La détermination du Bélier

« Des quatre coins de l'univers
Quand triomphe le mal
Sans hésiter, ils partent en guerre
Pour un monde idé… »

Hop, j'éteins le réveil et me lève d'un bond. C'est mon premier jour de boulot ; il ne faudrait pas être en retard : j'ai tellement hâte de leur montrer de quoi je suis capable et de justifier ma place parmi l'élite de la chevalerie… Je suis pressé de défoncer tous les ennemis qui se présenteront à ma porte.

Dans la cuisine, mon café est avalé d'une traite. Trop pressé, je me suis brûlé mais ce n'est pas grave : c'est trop peu pour arrêter un homme déterminé comme moi. Quelques tartines pour éviter d'avoir faim avant midi et me voilà avec assez de calories pour affronter n'importe quelle menace.

Je file rapidement dans la salle de bain. Je me rafraîchis le visage pour bien me réveiller puis me lave en quatrième vitesse. Un coup d'œil dans le miroir ; je remets mes mèches vertes en place et me rase afin d'être présentable. C'est parfait !

Retour dans la chambre. Je m'habille vite. Un simple pantalon et un tee-shirt. Je tends les bras, adoptant une posture en forme de croix. Dans le coin, vers mon lit, la Pandora Box du Bélier s'ouvre. L'armure, dont les pièces sont disposées de manière à représenter un bélier, apparaît. Comme par magie, les différents éléments se détachent et viennent s'enfiler d'eux-mêmes sur moi.

Retour devant le miroir. Oh putain, la classe que j'ai ! Il n'y a pas à dire, une armure d'or, ça habille un homme. Elle est vraiment sublime. Elle brille de mille feux. J'en ai la larme à l'œil. Juste le casque avec lequel j'ai un peu plus de mal, sinon le reste est parfait.

Je m'empare de ma gamelle et accours à mon temple. Les quelques marches sont rapidement montées. Je jette mes affaires dans un coin et me positionne droit comme un I et les bras croisés devant l'entrée. « Allez-y, bande de chiens galeux, venez m'affronter si vous l'osez. Je vous attends ! »

J'attends.

J'attends.

J'attends.



Oh putain, c'est long ! Mais qu'est-ce qu'ils foutent, bon sang ? Athéna doit bien avoir des ennemis, elle en a toujours eus. Purée, si je suis venu ici c'est pour me battre, pas pour me faire chier à défendre un poste qui n'est jamais en danger. Pitié, pitié, pitié, ennemis, montrez-vous !

Oh, entendrais-je du bruit derrière-moi ? Quelqu'un aurait-il su déjouer ma vigilance et se serait introduit dans ma maison sans que je ne le remarque ? Sûrement un ennemi très puissant. Chouette !

J'aperçois justement une silhouette tapie dans l'obscurité. Sans réfléchir je charge, le poing en avant en poussant mon fameux cri de guerre. « GRouAAaaAAAAA ! »

« AAAAhhhh ! » me répond l'intrus, ou plutôt l'intruse, de terreur.

Je retiens mon coup in extremis, épargnant ainsi la pauvre femme de ménage occupée à passer le balai.

— Désolée, Seigneur, chiale-t-elle, terrorisée. Je ne savais pas que vous étiez déjà là ; monsieur Raoul ne venait jamais aussi tôt.
— Jamais aussi tôt ? Quoi, mais il est onze heures ! lui réponds-je, étonné, en regardant ma montre.

Merde, seulement onze heures ? J'ai l'impression d'avoir déjà passé une éternité à attendre. La pauvre petite semble toujours sous le choc. Elle est toute tremblante. J'aurais pu la tuer avec mon attaque. Je dois me faire pardonner.

— Laissez tomber le ménage pour aujourd'hui : je vais le faire moi-même, ça m'occupera. Désolé de vous avoir effrayée.
— Euh… merci.

Elle s'éloigne rapidement mais s'arrête avant de sortir, puis se tourne vers moi.

— Au fait, je vous ai déposé le journal sur votre bureau. Monsieur Raoul appréciait que je lui apporte.
— Mon bureau ?
— Oui, au sous-sol.
— Il y a un sous-sol ici ? fais-je, étonné.
— Bien entendu, comme dans toutes les maisons. Ils ont été aménagés il y a quelques années afin que les chevaliers d'or aient un coin détente. L'escalier est par-là, caché derrière cette paroi.
— OK, merci beaucoup. Et à une prochaine fois.

