(Thomas) Dans l’antre d’une sirène

— Sais-tu quelle est la seconde épreuve de mes sirènes ? me demande ma sœur.
— Non, mais j’imagine que tu vas me le dire.
— Elles doivent se choisir un garçon et se donner à lui tout le week-end prochain. Elles devront alors se soumettre à ses moindres désirs. Imagines-tu avoir une fille soumise prête à exaucer toutes tes envies ? N’aimerais-tu pas ça ?
— En ce moment, ce que j’aimerais surtout c’est être avec Louise, pesté-je, mais t’es venue t’en mêler.
— Sérieusement, tu n’aimerais pas avoir une jolie fille à genoux devant toi ? insiste-t-elle en faisant la sourde oreille. Tu pourrais lui faire tout ce que tu veux, et ceci tout un week-end. Ça te plairait, j’en suis sûre ! Maintenant, imagine qu’une fille soit prête à se donner à toi toute une année !
— Je ne l’ai pas vu venir, celle-là, ironisé-je.
— Sérieusement, petit frère, tu aurais juste à me le demander et je te ferrais connaître des plaisirs comme tu n’en as jamais connus. Crois-moi, si je m’occupais de toi, tu oublierais bien vite ton ex-petite chienne.

Elle a ce regard si particulier qu’elle adopte quand elle s’apprête à coucher avec un gars. Ce regard que j’ai jalousé tant de fois, quand elle le portait sur une de ses nombreuses fréquentations. Ce regard qui rappelle celui d’un carnassier prêt à bondir sur sa proie. C’est déstabilisant, d’autant plus que je suis son frère. Dire qu’avant elle m’engueulait presque si je la regardais avec un peu trop d’envie, et que maintenant elle veut se soumettre à moi… J’ai encore du mal à comprendre comment cela peut être possible.

À défaut de le vouloir, Louise s’attend à ce que je couche avec Élodie, mais je n’en ai pas l’intention, même si la tentation est encore là. Et ce n’est pas seulement pour Louise que je ne veux pas. Ma sœur s’est toujours mal comportée avec moi : elle m’allumait par moments et en profitait pour me rabaisser juste après en me traitant de pervers. Et puis, au fond de moi, je n’ai jamais vraiment accepté cette attirance. L’inceste a un côté malsain, anormal. J’ai toujours beaucoup culpabilisé de ces fantasmes.

Quoi qu’il en soit, Élodie est là en train de se tortiller sur le canapé et de réduire la distance qui nous sépare. Depuis que je suis revenu à l’appartement, elle se trimballe souvent en petite tenue et se trémousse dès que je la croise. Ce soir elle porte un débardeur à fines bretelles sans soutien-gorge en dessous. Très décolleté, beaucoup de chair est visible. On devine très facilement ses tétons pointer sous le tissu. Une jupe légère lui recouvre à peine les cuisses. Elle espère m’allumer ainsi. Mais avant qu’elle n’ait le temps d’aller plus loin, quelqu’un frappe à la porte. Ouf, ça m’évitera une nouvelle confrontation.

Je me presse d’aller ouvrir et d’échapper aux griffes d’Élodie. J’ai la surprise de découvrir Lorelei qui me sourit en m’apercevant. Je la fais entrer dans l’appartement et lui fais la bise. Un parfum agréable émane d’elle.

— Bonsoir marraine ! lance-t-elle, joviale.
— Oh, Lorelei… semble un peu déçue Élodie. Désolée, j’avais oublié que tu venais.
— Oh ! fait-elle, surprise. Je dérange peut-être ?
— Mais non, me précipité-je. Pas le moindre du monde. Bien au contraire.

Lorelei confond ma hâte à répondre avant Élodie avec un compliment et me sourit en conséquence.

— Donc, si je t’ai fait venir ce soir, c’était pour te parler plus en détail de la seconde épreuve. As-tu bien compris ce que tu avais à faire ? demande ma sœur.
— Je suis censée me soumettre à tous les désirs d’un mec pendant tout le week-end. Mais alors, comment ça se passe ? C’est moi qui choisis avec qui je couche ou on nous impose un gars ?
— Non, normalement tu es censée choisir qui tu veux. Mais j’avais pensé à quelqu’un pour toi et j’aimerais que tu te soumettes à lui.
— Euh… c’est que j’avais quelqu’un en tête en fait, hésite Lorelei. Et j’aimerais vraiment lui proposer. Mais s’il refuse, je te promets, marraine, que j’irai avec qui tu me diras.
— Très bien, concède Élodie, visiblement déçue. Mais je vais avoir besoin de ta réponse rapidement ; donc si tu pouvais ne pas tarder à lui demander…

Je suis curieux de savoir à quel genre de type cette fille aimerait se soumettre et à qui ma sœur comptait l’envoyer. Lorelei est plutôt mignonne mais je l’imaginais mal en début d’année intégrer le club. Elle me paraissait assez effacée, plutôt sage. Pas le genre de fille à ne pas hésiter à se soumettre à un gars. Mais c’est vrai que depuis que ma sœur l’a relookée, elle me paraît plus attirante. C’est marrant, mais avec sa nouvelle allure j’ai beaucoup moins de mal à l’imaginer coucher. Pourtant, ça reste la même personne avec le même comportement.

