Note pour le lecteur

Une histoire dans l'Histoire...

Dumas, oui, encore et toujours.
Depuis mon adolescence et la découverte du Comte de Monte Cristo, Alexandre Dumas a toujours étanché ma soif d'héroïsme flamboyant teintée de noirceur. C'est injustement qu'on l'a rangé pendant longtemps dans la catégorie des auteurs pour enfants. D'ailleurs les enfants d'aujourd'hui ne connaissent même pas son nom.

Auteur facile, naïf, a-t-on également prétendu. Mais si affirmer cela démontre quelque chose, c'est qu'on ne l'a pas lu comme il aurait dû l'être. L'âme tourmentée d'Edmond Dantès en est la preuve. Et celle de d'Artagnan prise en tenaille entre son amitié et son devoir, celle d'Athos écartelée entre sa loyauté à Louis XIV et son chagrin pour Raoul de Bragelonne, et celle d'Aramis qui noircit au fur et à mesure de leur dernière aventure ; Aramis, personnage nietzschéen si l'on en croit cette citation tirée de Par-delà le Bien et le Mal :

Celui qui lutte contre les monstres doit veiller à ne pas le devenir lui-même. Or, quand ton regard pénètre longtemps au fond d'un abîme, l'abîme lui aussi pénètre en toi.

Cette histoire imaginée dans le laps de temps qui sépare Les trois mousquetaires et Vingt ans après ne fut pas qu'un défi : elle fut le moyen d'une intrigue amoureuse dans le monde d'aujourd'hui. À l'époque où j'entrepris de la rédiger, ma bien-aimée et moi étions séparés de force. Cela peut surprendre, mais une passion amoureuse se marie mal avec les oppressions d'un mariage raté et la volonté de destruction qu'inspirent certaines jalousies. Qu'on imagine une femme séquestrée, surveillée en permanence, et un homme amoureux à qui on a ôté tout moyen de communiquer avec elle… On aura une vue assez exacte de la situation dans laquelle nous nous trouvions.
Il nous a alors fallu déguiser nos mots d'amour et vivre notre passion à travers des moyens dignes des personnages du vieil Alexandre.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, tout est vrai dans cette histoire imaginaire, jusqu'au duel final dont la conclusion pourra décevoir les amateurs d'Absolu. Que ces derniers se consolent : ce n'était là qu'une dernière ruse de mousquetaire. Un pis-aller qui ouvrait toutes les portes et qui permit bientôt à l'Amour d'être le seul vrai vainqueur.

Mais cela est une autre histoire…