Saison 2 : Une vie de loup

בראשית = Bereshit. Au commencement.

Au commencement, il y avait un loup. Un vieux loup. Un vieux loup solitaire.

Et ce loup errait dans les méandres d’un site libertin. Oh, ce n’était plus un vrai un loup fait de chair et d’os : au fil des années, il était presque devenu un esprit désincarné qui survolait un monde, virtuel peut-être, mais au sein lequel des passions bien réelles animaient certains membres de ce site. Beaucoup de passions malsaines, néfastes, funestes. Destructrices surtout…

À présent, à l’écart de la meute, il se remémore son enfance, puis son passage à l’âge adulte. Il revoit toutes ces jeunes femelles à peine pubères qu’il avait saillies, lui, l’Alpha, le mâle dominant ! Des dizaines et des dizaines… Et puis, la dernière d’entre elles, un peu plus âgée que les autres, avec qui il avait cru pouvoir trouver la stabilité : une magnifique louve adulte, resplendissante de beauté, qui dégageait une sensualité torride. La seule adulte avec laquelle il s’était accouplé. Mais les jeunes louves s’étaient liguées contre elle et l’avaient bannie, désireuses de prendre sa place enviée.

Pour autant, Lioubov – puisque c’était son nom – n’était pas revenu auprès des ligueuses pour les féconder, comme son rang l’y autorisait. Il errait, solitaire, à l’écart de la meute. Longtemps, il avait recherché sa favorite, mais sans réussir à la retrouver. Quatre années. Quatre longues années de chasteté ! C’en était trop pour lui.

Et puis, un jour, une jeune louve s’était intéressée à lui, ce vieux mâle solitaire. Une jeune louve – très jeune même – qui lui rappelait étrangement sa femelle Alpha ; c’est pourquoi il se rapprocha d’elle. Il s’en rapprocha tellement qu’ils s’accouplèrent au tout début de l’automne, elle, la jeune Jennifer, et lui, le vieux Lioubov.


Ces extraits font partie des e-mails que nous avons échangés, Jennifer et moi (Lioubov).

Pour plus de commodité, nous éviterons de répéter nos noms dans les messages qui suivent. Des messages, vous allez avoir l’occasion d’en lire beaucoup car il s’agit d’une histoire vraie, qui est une sorte de contrepoint à ce que vous avez pu lire dans la saison 1 de cette fresque, Une épouse presque fidèle.

Nous avons entretenu une correspondance assidue, tant avant notre rencontre du 24 septembre qu’après. Le total représente 155 feuillets. Oh, rassurez-vous : je ne vais pas vous les infliger tous ! J’en ai extrait certains passages qui se réfèrent aux loups. Non, il ne s’agit pas de zoophilie : il existe assez de sites spécialisés qui traitent de cette forme de sexualité particulière ; mais comme Jennifer et moi adorons ce magnifique – j’allais dire « animal » – être vivant, nous nous identifiions parfois à lui, ce qui aurait pu nous mener loin…

Donc, je disais que, pour plus de commodité, les e-mails de Jennifer apparaîtront en écriture italique tandis que les miens respecteront le format habituel (caractères romains).


Jennifer :
J'ai souvent eu l'impression que la danse nuptiale, séduction des animaux, est tellement plus évoluée et excitante que la nôtre. Je prends le loup pour exemple : ceux-ci se font une cour amoureuse et assidue pendant un à deux mois avant de s'unir dans un coït qui durera plus d'une heure, pendant laquelle ils échangeront tant de tendresse et d'amour…

Lioubov :
Je dois avouer que ton introduction (hmmm…) me touche beaucoup, Jennifer. Attention, je devrais me ressaisir : voilà que je deviens fleur bleue, moi, le Grand Méchant Loup (ou plutôt le Grand Léchant Mou, vu mon âge !)

Je n’ai encore jamais eu l’occasion de rencontrer le Grand Méchant Loup ; quant au Grand Léchant Mou, je ne le crains nullement (peut-être devrais-je me méfier tout de même…). Mais si tu pousses des hurlements de loup quand tu jouis, je t'adopte !

Alors, puisque ce loup te plaît, qu’attends-tu pour l’adopter ? Sinon, faute de foyer, il va errer dans les rues de Belfort en hurlant son désarroi…

Je l'ai déjà adopté, ce loup solitaire. Il est hors de question que je le laisse errer dans les rues de Belfort par ce froid automnal.

Merci de m’avoir adopté, Maîtresse que j’adore. Je viens te lécher la main avec ma longue langue de loup très douce pour t’en remercier. J’espère que tu as mis à ma disposition une niche bien confortable ? Et surtout que tu ne me jetteras pas à la rue une fois les beaux jours revenus !
Ton loup adoptif, Lioubov.

