Tranches de vie

Les deux dernières semaines de mars apportent le soleil et une montée des températures. Alizéa s’est approprié le cabanon, et il sait qu’il est chez lui. Allan aussi s’est beaucoup occupé de lui. Du reste, l’homme de la maison adore regarder à la dérobée la connivence qui existe entre son épouse et l’animal plein de grâce qui lui donne un sourire merveilleux. Rien de bien ostentatoire ; non, juste quelques mots murmurés, juste quelques flatteries d’une main câline. Les mêmes attentions pour un homme, il serait sans doute vraiment jaloux.

Il a passé de longues minutes à observer la main de sa femme qui, armée d’une brosse et d’une étrille, frotte le dos et les flancs de l’animal. Alizéa se laisse faire ; il semble même aimer cela. Dès qu’il aperçoit Léa, il s’avance vers elle d’une allure fière et cale son museau dans le creux de l’épaule de la jeune femme. C’est devenu un rituel, une complicité entre eux deux qui va en se renforçant. Tout autour de la maison, la campagne revit. Les arbres commencent à se rhabiller de dentelles vertes ; dans une palette de tons infinis, ils s’éveillent à la nouvelle saison.

L’animal n’a pas été encore monté. Elle a jugé que jusque là, rien ne pressait. Mais depuis un jour ou deux, elle en a fortement envie. Alors le mors est réapparu, mais il manque encore une selle. Le bourrelier qui la fabrique est un artisan ; il n’a pas encore totalement terminé. Pourtant ça commence vraiment à la démanger de faire un tour sur le dos de son ami ! C’est aussi étrange : quand Alizéa voit la tige métallique des rênes entre les doigts de la jeune femme, il ouvre la bouche comme s’il avait lui aussi l’envie de faire un trot avec elle. Léa lui a mis l’engin, l’a serré correctement, veillant à ne pas le blesser.

Assise sur le haut de la barrière de son corral, elle lui frotte le dos sans qu’il ne bronche. Ce dimanche arbore un soleil haut dans le ciel et une chaleur anormalement élevée pour un quinze avril. Allan est près d’eux, en short et en chemisette. Léa a mis une jupe courte, estivale, des vêtements légers pour un début de printemps plein de promesses. C’est vrai que si elle pouvait… elle monterait bien Alizéa. Ils passent pratiquement tout leur temps libre avec le cheval.

— Ça te démange de le monter, hein !
— Oui, il me tarde d’avoir ma selle, je l’avoue.
— Mais tu pourrais le monter à cru ; ça se fait, non ?
— Oui, bien sûr, mais les risques de chute sont nettement plus élevés.
— Tu crois ? Juste un petit tour, là sur le pré, sans courir ni aller dans la montagne. Tu veux essayer ?
— Arrête, tu me mets l’eau à la bouche… C’est de la torture !
— À toi de voir ; mais si j’aimais ça, je le ferais, moi, à ta place.
— Tu crois que je… que je peux ?
— Bien sûr. Fais-toi plaisir, bon sang, on n’a qu’une seule vie !

Léa hésite, regarde son mari, regarde Alizéa, et son cœur balance entre envie et crainte. Elle glisse sa main sur le dos du cheval impassible qui attend sans doute un geste d’elle. Alors elle redescend de la barrière, s’approche d’Allan.

— Je t’aime, Allan, je t’aime tellement ! Tu es le meilleur des maris.
— Ben, j’ai aussi une épouse exceptionnelle : ça avantage grandement !
— Je dois t’avouer que c’est aussi une histoire d’amour entre ce mec-là et moi…

En disant cela, elle a tend son index vers l’animal, et Allan réplique en riant aux éclats.

— Je le savais ! Et pour ce qui est d’être bien monté, je suis perdant sur toute la ligne. Je ne peux pas rivaliser avec cette paire de… et cette tringle-là. Voilà comment on perd au change : misez sur le bon cheval ou vous perdez votre femme !
— Grand fou, viens là. Embrasse-moi au lieu de dire des âneries !
— Des âneries ? Des chevaleries, tu veux dire ! Et puis attention : tu vas l’exciter, et imagine le braquemart…
— Allez, arrête tes bêtises, j’ai envie… d’un baiser.