Pour éviter qu’elle ne parte trop vite et qu’elle me laisse seul avec ma sœur, je lui propose de prendre un verre, ce qu’elle accepte avec joie. Le regard que me jette Élodie me fait comprendre qu’elle sait où je veux en venir. Nous discutons alors d’un peu de tout ; des cours, de la famille, de musique et de cinéma. Elle semble quand même bien plus à l’aise. Elle évoque aussi rapidement sa première épreuve et nous discutons un peu de Morgane avec qui elle semble se lier de plus en plus.

D’ailleurs, à propos de cette dernière, j’ai eu une rapide discussion avec elle hier. Je lui ai fait part de ma surprise de la voir chez les sirènes alors qu’elle semblait intéressée par le côté caritatif des nymphes. « J’avais besoin de rejoindre le plus fort des deux clubs, s’est-elle justifiée. Les nymphes ont beau être sympathiques, elles ne pouvaient pas me protéger. »

Protéger de Nathan, si j’ai bien compris. Elle n’a pas voulu m’en dire plus. Je me demande ce qu’a fait notre président des élèves pour que sa filleule le fuie ; je sais qu’il la voulait, mais maintenant elle est hors d’atteinte chez les sirènes. Avec un peu de chance, ça va ternir les relations entre sirènes et BDE, ce qui sera profitable à Louise et aux nymphes.

Quoi qu’il en soit, seul l’avenir nous le dira. Pour le moment, ma seule préoccupation est de retenir Lorelei au maximum pour éviter de me retrouver seul avec Élodie, qui vient de nous abandonner pour se rendre aux toilettes. Lorelei semble du coup un peu plus nerveuse. Elle s’agite sur son fauteuil, n’osant pas me regarder dans les yeux.

— Un problème ? m’inquiété-je.
— C’est que… hésite-t-elle, tu sais par rapport à tout à l’heure… je me demandais si… tu accepterais de me faire passer la seconde épreuve.
— Oh ! fais-je, surpris.

Alors c’est donc moi qu’elle voulait ! Je dois dire que je ne m’y attendais pas. J’avais remarqué qu’elle avait l’air de m’apprécier depuis le début d’année mais je ne pensais pas que c’était de cette façon. Je comprends mieux pourquoi elle avait été déçue quand je lui avais dit que je n’étais pas son parrain. J’hésite un peu avant de lui répondre, silence qui semble lui peser. Finalement, même si je la trouve maintenant attirante, je n’ai pas trop de lien avec elle ; je ne lui ai parlé que quelques fois. D’un autre côté, elle est vraiment sympathique et gentille, et puis la perspective d’échapper tout un week-end aux griffes de ma sœur est séduisant. J’accepte.


Nous voilà déjà le vendredi soir. Lorelei me fait pénétrer dans son appartement. Elle n’a pas dit un mot durant le trajet jusqu’à chez elle. Si j’ai accepté, c’est plus pour fuir ma sœur, mais je dois avouer que je commence à être bien excité par la situation. Je n’ai couché avec personne depuis que j’ai quitté l’appartement de Louise. L’idée de partager du bon temps avec une fille jolie et attentionnée est plaisante. C’est la première première année avec qui je vais coucher depuis la rentrée. C’est Élodie qui n’avait pas du tout l’air ravi par la nouvelle.

Nous commençons par une rapide visite des lieux : salon, cuisine, salle de bain, pour finir par la chambre où nous allons passer une bonne partie du week-end. J’ai un choc en découvrant cette dernière pièce. Ça n’a rien à voir avec les chambres de Louise, Sarah ou de ma sœur. Des draps roses, des peluches plein le lit, des posters de groupes de jeunes éphèbes. S’il n’y avait pas le gros gode sur la table de nuit, je croirais avoir débarqué dans une chambre de gamine.

— On commence par quoi ? hésite-t-elle après notre retour dans le salon. Tu veux que je te suce, peut-être ?
— Attends, nous avons le temps. Prenons un verre et discutons un peu, proposé-je, mal à l’aise.
— D’accord ; comme tu veux, Thomas.

