de me tourner et retourner sur le pieu vide du côté où normalement Marc dort, je me sens prise au piège d'un désir de plus en plus mordant, et il ne me faut guère plus que quelques minutes pour laisser errer mes pattes, d'abord sur ma poitrine, puis plus bas vers le buisson de toutes les chaleurs. Merde ! Je débute donc une branlette qui avorte sans cesse. Alors, emportée par une fièvre dévorante, je me dis que le plus simple est d'aller chercher celui qui peut mettre un terme à mes tourments. Comme je n'entends plus aucun bruit dans la maison, c'est seulement couverte d'un déshabillé ultra transparent que je déambule vers le salon où je pense que mon homme a de nouveau élu domicile.

Je ne sais pas trop si je suis sur la bonne voie. Enfin… je devine plus que je ne la visualise, la forme allongée sur le canapé. Dans le noir quasi total, j'appelle doucement, d'un filet de voix, le dormeur :

— Marc… Marc… viens au lit !

Aucune réponse, sauf un ronflement régulier, presque lourd. Bon, mon petit mari a donc réussi à s'enivrer et me voici le bec dans l'eau. Seule avec mon désir qui me tortille les entrailles. Tant pis ! Il me faut faire le chemin inverse et retourner me coucher, dépitée et en colère. Comment est-ce possible de se pinter la ruche alors que nous sommes le premier soir de nos vacances ? Ce n'est pas de cette façon que j'envisageais ce moment. Et foutue baraque où je ne sais plus trop où je suis, et où je vais non plus. Bon, je pousse la porte et m'assois sur le pieu. Je retire lentement le voile léger que je balance de rage sur le sol. Quel idiot ! Et je m'étends sur le lit, me recroqueville en chien de fusil, museau tourné vers le mur où le rectangle de la baie me renvoie les quelques étoiles qui parsèment le firmament.

Un léger raclement m'avertit soudain : Marc s'est tout de même réveillé et il arrive. Ma rancune s'efface aussi vite qu'elle est montée en moi, mais je ne veux pas lui donner la satisfaction de lui faire voir que je l'espère. Et sûrement pas pour roupiller ! Le poids du corps qui s'installe à mes côtés et la main qui s'appesantit sur ma hanche, un vrai sursaut, un coup de fouet qui fait grimper mon palpitant dans les tours.

Il a les pattes fraîches et sa caresse est maladroite, mais elle vaut bien que je ne bouge plus. Il n'y a pas de petites ou grandes occasions d'être câlinée : tout me convient, du moment que c'est fait avec douceur, tendresse ; avec amour en quelque sorte. Et les doigts s'égarent déjà dans le sillon qui partage mes fesses : il n'a donc pas l'intention de prolonger des préliminaires inutiles. Parfait ! Au moins aurai-je un orgasme rapidement alors que je suis depuis quelques secondes en liquéfaction, côté sexe. Ça déborde d'une lave d'envie. Il ne s'y trompe pas, et je le trouve bien dégrisé pour être aussi précis. Seules nos respirations trouent le silence de la maisonnée.

Je me laisse bercer par les attouchements et suis contente de sentir qu'il se frotte contre mon derrière, surtout que ce que je sens contre mon cul est… de bon augure. J'écarte plus encore mes deux cannes sans pour cela changer de position. Toujours sur le flanc, nez planté dans l'oreiller, il me suffit de lever simplement le pied qui se tient au-dessus. La main de Marc soutient finalement ma cuisse pour garder la fourche entrouverte, et il insiste en guidant sa pine le long de ma chatte ainsi offerte. Il cherche l'entrée du Saint des Saints, et lorsqu'il la découvre, d'une petite bourrade il investit les lieux.

D'abord, je suis totalement électrisée, puis je cherche un second souffle. Lui s'est enfoncé jusqu'à la garde dans la gaine satinée dont la queue écarte les chairs, et il demeure ainsi bloqué en butée tout au fond. Je cherche de l'air, respiration coupée, suffoquée par cette pénétration sans fioriture. Et c'est ensemble que nous gloussons d'aise.