Ils s’abandonnent tous les deux à ce bouche-à-bouche amoureux. L’homme, émoustillé par la tournure que prennent les choses, porte ses mains sur les avantages naturels dont dispose sa femme. C’est plutôt une femelle en cet instant. Avec seulement quelques mots échangés, elle lui a donné une trique d’enfer. Et il la presse contre lui, incrustant cette barre au fond de son ventre contre le sien. Léa souffle, le laisse faire, et sa culotte glisse le long de ses longues jambes.

— Te voilà bien rapide, Monsieur mon homme ! Aurais-tu envie de moi ?
— Penses-tu ! C’est seulement du cheval dont j’ai envie !

Ils repartent dans un fou-rire, sous les naseaux d’Alizéa. La main d’Allan palpe, flatte la croupe de son épouse. Elle gémit et se tord sous cette caresse impromptue.

— Attends ! Je voudrais faire le tour du pré avec lui… S’il te plaît, laisse-moi faire un tour sur son dos.
— Bon, tu as entendu, bonhomme ? Cette belle pouliche veut te grimper : elle te préfère à son mari.
— Nous ferons l’amour après, je te le promets.
— D’accord ; mais tu le montes vraiment à cru.
— C’est-à-dire ?
— Tu restes comme tu es : sans culotte. Et tu le fais galoper un peu. Surtout fais gaffe à ne pas tomber.
— Tu croyais que j’allais la remettre pour la retirer tout à l’heure ? Tu rêves, là !

Déjà Léa a remis un pied sur la première lisse de la barrière, et elle se trouve maintenant au sommet de celle-ci. Elle attrape les brides, attire doucement le cheval, et d’un geste souple elle se laisse couler sur son dos. Le contact du cuir chaud, souple, vivant est étrange. Elle pousse doucement son talon dans le flanc de la bête qui comprend immédiatement : il avance, très droit sur ses pattes, comme fier de la porter. La jeune femme se sent bien ; elle adore la sensation que lui procure la promiscuité avec Alizéa.

Le premier tour se fait au pas ; la femme et l’animal font corps. Entre ses cuisses, la chaleur que lui dispense la peau du cheval en contact avec la sienne est bizarre. Ses jambes, très écartées pour encercler le dos d’Alizéa, lui ouvrent aussi la chatte qui ressent ainsi toutes les vibrations données par chaque pas de l’animal. Mais son mari avait déjà avancé les choses, et l’humidité de son sexe, au lieu de s’atténuer, va en augmentant. Encore une petite poussée des talons et voilà que l’allure change. Un galop, mais pas trop rapide, juste de quoi faire monter et descendre son corps sur celui de l’animal.

Toutes les fois où sa chatte tressaute sur le dos de la bête, elle en ressent les effets dans tout son corps. Et comme il va de plus en plus vite, elle serre les dents pour ne pas gémir de plaisir sur le pelage chaud. Elle sent aussi que son coquillage coule, que son jus se répand dans les poils roux de son ami. Elle se demande aussi ce que dirait Allan s’il la voyait ainsi mouiller juste en secouant sa chatte sur cette chose vivante qu’elle maintient de toutes ses forces entre ses cuisses… Mais ne l’a-t-il pas deviné, lui qui lui a peut-être retiré sa culotte juste pour cela ?

À chaque passe devant l’endroit où il se trouve, elle remarque son sourire. Elle sait qu’il ne la quitte pas du regard. Sa jupe flotte sur ses fesses, largement remontée par la position qu’elle adopte pour rester sur le dos du cheval. Comme il est plus bas qu’elle, il a sûrement une vue assez précise de ce qui se passe. Loin de la tourmenter, savoir qu’il devine son trouble lui donne sûrement davantage envie. Alors au bout de dix ou douze tours de piste, elle oublie sa présence, se laisse aller à geindre, à souffler ; sa poitrine bouge au rythme du cheval. Ses seins ballottent de plus en plus, ajoutant encore à cette folie qui la submerge.