Elle semble hésiter mais reste plantée là.

— Autre chose ?
— C'est que… monsieur Raoul me laissait toujours un petit billet pour me remercier.

Bon, c'est normal après tout. Je m'empare de mon porte-monnaie et sors un billet. Allez, ne nous montrons pas trop radin, histoire de lui faire une meilleure impression. Je lui donne l'argent mais elle ne semble pas satisfaite.

— C'est tout ? râle-t-elle. Monsieur Raoul me donnait le double de ça !
— Je trouvais que c'était déjà pas mal, moi.
— J'vous rappelle que vous avez failli me tuer, tout de même… tend-t-elle la main.
— Bon, OK ! cédé-je.

La harpie, satisfaite, me lâche enfin la grappe en tenant fermement son butin. Quant à moi, je me dirige vers l'escalier. C'est vrai qu'il était assez bien dissimulé. J'arrive au sous-sol et découvre l'intimité de mon prédécesseur. Un imposant bureau de marbre blanc trône au centre de l'immense salle. Des statues, tableaux d'art contemporain, et plusieurs canapés de cuir rythment l'espace. Sur le mur, un écran plat géant avoisine une énorme étagère remplie d'une collection de blue-ray et un bar. En approchant du meuble, je m'aperçois qu'il s'agit intégralement de pornos gays.

Eh ben, encore un qui devait prendre son poste avec un très grand sérieux ! Pff… Bon, voyons voir le journal. Posé sur le bureau, on peut en lire le titre en gros caractères : « La Gazette du Sanctuaire ».

La une indique une augmentation des impôts afin de financer la réhabilitation de la maison des Poissons. C'est marrant, je n'ai pas de souvenirs que cette maison en avait besoin. Je lis en diagonale pour savoir ce que ça va me coûter. Visiblement, l'impôt ne concerne que les villageois ou les chevaliers de rangs inférieurs. Les chevaliers d'or en sont exempts. Ouf, ça me rassure.

Les syndicats des travailleurs du Sanctuaire appellent à la grève générale. « Nos conditions se sont dégradées depuis les nouvelles réformes… » lit-on d'après leur porte-parole, « … nous ne parvenons plus à nous loger ou nous nourrir convenablement. C'est nous qui assurons le bon fonctionnement de tout le Sanctuaire et on nous laisse dans des conditions intolérables. » L'article affirme que le Grand Pope appelle au calme et à la négociation. Le chevalier des Poissons rappelle que le Sanctuaire a toute légitimité de recourir à la force si les intermittents refusent de retrouver la raison…Ouais bon, rien d'intéressant, passons à la suite.

« Épidémie de grippe : la maison du Taureau ferme ses portes. » Pas intéressant…

« Un nouveau visage pour la maison de Bélier. » Ah, on parle de mon arrivée ! Vite, je lis. « Francil Crampion est arrivé hier. Fort d'une longue expérience au service de la déesse Aphrodite, il remplace dès aujourd'hui l'ancien chevalier du Bélier Raoul Commento, décédé lors de la dernière invasion… » Francil ? Francil ? FRANCIL !!! Purée, c'est quoi ces blaireaux ? Ils sont incapables d'écrire mon prénom correctement, ces incompétents ! « D'ailleurs on en sait un peu plus sur les circonstances de la mort de Raoul : il semblerait qu'il n'ait pas succombé aux attaques des chevaliers rebelles mais qu'il aurait été victime d'une crise cardiaque en plein milieu de son combat… »

Et tout le reste parle de Raoul et fait l'éloge de son parcours au sein du Sanctuaire. Putain ! Un article sur moi pour annoncer mon arrivée, et il n'y a véritablement que deux pauvres misérables lignes qui parlent de moi, et encore ils trouvent le moyen de faire une putain de faute à mon prénom.

Trop agacé, je passe à la suite. Pas grand-chose d'intéressant. J'arrive à la page des jeux. Il y a un sudoku niveau facile. Mouais, ça va m'occuper un peu en attendant qu'un ennemi daigne pointer le bout de son nez ici. Après cinq minutes, ça me saoule. Décidément, ces jeux d'intellos ne sont pas pour moi. Lisons plutôt « L'horoscope de Madame Irma ». Oui, je sais très bien que ce sont des conneries, mais je suis toujours curieux.