— Hum… depuis le temps que je te désire. Pourquoi n'es-tu pas venu plus tôt, Marc ?
— Mmm !
— Ben quoi ? Tu es encore trop bourré pour parler ? Oh ! Et puis zut, baise-moi. Oui, vas-y, baise-moi fort. J'en crève d'envie. Tu sais… j'ai pris ton pote pour toi dans la piscine… et lorsque nous avons dansé ensemble plus tôt dans la soirée… il bandait. J'ai bien senti sa… Oui, ton ami m'a émoustillée, et je crois que… Oh ! Vas-y ! Plus fort, oui ! Lime-moi profondément… vas… vas-y !

Il ne se fait pas prier alors que mes paupières se ferment sous la tension qui monte dans tout mon corps. Je rejette ma caboche en arrière car je veux absolument goûter aux lèvres de mon baiseur. Ma main vient se poser sur sa joue, et d'un coup je suis tétanisée ! Affolée aussi à l'idée qui me traverse d'un coup l'esprit, mais je suis empalée sur le gourdin qui me taraude en cadence, de plus en plus vite. Et les claquements du ventre contre mon cul résonnent désormais dans la chambre. Le sang s'est retiré de mon visage. Je sais. J'ai compris, et me culpabilise. Pourtant, je ne rue pas dans les brancards, je veux aller au bout de ce qui se passe.

Je ne cherche plus à embrasser celui qui me laboure le ventre. Par contre, les mains qui viennent en conques sur mes seins, je ne les rejette pas, pas plus que je ne lui demande de stopper notre duo. Bizarre, cette réaction qui me donne mauvaise conscience et d'un autre côté me fait me vautrer dans la baise en cours. Parce que je reconnais volontiers que… c'est trop bon, trop bien. Mon sexe ne s'y trompe pas, lui, et les signaux d'un orgasme proche mettent déjà en alerte tous mes nerfs. Je griffe, creuse des sillons de mes ongles dans tout ce que je peux accrocher de peau de celui que je reconnais comme Lilian.

Plus de remords, et encore moins de regrets. S'il est là, c'est que ça devait arriver, et je ne vais pas non plus me taper la tête contre les murs. J'arrive même à m'en remettre, et ma conscience me dicte qu'après tout c'est peut-être ce que Marc souhaitait depuis un moment. Je me dis qu'il a peut-être aussi provoqué ces événements successifs pour en arriver à ce genre de plan. À moins que son ami ne soit un profiteur ? J'ai du mal à concevoir qu'il ait préparé un plan aussi machiavélique pour se retrouver seul avec moi. En tous cas je ne lui fais aucun reproche, et j'avoue que je force un peu mes gémissements pour qu'il insiste bien.

Combien de temps dure notre combat sexuel ? Quand a-t-il compris que je sais ? Et il me le prouve en me glissant dans le creux de l'oreille :

— Tu sais, Marc m'a demandé de venir te rejoindre !
— … Quand ?
— Après le coup de la piscine. Tu ne nous en veux pas ?
— Termine donc ce que tu as si bien débuté ; nous réglerons nos comptes ensuite.
— Oh ! Tu es fâchée…
— Non, mais il aurait pu m'avertir.
— Oui ? Tu n'aurais sans doute pas voulu que je…
— C'est fait. Il est trop tard pour revenir là-dessus. Mais il est vraiment bourré ?
— Non : il doit sans doute nous écouter dans son coin, par là. Il est peut-être aussi dans la chambre.
— Quoi ? Tu es là, Marc ? Montre-toi !