Elle fait un ultime tour de pré, revient vers la barrière, stoppe le cheval et se laisse couler dans les bras de son mari.

— Prends-moi ! Vite, baise-moi ! Vas-y ! Vite, vite ! J’en ai très envie ; allez, baise-moi, vas-y, tringle-la, ta salope ! J’ai presque pris mon pied en galopant, mais je veux te sentir en moi.

Allan a seulement baissé son pantalon. C’est rapide, brutal, et elle s’est baissée devant lui, lui tournant le dos. La prière qu’elle lui a formulée, il l’exauce de suite. Sa bite tendue entre et ressort de ce calice qui est en feu. Bien sûr, c’est violent, fort. Elle, la poitrine pressée contre le poteau de bois de la barrière, et lui à demi-fléchi qui la prend comme dans un rêve. Il suffit de quelques mouvements pour que le paroxysme de leur envie soit atteint. Dans un cri qui fait fuir Alizéa, l’homme et la femme entrent en communion. La fusion de leurs deux corps conjuguée à ce besoin l’un de l’autre, besoin physique s’il en est, les emporte très vite, trop, vers le point de non-retour.

Ensemble ils ont crié. Ensemble ils laissent libre cours à ce feu qui les brûle. La jouissance qui les surprend, qui les réunit dans la même explosion de désir, mélange leurs liqueurs et les soude violemment. Alizéa, surpris par les cris, part d’un pas assuré vers sa baraque en bois, sans un regard pour ces deux-là qui n’en finissent plus de se relécher. Des baisers sans fin qui ne s’arrêtent plus, enivrants pour les sens, s’échangent encore de longues minutes avant que les corps apaisés ne s’écartent. Léa retrouve sa culotte et reste un long moment affalée sur la clôture. Allan la regarde, avec les yeux remplis de cette femme. Les images de cet accouplement sauvage affoleront encore longtemps son cerveau amoureux.

Le cheval, lui, se fiche des amours de ces deux-là ; il plonge sa tête dans le seau que Léa a posé sur la tablette de la fenêtre extérieure de sa cabane. Le picotin, il semble adorer ça. Si Allan est encore dans sa tête à elle, lui regarde la bête avec un sourire. Il pense presque fièrement « C’est toi qu’elle monte, et c’est moi qui la prends ! » Puis il réalise soudain que c’est comme une crise de jalousie, un sentiment bizarre à l’encontre d’Alizéa qui ne demande, lui, rien à personne. Jalousie, jalousie, quand tu nous tiens ! Alors en serrant les poings, il file vers la maison, entre dans la salle de bain, et après s’être entièrement dévêtu il se coule sous le jet brûlant de la douche, se traitant intérieurement d’imbécile.

C’est là que sa petite femme le retrouve, en poussant simplement la porte. Elle aussi se faufile dans l’espace restreint, et ce qu’ils y font lui fait oublier cet instinct machiste de mec qui craint pour son ménage.


Les jours d’avril ont fait place à ceux d’un mai du renouveau. Les humains et l’animal ont scellé un pacte tacite, un pacte d’harmonie. Alizéa sait désormais quand il la voit que la promenade sera belle. Il est souple, et la selle qu’elle serre délicatement sur son dos le ferait presque sourire s’il savait ce que cela veut dire. Elle adore cette masse de muscles qui obéit à la plus petite de ses sollicitations sans jamais se départir d’un calme parfait. Allan, lui, aime à les regarder ainsi soudés l’un à l’autre. Son sentiment de jalousie s’est quelque peu estompé.