« Bélier :
Argent : Attention aux personnes qui pourraient profiter de votre générosité.
Travail : Détendez-vous. Pas la peine de faire autant de zèle !
Amour : Vous créez des envies. Restez ouvert à toute proposition ! »

Mouais, encore une fois pas convaincu. C'est vraiment de la merde, ces horoscopes ! Je roule le journal en boule et le jette dans la poubelle pour enfin descendre l'escalier.

Bon, je fous quoi maintenant ?

Putain, fait chier, je m'emmerde vraiment !

Ah, j'entends de lourds pas qui arrivent dans mon dos. Deux personnes, si j'ai de bonnes oreilles, et dans de lourdes armures. Peut-être des ennemis. Ce serait chouette ! Je suis prêt à charger pour les recevoir mais je me rappelle de ma mésaventure de la matinée. Il ne faudrait pas que je manque de tuer une autre personne aujourd'hui, ça ferait désordre.

Les reflets dorés détruisent mes maigres espoirs : il ne s'agit que de chevaliers d'or. Je reconnais très vite Harvey, le chevalier de la Balance. Il est accompagné par ce qui semble être le chevalier du Scorpion, un homme plutôt petit avec une moustache frisée.

— Salut, me tend-t-il la main d'un air jovial. Je suis Mario du Scorpion, et je suis le plus…
— Laisse-moi deviner, le coupé-je. Le plus puissant chevalier d'or ?
— Hé-hé, rit-il, non : le plus queutard des chevaliers d'or. Bien tenté, Francil du Bélier.
— C'est Francis, grogné-je.
— C'est vrai, confirme Harvey. Il plante son dard dans tout ce qui passe à portée.
— Nous voulions te proposer de te joindre à nous pour le repas, reprend Mario. On se fait un petit resto si ça t'intéresse.
— Euh, c'est gentil, mais je ne suis pas censé quitter mon poste de la journée… vous aussi, d'ailleurs !
— Détends-toi, Francis, personne ne te dira rien si tu vas déjeuner en ville. On mange avec le chevalier du Cancer ; ça sera l'occasion pour toi de faire connaissance.
— Oui, ajoute Mario, et ne t'inquiète pas : il n'y aura pas d'ennemis aujourd'hui. Ni demain, d'ailleurs, ni après-demain, ni le jour d'après, ni le suivant, ni…
— Ça va, ça va, j'ai compris, cédé-je, désespéré. OK, je viens si ça vous fait plaisir.

Cela m'embête de quitter mon poste le temps d'un repas, mais je m'ennuie tellement que je dois me changer les idées. Bon, s'ils se permettent ce genre de chose, c'est qu'on ne doit pas le leur reprocher. Tous deux me mènent aux portes d'un petit restaurant situé à quelques rues de mon temple. C'est à l'intérieur que nous rejoignons le Cancer. Ce dernier est déjà installé à table, les yeux à moitié fermés. Ah oui, je me souviens : il s'agit du fameux chevalier qui cultive un champ de cannabis à côté de la maison du Cancer.

— Francis, voici Sanka du Cancer, présente Harvey. Sanka, je te présente Francis, qui remplace Raoul.
— Ravi de faire ta connaissance, tends-je la main vers mon collègue.
— Yo, man ! Pareil !

Nous nous asseyons et un serveur se précipite vers nous pour prendre notre commande. Harvey et Mario me conseillent de choisir un tourteau, mais comme je ne suis pas trop fruits de mer, je me rabats sur quelques ailes de poulet. Quant à Sanka, il se contente de commander une salade. En attendant nos plats, on nous amène de quoi grignoter.

Sanka est un Black coiffé de longues dreadlocks rouge vif. Pas gras pour un sou, ses traits sont marqués, anguleux. Il a l'air de celui qui plane à moitié. Ça semble tellement naturel chez lui qu'on se demande si ça lui arrive de redescendre. C'est pas le genre d'homme que j'imaginerais porter une armure d'or. Je me demande ce qu'il vaut sur un champ de bataille.