Elle n’a pas grand-chose en alcool, si bien qu’on se contente de jus de fruit. Assis tous les deux sur le canapé, nous sirotons notre verre en cherchant péniblement, pendant plusieurs minutes, quoi dire pour rompre ce silence pesant. Rien n’y fait : elle comme moi semblons avoir oublié comment démarrer une discussion.

« Allons, voyons, Thomas… me maudissé-je, as-tu perdu ta langue ? Ce n’est pourtant pas si compliqué habituellement. » Là, à part des sujets triviaux, rien ne me vient en tête. La vérité, c’est que je me sens embarrassé par la situation et que cela me bloque.

— Bon, et si tu te rapprochais de moi ? abandonné-je.

Elle obéit, souriante mais néanmoins nerveuse. J’avance mon visage doucement vers le sien jusqu’à ce que nos lèvres se collent. Mes mains se posent sur son corps. Elle est bouillante. Il suffit de ce simple contact pour que Lorelei perde de sa retenue. La voilà qui se presse bientôt contre moi et qui s’assoit sur mes genoux. Mes doigts s’engouffrent sous sa jupe et lui caressent ses petites fesses. Nos baisers deviennent de plus en plus frénétiques. Je la prends dans mes bras et la porte jusqu’à sa chambre où je la dépose sur son lit. Je lui arrache sa culotte et écarte ses cuisses avec le ferme désir de goûter son coquillage.

Mes doigts caressent ses douces lèvres intimes inondées par son désir. Je plonge ensuite mon visage entre ses cuisses et pose ma bouche sur ce sexe. Ma langue vogue sur ces douces chairs. Je me désaltère à sa source. Le corps de Lorelei ondule de plaisir. Je m’empare du gode posé sur la table de nuit et la pénètre avec. Son corps se contracte. D’un coup, elle semble manquer de souffle. Je joue avec pendant plusieurs minutes. Un bruit de clapotis se fait entendre à chaque oscillation de l’engin. Ma langue s’abreuve de son liquide qui s’écoule. C’est un véritable torrent. Lorelei, submergée par le plaisir, gémit bruyamment.

Tout cela m’a assoiffé de désir. Mon sexe, aussi dur qu’un roseau, remplace le gode. Je la pénètre vigoureusement. Lorelei se colle à moi et sa bouche s’empare de la mienne. Sa langue goûte à sa mouille qui imprègne encore mes lèvres. Lorelei réclame plus d’ardeur de ma part ; elle me conjure de ne pas la ménager. Je m’efforce de la satisfaire. Le nouveau rythme que je lui impose semble la satisfaire. Ses doigts glissent sur mon corps. Ses ongles me griffent le dos. Des flots de plaisir grimpent en moi. Emporté par la houle de notre intense corps-à-corps, je me déverse dans son ventre.

Nous restons quelques minutes dans le lit pour nous remettre puis nous commandons une pizza que nous dévorons assis sur son canapé. Nous n’attendons pas longtemps pour notre deuxième round et nous nous précipitons de nouveau dans son lit pour renouveler exactement la scène. Une fois fait, Lorelei vient se réfugier dans mes bras. Je m’endors bercé par son doux parfum. Quelle apaisante sensation de sentir de nouveau une douce et chaude présence féminine le long de son corps… C’est là que je me rends compte à quel point Louise me manque.

Je me réveille le lendemain matin, abandonné par ma toute nouvelle amante. Son parfum est encore bien présent dans la pièce. Je me lève et pars à sa recherche. Je la trouve dans la cuisine en train de préparer le petit déjeuner. Elle n’est vêtue que d’une chemise et chantonne un petit air doux et joyeux. Appuyé contre le cadre de la porte, je suis hypnotisé par la clarté de sa voix et reste là, avec un sourire béat, à observer la demoiselle. Elle m’aperçoit enfin, me sourit et vient m’embrasser.

— Alors, bien dormi ? demande-t-elle.
— Absolument bien.
— Mais c’est pas juste… fait-elle semblant de bouder. Tu n’étais pas censé te réveiller par toi-même : je voulais te faire une surprise et t’apporter ce plateau au lit.

Je regarde le plateau en question : un bol de chocolat chaud, un pot de miel, des tartines.