Léa s’occupe maintenant des deux garçons de la famille ; elle sait aussi allier humour et amour. Allan adore parfois la voir pendant de longues minutes étriller le cuir d’Alizéa qui ne bronche pas lors de ces manœuvres qu’il affectionne. Parfois le mari se rapproche de son épouse, et déjà ils ne comptent plus les fois où, enivrés par l’odeur de l’animal, ils se laissent aller à des coquineries plus que poussées. Elle le laisse faire, rendant caresse pour caresse, et c’est souvent sur la paille que finissent les attouchements sensuels des deux amants.

Cependant, un dimanche midi les deux amoureux constatent qu’Alizéa ne s’écarte plus de la lisière du bois, qu’il profite de tous les instants pour se coller là-bas, au fond de l’enclos, naseaux au vent, presque frémissant. C’est un bruit, pareil à un coup de fusil, qui les fait se précipiter sur la terrasse, craignant qu’un chasseur n’ait pris le cheval pour cible. Il n’en est rien. Par contre le spectacle qui s’offre à eux est d’une rare intensité : comme fou, l’animal, les pattes avant posées sur la lisse supérieure de la barrière, a une érection d’enfer. La barre qui s’étale sous son ventre et vient claquer contre celui-ci est d’une extraordinaire longueur.

Allan et Léa se regardent, lui entourant son épaule de son bras dans un geste affectueux.

— Quelle chance de n’être qu’un pauvre homme !
— Ah-ah… Monsieur n’est plus jaloux de notre cheval ? Pourtant, avec ce qu’il nous montre, il y aurait de quoi faire un complexe d’infériorité, non ?
— Ben, c’est presque mieux que je ne sois que raisonnablement monté : tu m’imagines avec un engin pareil qui claque sur mon ventre ?
— Humm, tu as raison : celui que je connais me va beaucoup mieux. Et puis, de voir l’autre là-bas bander comme ça, ça ne te donne pas un peu d’appétit ?
— Madame Léa aurait chaud soudain, de voir son bourrin la queue tendue ? Elle aurait une petite fringale ?
— Disons que si son homme était dans de bonnes dispositions, elle se laisserait aller à…
— À quoi ? Allez, dites-le, Madame : à quoi vous abandonneriez-vous ? Prête pour un de mes plus vieux fantasmes ?
— Ma foi… Un des plus vieux, je ne sais pas ; mais un de ceux qui te donnent tellement envie, pourquoi pas ?
— Wouah ! C’est nouveau cela ; alors peut-être que grâce à toi, Alizéa, je vais pouvoir emprunter un chemin plus… ténébreux.
— Je m’en doutais ; je l’aurais juré ! Mais bon, je veux bien te faire plaisir ; c’est naturel que de temps en temps…

Léa n’a pas même fini sa phrase que son mari a déjà posé ses lèvres sur son cou. Elle en attrape la chair de poule. Ses mains à lui sont prestes à relever le tee-shirt de la jeune femme qui ne cache aucun soutien-gorge. Dans la lumière de ce midi de dimanche, voilà deux jolis seins qui s’offrent aux caresses, qui explosent dans le soleil de ce ciel d’un bleu sans nuages. Elle le laisse faire, ne fermant pas les yeux, laissant même son regard traîner sur l’incroyable chose que son cheval persiste à frapper contre son ventre en signe évident d’envie.

Elle se retrouve très rapidement allongée sur la table de bois du salon de jardin. De cette poitrine dont il suce les fraises brunes, ses doigts partent à la conquête de ce qui se trouve encore bien à l’abri de ses regards dans un short minuscule. Léa prend appui sur ses talons pour soulever son bassin et ainsi lui faciliter l’effeuillage. Les yeux rivés sur la bite conséquente du cheval qui continue à se cogner le ventre, elle se laisse aller à gémir. Allan ne sait plus où passer sa langue avide ; il la promène de-ci, de-là, comme si elle n’avait aucun itinéraire précis.