Mon Fidèle Compagnon,
Après m'avoir léché la main, je te serre dans mes bras et te donne des gestes débordants d'affection. Je ne laisserai jamais un loup dormir dans une vulgaire niche. Je te proposerai plutôt de dormir sur un tapis confortable, ou te laisserai une place accueillante près de moi, sur mon lit. Je m'endormirai ainsi entre tes pattes. Le loup est mon animal préféré, alors jamais je ne l'abandonnerai.
Il y a deux nuits, j'ai rêvé que je tombais amoureuse d'un homme qui avait la possibilité de prendre l'apparence d'un loup. Étrange, non ?
Je t'embrasse tendrement en faisant pénétrer mes doigts dans ton épaisse fourrure. Je t'emporte avec moi dans mes rêves tendres et érotiques. Douce nuit, mon Loup.
Je te serre fort dans mes bras pour me blottir dans la douce chaleur sensuelle de ton pelage.

Comme ta dernière phrase me fait du bien, Jennifer… Mon pelage doux et chaud est là pour te protéger du froid, et mes crocs acérés pour te défendre impitoyablement contre tous les autres dangers.

Il me plaît bien, ce loup. Il a la peau très douce et bien chaude. Des mains aux doigts de fée qui me donnent beaucoup de plaisir. Je le ferais bien hurler encore !

Ma tendre et chaleureuse Louve,
Il ne tient qu’à toi de le faire hurler encore, ce loup, Jennifer. Tu n’as qu’un mot à dire et il arrive (en frétillant de la queue). Au fait, tu m’avais bien dit que tu m’adopterais si je hurlais comme un loup ? J’ai cinquante-cinq secondes de hurlements dignes d’une meute entière, sur mon iPhone !

Ma Princesse Louve,
Comme je te le disais tout à l’heure, je me suis donné du plaisir en regardant nos ébats. Après avoir enduit mes doigts de salive afin qu’ils soient bien lubrifiés, j’ai reproduit exactement tes mouvements, en même temps que toi. Et je suis arrivé au même résultat ; mais cette fois-ci, c’était un duo de loups qui hurlaient leur plaisir !

Reine de mes nuits blanches,
Que se passe-t-il depuis le début de cette semaine ? Chaque nuit, je suis réveillé vers 2 heures du matin. C’est arrivé hier ; c’est encore le cas aujourd’hui. Tu m’as dit qu’il en a été de même pour toi, hier. Qu’en est-il pour cette nuit ? As-tu été réveillée toi aussi ? Rêves-tu si fort à un amant-loup que ton désir se transmet à travers l’espace pour venir perturber mon sommeil ?

Que mon rêve se réalise, dis-tu ? Si tu savais comme j'en rêve, de rencontrer cet homme-loup. Le jour où je le rencontre, je te jure que j'abandonne tout !
J'embrasse tendrement ta truffe.

Ma Louve…
Je vais faire des recherches dans mes grimoires au sujet de la lycanthropie. Même si je dois donner mon âme au Diable pour devenir le loup-garou de tes rêves, je suis prêt à le faire. Ainsi, je pourrai te faire l’amour à la fois sous une forme humaine et sous celle d’un loup, dont tu pourras sucer le membre émergeant de son fourreau avant de te faire prendre en levrette en hurlant ton plaisir dans la nuit étoilée.

Voilà une phrase super excitante qui me fait mouiller :
« Je pourrai te faire l’amour à la fois sous une forme humaine et sous celle d’un loup, dont tu pourras sucer le membre émergeant de son fourreau avant de te faire prendre en levrette en hurlant ton plaisir dans la nuit étoilée. »

Ma Louve perverse,
Je suis heureux que ces quelques lignes sorties tout droit de mon imagination ô combien sensuelle t’aient plu. J’aimerais bien être là lorsque tu te donneras du plaisir, demain matin, en les relisant. Mais peut-être qu’avec MSN… En tout cas, je vais m’intéresser sérieusement à la lycanthropie, si c’est un moyen de t’attacher à moi.

Je viens d’aller fumer une cigarette à l’extérieur ; la lune est pleine, mais je n’ai entendu aucun hurlement de loup. Juste le hululement des chouettes. J’avais envie de lancer un long cri dans la nuit, la gueule pointant vers les étoiles pour appeler ma louve en chaleur, cette petite femelle qui n’a qu’un seul défaut : celui d’appartenir à une autre meute. Elle est déjà accouplée, et sa tanière est si distante de la mienne…
Que la caresse de ma langue chaude et douce entre tes cuisses vienne t’éveiller avec une infinie tendresse, ma Louve…

Je t’avais dit que je voulais te dessiner en louve ; je viens de le faire, mais en me représentant également. Avec un crayon HB et mon petit doigt pour estomper, j’ai tiré la langue pendant deux ou trois heures pour arriver à ce résultat. Je m’en suis servi comme nouvel avatar sur le site ; mais tu l’as en fichier joint si tu veux voir ça en grand format.

J’ai tenté d’exprimer mes sentiments d’une manière différente, par ce dessin que tu dis aimer beaucoup, ce dessin qui en dit plus long que des milliers de mots d’amour ! Vois avec quel regard timide et tendre la louve lève les yeux sur son Alpha dans le regard duquel on lit une farouche détermination à protéger sa femelle ! Voilà comme je nous vois. Ce n’est pas pour rien que je l’ai intitulé « Nous ». Je t’aime, ô Jennifer, ma tendre, lascive, sauvage et impétueuse Louve !