Un craquement du plancher, et je devine la masse sombre qui avance dans notre direction. La main qui vient caresser mon front… oui ! Il est là. Et il s'assoit sur le bord du lit alors que son ami continue ses va-et-vient langoureux. Je sens la louche de Marc qui cherche la mienne, et elle serre mes doigts alors que l'autre redouble d'ardeur. Puis c'est de la folie. Je pressens que mon mari vient de se mettre à genoux sur le bord de la couche. Ce sont dans un premier temps les effluves de sa bite qui me chatouillent les narines puis elle vient se coller contre mon visage. Il veut une pipe, je le jurerais… Mince ! Sous les coups de boutoir du gaillard qui me baise, j'entrouvre la bouche, et il a ce qu'il désire. D'une part je suis trombinée par son ami devant lui, même si nous sommes dans le noir, et je lui suce le jonc.

Je suis hystérique, j'ai chaud, j'ai envie, et ça me rend complètement dingue, cette situation ubuesque. Ce n'est plus un duo qui se meut sur la couche, mais bien un vrai trio dont je suis l'unique participante. Je ne trouve rien à redire, recevant tour à tour le sexe de l'un ou de l'autre. Prise sans crise par Marc aussi bien que par Lilian, je refuse cependant qu'un participant à notre fête des sens s'en prenne à mon œillet. C'est cependant la cible privilégiée de Marc.

À quatre pattes devant lui, je sens sa langue jouer avec mon orifice anal pendant que son pote, couché sous moi, me présente son vit à la becquée. Je suce donc ce Lilian qui, de son côté, me lèche la chatte tandis que que mon mari, lui, s'occupe avec un certain enthousiasme de mon trou de balle. Je garde dans les oreilles les bruits de succion, les souffles mâles qui se mêlent aux miens. C'est vrai que c'est divin d'être l'objet de toutes les convoitises de deux mecs en rut, et je suis en transe permanente. Pour jouir, c'est bien de tout mon saoul que je le fais, et eux ne sont pas en reste : mon corps est aspergé à plusieurs reprises de leur sperme, et j'en avale aussi une ou deux gouttes en suçant l'un ou l'autre.

Lilian me fait sentir sans un mot qu'il me veut allongée sur lui. C'est donc dans cette position que je m'empale sur la queue raide pour un assaut qui me fait grimper aux rideaux. Et c'est le moment que choisit mon petit mari pour réaliser son fantasme. Lorsque je sens sur mon anus la pression du gland qui s'y présente, je suis totalement dans un univers parallèle engendré par la possession plus académique de notre hôte. Je n'ai guère le choix de râler : à peine posé sur le cercle brun, que l'endroit humidifié d'abondance par Marc subit une longue intromission. Et c'est bien plus supportable que je ne l'aurais cru. Du reste, le ventre familier de mon homme se plaque sur mes fesses et demeure immobile.

L'incroyable sensation d'être élargie, et puis une autre plus singulière d'imaginer les deux bites qui naviguent à quelques millimètres l'une de l'autre me font partir dans un monde de couleurs variées. Je me pâme, et mes gémissements couvrent tous les autres sons ambiants. J'adore cette partie de jambes en l'air ; quant à mes deux étalons, ils ne s'en plaignent pas. Les positions sont toutes interchangeables, et ils reviennent inlassablement à l'assaut de ce ventre dont je leur laisse le libre accès. Baise en libre-service ; open bidon, en quelque sorte. Et aussi incroyable que ça puisse paraître, moi qui ai toujours refusé d'avaler la semence de mon mâle, je réclame à grands cris qu'ils se libèrent tous les deux dans ma bouche.

Il est certain qu'après tous ces excès et plusieurs vidanges successives, la quantité offerte n'est pas très importante. Malgré tout, pour la première fois de ma vie j'y découvre un plaisir salé-sucré et peux, du coup, avoir un point de comparaison. Il faut avouer que je n'y vois guère de différence, ni dans le goût, ni dans la texture. Mais eux semblent satisfaits de leur apprentie salope. Et les lueurs d'une aube naissante nous rappellent qu'il est temps de dormir un peu. Il m'est bien égal que, cette fois, les deux hommes dorment alors que je suis entre leurs deux corps.
Finalement, ce début de séjour loin de tout est un vrai plaisir !