Nue sur le bois qui lui râpe le dos, elle ne cesse de mater le cheval alors qu’Allan s’est confortablement assis, que ses bras tendus ont ramené ses mains sur les deux seins de sa femme. Puis c’est désormais un jeu d’enfant que d’enfouir son visage tout entier dans la fourche largement ouverte. Sa langue trouve des chemins délicieux, des passages secrets, des replis aux douceurs enivrantes, et il perçoit de plus en plus fort les gloussements de Léa. Chaque aller et retour qui frôle son clitoris lui arrache des gémissements, et quand la pointe un peu baveuse se trouve déroutée sur un cercle plus foncé perdu entre deux demi-globes relevés, un long frisson la parcourt tout entière.

La petite chose qui tourne sur l’œillet lui envoie de délicieux signaux, de merveilleux chatouillis. Elle reste cependant le visage tourné vers le fond du corral, là-bas où la masse brune relève fièrement la tête alors qu’un hennissement furieux remonte jusqu’à eux. La seule pensée de Léa à cet instant, c’est que c’est trop bon ! Allan, lui, ne regarde plus rien, juste saoulé par ces odeurs de femme qui lui donnent des envies démesurées, des envies de mâle en rut. Il ne cherche plus que ces cris si doux à ses oreilles, ces râles que son épouse laisse échapper à chaque vibration de sa langue sur la cible qui l’attire.

Puis les choses s’accélèrent. Un doigt est venu, tendu comme un minuscule pénis, s’introduire dans la caverne humidifiée par la bave d’Allan. Léa n’a jamais trop apprécié cette autre forme d’amour physique, mais c’est étrange comme le spectacle de son cheval en rut lui fait oublier ce léger détail. Elle a tout juste senti que l’index lui écartait la rosette et qu’il s’enfonçait en elle sans à-coups. Surprise même par la facilité avec laquelle son mari a réussi à l’introduire aussi profondément sans qu’elle ne ressente la moindre douleur.

Quand les mouvements, circulaires d’abord, puis d’avant en arrière ont débuté, elle avait les yeux toujours posés sur le mât vibrant d’Alizéa qui émettait toujours les mêmes bruits de claquements. L’envie qui s’emparait d’elle n’était plus supportable, et de sa bouche sortaient des mots incompréhensibles, des mots sans suite. Allan crut cependant percevoir des choses qu’il n’aurait jamais imaginées possibles ; des phrases trop vicieuses pour être vraies, et il en doutait encore alors qu’elle, sans interruption, psalmodiait sa litanie d’insanités :

— Oh ! C’est trop bon ! Oui, vas-y ! Défonce-moi ! Encule-moi ! Vas-y, prends moi par derrière, je t’en supplie, ne me laisse plus attendre ! Vas-y, mon amour, baise-moi, comme tu en as envie ! Oh ! Oui, je veux être remplie, je veux être ta chienne ! Allez ! N’aie pas peur, tu peux me prendre comme ça ! Mais qu’est-ce que tu attends ? Encule-moi, j’en ai envie et ça te fait plaisir ! Vas-y ! Bon sang, qu’est ce que tu fous…

Allan, s’il hésite encore, excité par les mots crus de son épouse, ne se les laisse pas redire. D’une main il baisse le pantalon sur ses cuisses, puis enfonce sa bite d’une seule poussée en elle. Les gémissements sont instantanément figés sur les lèvres de Léa. Son souffle coupé par l’intromission rapide, l’entrée pressée, ne lui a pas permis de se poser de questions. Il la tient fermement par les fesses alors que ses pieds sont relevés sur les épaules de son mari. Il commence à la pistonner en douceur, puis rythme ses mouvements sur les soubresauts qui la font rouler d’un côté sur l’autre. Léa a perdu de vue la queue démesurée, la trique imposante de son cheval qui, lui, se moque éperdument de ce que fait sa maîtresse.

Bien entendu, les meilleures choses ont toutes une fin. Après un long, très long moment de mouvements désordonnés, de cris, de gémissements, les deux amants finissent par se séparer. Mais il reste la tendresse de l’après. Allan caresse son épouse alors qu’elle lui donne de légers bisous partout.