— Et toi, tu ne manges pas ?
— Je déjeune rarement le matin, mais aujourd’hui je comptais me nourrir de toi.
— Es-tu sûre que tu n’as pas faim ? J’aime mieux ne pas être le seul à manger. Et puis nous avons le temps pour les autres plaisirs.
— Bon, si tu insistes, Thomas…

Nous partageons donc notre petit déjeuner dans son lit. Finalement, l’appétit lui vient en mangeant et la voilà à dévorer bien plus que moi. La gêne entre nous de la veille n’est plus, et nous voilà lancés dans de grandes discussions philosophiques qui partent de plus en plus en délire et qui nous font bien rire. Mais voilà que les yeux bleus de Lorelei se remplissent de désir et qu’elle se rapproche doucement.

— Tu sais, tu peux vraiment me faire tout ce que tu veux… tente-t-elle. Tu peux m’attacher, m’enfoncer ta queue dans la gorge ou dans le cul, si tu préfères. Je suis là pour ça.
— C’est tentant, lui souris-je, mais personnellement je me contenterai d’une relation classique.

Elle m’observe quelques instants avec un regard pas convaincu. Elle réfrène une mine boudeuse.

— Tu es sûr ? demande-t-elle d’une petite voix. N’hésite pas à profiter de moi comme bon te semble. Je suis vraiment prête à accéder à tous tes désirs. Je suis à toi. C’est le but de mon épreuve, après tout, et je sais que vous adorez ça, vous les hommes. Je veux vraiment que tu t’autorises tout ce que tu aimes avec moi.
— Tu sais, même si j’aime bien quelques petits jeux de soumission de temps en temps, je préfère largement une relation d’échange.
— C’est vrai ? semble-t-elle surprise.
— Bien évidemment. Pourquoi, cela t’a l’air si étrange ?
— Bah, je sais pas. Avec tous les films pornos que vous kiffez, je pensais que…
— Les films pornos ne sont pas la réalité. Ils cherchent le spectaculaire à coup d’éjaculations faciales, de gorges profondes ou de sodomies violentes. Ils oublient totalement le côté humain d’une véritable relation. Je ne veux pas d’un objet à user pour mon bon plaisir : c’est la personne qui m’attire avant tout.

Elle semble encore une fois surprise, mais ce coup-ci convaincue. Ses yeux se mettent à briller d’une lueur mignonne et ses lèvres forment un adorable sourire. Pris par un élan de tendresse, ma main caresse délicatement sa joue et ma bouche se pose sur la sienne. Je défais lentement un à un les boutons de sa chemise bleu ciel tout en continuant à l’embrasser. Mes lèvres décident cependant d’abandonner les siennes pour partir à l’exploration de son corps.

Je migre peu à peu vers le bas de son être tandis que la demoiselle s’allonge, prête à profiter du voyage. Ma langue, après avoir visité la vallée qui sépare ses deux petits seins et les reliefs plats de son ventre, atteint finalement une région au climat le plus équatorial : chaud et humide. Je décide de m’y attarder afin de profiter au mieux des saveurs locales. En parfait touriste, je visite chaque lieu, chaque recoin. Je m’abreuve à sa délicieuse fontaine. Lorelei jubile.

— Moi aussi, je veux… parvient-elle à réclamer entre deux gémissements.
— Tu veux quoi ?
— Moi aussi je veux te boire, revendique-t-elle. Tu as parlé d’échanges ; je ne veux pas rester inactive.

Je souris et m’allonge sur son lit, le sexe déjà tendu. Elle vient par-dessus moi, embouche mon gland et me présente sa vulve dégoulinante. Des soupirs gourmands s’échappent de sa bouche tandis qu’elle se régale de ma hampe. De mon côté, je continue de me désaltérer à sa source sans oublier de rendre hommage à son clitoris gonflé. Nous continuons ce soixante-neuf sensuel un long moment, essayant chacun de retarder le plus possible la jouissance de l’autre. Finalement un orgasme tonitruant nous emporte tous les deux.


Le week-end est passé à une allure folle ; je ne l’ai pas vu défiler, trop occupé à goûter, encore et encore, au corps de ma nouvelle amante. Elle semble avoir un appétit conséquent et n’était jamais rassasiée des plaisirs que l’on s’échangeait.

Sur le palier de sa porte, je lui fais face une dernière fois. Ses yeux brillent d’une petite lueur triste. Moi-même, je me sens d’humeur chagrine, maudissant le temps qui a filé en un éclair à ses côtés. J’ai vraiment passé un agréable moment qui m’a presque fait oublier ma séparation avec Louise. Une accolade nous réunit une dernière fois, puis un baiser langoureux l’accompagne. Nous mettons tout de même fin à notre étreinte ; je recule de quelques pas et lui lance un au-revoir.

— Thomas, me retient-elle tandis que je commence à m’éloigner, si tu veux tu pourras revenir… n’importe quand.
— Avec plaisir, souris-je.