Actuellement, je n’ai pas encore de louveterie chez moi mais – on ne sait jamais – je pourrais être amené à en installer une pour toi et les nombreuses portées de petits louveteaux issues de nos ébats (à condition d’utiliser l’orifice adéquat, si tu vois ce que je veux dire…)

La nuit et les rêves vont me ramener vers toi, ma Louve. Nous hurlerons ensemble notre plaisir insoutenable sous les étoiles… Je voudrais ne jamais me réveiller, et faire en sorte que ce rêve devienne réalité. Ah, comme je t’aime, ma Louve perverse…
Ma petite chienne, ma Louve, ma Salope ; ô toi, mon Grand Amour…

Je me relève pour te faire part de ce que je viens de vivre alors que j’étais déjà couché et que je pensais à toi ; j’imaginais ce que peut ressentir un loup et, en me concentrant (j’ai une très forte capacité de concentration), j’ai senti une étrange chaleur envahir mes membres qui se tendaient.
Ma mâchoire était crispée, et je la sentais s’allonger ; mes lèvres s’étaient retroussées en un rictus qui découvrait mes dents. Tous mes sens étaient en éveil, exacerbés, et j’ai grogné sourdement, comme un loup. Je me sentais loup.
Le plus curieux, c’est que j’ai répété cette expérience à quatre ou cinq reprises ; il me suffisait de penser « Je suis un loup ! » pour que ces sensations reviennent immédiatement et que je me mette à grogner. Maintenant, j’ai la mâchoire crispée depuis une demi-heure.
C’est impressionnant, et cela m’inquiète un peu. Suis-je en train de devenir fou ? Il fallait que je t’en parle. Si j’acquiers la capacité de me transformer, je ne veux pas que ça n’arrive qu’à moi seul. Nous sommes deux, et tu es ma Louve.
Oui, tu es cette Louve que j’aime !
Ton (presque) Loup

Ma louve effrontée et lubrique,
Imagine-nous, moi sous forme de loup, allongé sur le flanc pour te donner à voir l’extrémité pointue de mon pénis qui commence tout juste à pointer hors de son fourreau et toi, sous ta forme actuelle, agenouillée à côté de ce fauve puissant qui te couve d’un regard de braise en haletant déjà, sachant ce qui va inévitablement se produire…
Tes yeux ne peuvent se détacher de ce membre veiné de rouge qui prend de l’ampleur en se dégageant progressivement de sa gaine duveteuse.
Une goutte translucide perle à son extrémité. Tu t’en approches, fascinée, pour la recueillir précieusement sur le bout de ta langue…
Tu la gardes en bouche longtemps pour en savourer son onctueuse saveur sauvage, subtil équilibre alchimique entre le musc et des relents fauves de ton mâle dominant. Cette saveur est tellement grisante que tu ne peux résister à l’appel qui te force à t’approcher de la source de ce fluide aphrodisiaque pour t’en gorger.
Et ce n’est qu’une fois repue de ce nectar, dont des coulures maculent tes lèvres et s’égarent le long de ton cou gracile, que tu présentes ta croupe et ta vulve liquéfiée au mâle, à ce loup sauvage et magnifique qui est devenu ton Maître, pour qui tu as tout quitté.
Il te pénètre enfin, enfilant son long membre au plus profond de tes entrailles ; il te saillit avec une ardeur sauvage, et vous hurlez tous deux à la lune le plaisir insoutenable qui vous emporte pendant des heures bien au-delà de ce que les simples humains sont capables de ressentir.
Je t’aime tant, Jennifer…
Ton Alpha


Mais certains membres du site, jaloux du bonheur qu’ils affichaient aux yeux de tous, firent en sorte de les séparer.
Les forces du Mal accomplirent leur œuvre de destruction.
Et Lioubov redevint ce loup solitaire qu’il était quelques mois auparavant.


« Petite chienne… » Je ne m’étais pas trompé lorsque je t’avais accueillie par ces paroles, car tu n’es qu’une petite chienne. Surtout pas une Louve !
Une petite chienne se fait saillir par n’importe quel bâtard sur le trottoir, sous les yeux des passants, alors qu’une Louve digne de ce nom ne reconnaît pour seul Maître que son Alpha, auquel elle est soumise pour la vie, et avec lequel elle hurle son plaisir sous les étoiles…
Ah, comment ai-je pu te prendre à un moment pour une Louve ? Non, Jennifer, il faut te rendre à l’évidence : tu n’es – et tu ne resteras – qu’une petite chienne !
Pourquoi me suis-je laissé prendre aussi facilement à tes attraits, moi, le vieux loup solitaire ?
Pourquoi, comme un loup piégé, ne me suis-je pas rongé la patte pour me libérer ?

Sous la pâle clarté de la lune, les hurlements désespérés du vieux loup redevenu solitaire déchirent la nuit glaciale.
Et ses oreilles se dressent, attentives, attendant désespérément l’écho d’un gémissement de celle qu’il ne peut oublier.