— Houlà ! Ça a été… comment dire… une cavalcade, un galop d’essai !
— Transformé, alors, cet essai ?
— À toi de me le dire, Allan : ai-je été à la hauteur de tes attentes ? Tu vois que je sais aussi offrir parfois des choses que tu imagines impossibles à atteindre…
— Mais c’est malheureux qu’il faille que notre cheval bande pour que Madame Léa daigne se laisser aller à une petite sodomie !
— Eh bien, au moins tu n’auras pas de reproches à lui faire, à cet animal : il t’a sans doute aidé à assouvir cette soif que tu avais depuis longtemps de cet endroit auquel je n’apprécie pas habituellement que tu t’intéresses.
— Je t’en sais gré, ma belle, et j’ai apprécié ce petit garage mis à ma disposition.
— Tout le monde est content alors ; sauf lui, là-bas. Après la douche, nous irons voir ce qui le met dans un pareil état. Tu voudras bien venir avec moi voir ça ?
— D’accord, allons, viens, tu as encore raison : une bonne douche ne peut pas être superflue !

L’eau ! Ce miracle de la Nature ! L’eau qui lave, qui nettoie ; l’eau, élément incontournable pour la vie sur Terre, l’eau qui purifie aussi coule sur les deux amants. Les mains de nouveau parcourent les corps, mais pour une bonne cause, encore que… à force de la toucher, la petite chose molle qui bat la mesure entre les cuisses d’un Allan plein d’entrain relève la tête. L’appétit de Léa aussi retrouve un second souffle. Et là, sous le jet tiède, ils en oublient le cheval et leurs préoccupations. C’est plus simple, plus bestial également. Il la porte doucement à bout de bras – cinquante-cinq kilos toute mouillée – et il la laisse ensuite descendre lentement le long de son corps à lui.

La tige durcie par les attouchements vient parfaitement s’enchâsser dans l’endroit prévu pour la loger. Son souffle s’échappe dans un long gémissement alors que le tenon entre dans la mortaise et que le bon menuisier commence son travail sans à-coups. Il fléchit sur les cuisses, la fait remonter de ses bras musclés pour mieux la laisser retomber sur sa queue toujours tendue. L’effet est garanti, et il ne leur faut pas attendre bien longtemps pour ressentir les premiers spasmes de la jouissance. Elle s’accroche à son cou et ses lèvres le bécotent partout, sur chaque petit morceau de peau qu’elles peuvent atteindre.

Le pommeau de douche qui distille sa tiédeur continue son office, ajoutant à leurs jeux son humidité bienveillante. Les murmures, les cris, les gémissements emplissent l’endroit alors que le dard se vide en longs traits en elle. Elle qui racle de ses ongles peints le dos auquel elle s’agrippe avec force. Ils sont ivres de jouissance, ivres de bonheur, saoulés par cette communion soudaine dont ils connaissent les causes. La tête rejetée en arrière, Léa se laisse aller à ces spasmes qui ondulent en elle, jaillissant de cette bite qui lui offre le meilleur d’elle. Allan est secoué des pieds à la tête par cette fulgurante explosion qui vient de lui remonter du bas du ventre vers tout son corps.

Alors la douche reprend seulement à cet instant un cours plus… normal. Les soupirs s’apaisent, les cœurs se remettent à battre à un rythme doux. Un instant encore, sous l’eau qui ruisselle, ils s’étreignent pour reprendre leurs esprits. Leurs yeux reflètent tout le bonheur du monde en cet instant-là.

Ensuite vient la cérémonie de l’habillage. Pas de fioritures : non, seulement l’essentiel pour cette balade en forêt qui a germée dans leurs caboches en voyant Alizéa si nerveux. L’intermède amoureux n’aura sans doute pas duré plus de trente minutes ; mais de quelle intensité elles étaient chargées !