— Comme c'est savoureux de faire un repas sans entendre piailler des gonzesses ! Juste nous entre mecs, c'est juste parfait, se ravise Harvey.
— Oui, mais il manque les deux autres chevaliers masculins, fais-je remarquer.
— Crois-moi, personne n'a envie de voir Emmanuello.
— Et le sixième homme, le chevalier du Taureau, il me semble ? interrogé-je.
— Je parlais de vrais mecs, pas de cette demi-gonzesse ! De toute façon, il est en arrêt maladie.
— Encore ? s'étonne à moitié Mario. Qu'est-ce qu'il a encore, celui-là ?
— Aucune idée. Il a dû se casser un ongle… répond Harvey.
— Francis, si tu veux, c'est le genre de mec à être complètement parano niveau santé, m'explique Mario. Il crie au cancer de la gorge dès qu'elle le chatouille un peu.
— Ah oui ? Et niveau puissance, il donne quoi ?

La table éclate de rire.

— On va te le décrire physiquement : un mètre soixante, une musculature inexistante, et la peau sur les os. D'après-toi, quel genre de puissance peut avoir un gringalet comme lui ?
— Le plus drôle dans tout ça, c'est qu'il porte une armure qui a toujours été portée par des goliaths avant lui. Je te jure, c'est tellement drôle de voir ce cloporte rachitique nager dans une armure bien trop grande pour lui…
— Je vois, je vois. Et par rapport aux Poissons, il s'en sort comment ?
— Comme je te l'ai dit l'autre jour, personne n'a jamais vu combattre Emmanuello ; alors c'est difficile à dire, mais ils doivent être d'une puissance similaire.
— De toute façon, reprend Mario, nous l'aurions invité il ne serait pas venu. Je lui fous bien trop la trouille. Le mec a une peur bleue des piqûres, et un jour, alors qu'il me saoulait particulièrement, je l'ai menacé de lui envoyer mon attaque « l'Aiguille Ecarlate ». Depuis, il ne m'approche plus. J'ai même entendu dire qu'il me considère comme sa Némésis.

Les plats arrivent, mettant fin aux commérages sur le chevalier du Taureau. Mario et Harvey entament chacun un énorme tourteau par les pattes tandis que le Cancer arrose abondement sa salade de vinaigrette. De mon côté, mes ailes de poulet agrémentées d'épices glissent bien dans le gosier.

Je vois que le Cancer n'arrête pas de zieuter sur les assiettes de nos compagnons avec un regard triste. Les autres l'ont aussi remarqué et tentent de l'ignorer, mais plus le repas avance, plus ce petit jeu exaspère Harvey.

— Bon, ça te dérange vraiment ?
— Non, c'est juste que je me disais qu'ils avaient peut-être des projets avant de finir dans vos assiettes, expliquent le Cancer en tendant un doigt vers les deux tourteaux déjà bien entamés. Peut-être souhaitaient-ils fonder une famille, déménager ou partir en voyage, et là, paf ! un pauvre type arrive et les fout dans une assiette. C'est triste, je trouve…
— Tu fais chier avec tes histoires, rouspète Harvey. Mets-toi dans le crâne que c'est la loi de la nature.
— On n'va quand même pas se mettre à bouffer que des graines comme toi ! renchérit Mario.
— Je ne bouffe pas des graines ! Je m'efforce juste de protéger la nature autant que possible.
— Oh, excuse-moi, réplique Harvey. Des graines, de l'herbe, appelle ça comme tu veux, mais ça ne changera rien.
— Je ne mange pas non plus d'herbe. Non, ça, je la fume. D'ailleurs…

Il plonge une main sous son armure et en ressort un gros pétard qu'il s'allume. Peu de temps après, un des serveurs vient lui demander de l'éteindre en lui disant qu'il dérange les clients. Sanka sort une grosse liasse de billets et la lui donne pour le faire taire.

— Alors, Francis, j'ai ouï dire que tu étais du genre obsédé, m'apostrophe Mario. J'espère que tu ne comptes pas me piquer mon titre de plus gros queutard des chevaliers d'or !
— Le terme est exagéré, mais il est vrai que je résiste difficilement aux charmes féminins. Mais rassure-toi : je ne suis pas venu au Sanctuaire dans cette optique. Je tiens vraiment à me concentrer sur ma mission.
— Pourtant tu risques d'intéresser nombre de nos collègues féminines, avec un cul pareil…

Merde alors, qu'est-ce qu'il raconte, ce con ? C'est bien la première fois qu'un mec me parle de mon cul. Tellement surpris et gêné, je ne trouve rien à dire.

— Et tu ne t'intéresses vraiment qu'aux femmes, ou tu te laisserais peut-être un jour tenter par d'autres expériences ?

Purée, c'est qu'il me drague ou quoi ? J'en ai bien l'impression, avec son sourire en coin et son regard charmeur. Pour qui me prend-il, celui-là ?

— Non, non, juste les femmes ! me précipité-je à répondre pour enlever tout malentendu.
— Dommage ! Il n'y a pas de mal à varier les plaisirs. Les deux sexes ont chacun leurs charmes. Pour ma part je n'ai aucune préférence. C'est dommage de se restreindre. Si un jour tu changes d'avis, viens me voir.
— Je ne pense pas que ce jour arrive !
— Il ne faut jamais dire jamais, sourit-il, mais oublions ça. Si tu veux, je connais les secrets intimes de tous nos collègues. Si tu veux le moindre ragot, n'hésite pas à me demander. Hypolita du Sagittaire et Irma du Verseau sont par exemple les deux bonniches du chevalier des Poissons et passent leur temps à genoux à le pomper ; alors méfie-toi d'elles. Bon, ce n'est un secret pour personne, mais je tenais quand même à te mettre en garde. En revanche, la première a des fantasmes zoophiles et rêve régulièrement de se faire prendre par un bel étalon. La seconde est du genre femme fontaine.
— Euh, OK, merci pour les détails. Et la plus garce serait ? demandé-je par curiosité.
— Amélia, sans hésitation ! C'est, de loin, l'aînée des chevaliers d'or, mais elle est très bien conservée. Elle porte l'armure du Lion, mais on aurait très bien pu lui confier l'armure de la cougar, si tu vois ce que je veux dire… Nul doute que tu la trouveras à ton goût.
— Ah, et tant qu'à te prévenir de faire gaffe, ajoute Harvey, autant te parler d'Ayéfèmi des Gémeaux.
— Pourquoi ? C'est aussi une bonniche d'Emmanuello ?
— Non, pas du tout. Comme beaucoup d'entre nous, elle ne le supporte pas. C'est juste que comme la plupart de ses prédécesseurs au poste, elle souffre de trouble dissociatif de l'identité. En gros, elle a deux personnalités.
— Oui, et alors ?
— Bah, la première, ça va : elle est douce et aimante, explique Mario. Au lit, c'est un vrai délice ; elle obéit au doigt et à l'œil et ne rechigne devant rien pour te faire plaisir…
— Il n'y a qu'au combat que cette personnalité pose problème, ajoute Harvey. Puisqu'elle est absolument pacifique, elle refusera de se battre. En cas d'invasion, les ennemis ont donc le champ libre si c'est cette identité qui domine.
— Par contre, son autre personnalité est du genre très sadique. Au combat comme au lit, c'est une horreur d'avoir affaire à elle, et rien ne l'arrête. Tant que tu es son jouet, prépare-toi à souffrir pendant des jours.
— Gloups ! Oui, je vais peut-être l'éviter, celle-là. Et sinon, Athéna, comment est-elle ?
— Oh, le petit coquin… rit Mario. Tu ambitionnes de tringler la déesse elle-même ? Pour tout te dire, c'est une bombe d'une beauté époustouflante, avec de gros obus et une personnalité explosive. Seul le chevalier de la Vierge rivalise avec sa beauté. Il paraît qu'avant que l'âme d'Athéna prenne le contrôle de son corps, la réincarnation et celle de ton ancienne déesse Aphrodite jouaient à touche-pipi dans les dortoirs de leur internat.

Wow ! Imaginer la scène me donne très chaud ; j'aurais adoré voir ça ! Déjà qu'Aphrodite est ce que j'ai pu voir de plus bandant, alors une scène lesbienne entre elle et Athéna doit être un spectacle des plus chauds ! Je ne vais peut-être pas passer mon temps à me battre, mais d'autres plaisirs semblent m'attendre. Finalement, j'ai l'impression d'être encore au Jardin d'Aphrodite.