(Sarah) Retrouvailles - 1

Tony…
Tony…

Je crois entendre encore ses rires résonner dans la grande chambre vide. Je fais rouler le ballon mais personne ne l’attrape. Au lieu de cela, il bute dans le mur et part se cacher sous le lit. Je me penche pour le récupérer mais mon bras est trop petit. Quelque chose me frôle les doigts et une araignée prend la fuite ; je sursaute et me cogne la tête dans le bois de chêne du lit. Aïe ! Quelle horreur ! Tant pis pour la balle, je vais me trouver un autre jouet.

Je sors de la pièce et referme la porte sans bruit : maman ne veut pas que je vienne ici. Je verrouille et vais ranger la clé dans le tiroir de sa commode, là où je l’ai trouvée. Un coup d’œil dans le miroir me montre que je suis recouverte de poussière. Je m’essuie rapidement et tournoie devant mon reflet. Me voilà magnifique ; une véritable princesse comme papa aime me le dire. Je souris, fière de moi.

Je repasse devant la porte interdite. J’entends un bruit… Encore les rires ? Mon cœur fait un bond. Non, ce n’est que mon imagination. Je retourne finalement dans ma chambre. Tout est en désordre ; papa va encore me gronder s’il voit ce fouillis. Je devrais peut-être ranger. Je me motive à la tâche mais suis très vite distraite par les images d’un livre. Je le feuillette rapidement. Les dessins sont très jolis ; ils racontent l’histoire d’une lionne qui adopte un cygne, mais très vite le volatile se retourne contre le félin. Drôle d’histoire !

Un rire retentit dans mon dos. Je me retourne rapidement.

— Tony, c’est toi ?

Ai-je rêvé ? Cela semblait pourtant si réel. Je regarde partout pour voir si quelqu’un se cache, mais rien. Je suis seule… terriblement seule.
Je crois apercevoir une petite ombre courir dans le couloir. Je bondis à sa poursuite. Ma course m’emmène vers l’escalier. Il me semble que l’ombre est descendue. D’ailleurs j’entends ses rires scintiller en bas.

— Tony, reviens ! Maman va te gronder ; nous n’avons pas le droit de descendre.

Mais l’ombre ne me répond pas. J’hésite un moment puis pars finalement à sa poursuite pour le ramener avec moi. Je descends les marches sans faire de bruit tandis que la musique me monte aux oreilles. En bas, dans la salle de réception, maman est en train de discuter avec les grandes dames. Elles sont toutes bien habillées. Moi aussi je veux des robes comme cela quand je serai grande. Je m’avance et slalome entre toutes ces silhouettes qui semblent ne pas me voir. Personne ne fait attention à moi. J’avance près de ma mère et l’appelle mais elle ne réagit pas. Au lieu de ça, tout en sirotant un cocktail, elle continue de parler avec une dame. J’insiste et finis par tirer sur sa manche. Elle se retourne vers moi et fronce les sourcils.

— Maman, l’apostrophé-je, il est où, Tony ?

Son visage blêmit, son verre se brise sur le sol et maman m’emmanche une violente claque au visage.

— Bon sang, Sarah, crie-t-elle, je t’ai déjà dit de ne plus jamais prononcer ce nom !

Je me réveille d’un bond avec un léger mal de crâne. Aliénor se retourne vers moi et me lance avec un grand sourire excité :

— Juste à temps ! L’avion est sur le point d’atterrir.

En effet, ce n’est que quelques minutes plus tard que l’appareil perd de l’altitude. À travers les hublots, les détails au sol deviennent de plus en plus précis et gros. Ma complice a le sourire impatient et ne tient pas en place. Je ne le montre pas, mais je suis aussi excitée qu’elle. Mon cauchemar est bien vite oublié. Nous sommes enfin de retour. Au revoir, République Tchèque ; bonjour, France ! Prague est une ville magnifique, mais rien ne vaut son chez-soi, rien ne vaut de retrouver les siens.

Quelques secousses plus tard, nous voilà sur la terre ferme. Nous descendons de l’appareil et récupérons nos bagages. Aliénor court dans tous les sens. Cela ne sert à rien : personne ne nous attend ici, Thomas et Louise sont encore en cours à cette heure-ci. Nous avons du temps avant qu’ils soient disponibles. Nous devons les retrouver à l’école après les cours, et après nous irons tous à l’appartement de mon héritière déposer nos affaires et fêter notre retour.

Nous ne sommes ici que trop peu de temps à mon goût, nos stages commençant bientôt. Celui d’Aliénor est plus tardif, mais elle doit aussi voir sa famille. Elle partira donc en même temps que moi. Elle a menti à ses parents à propos de la date de son retour afin de privilégier les retrouvailles avec nos fillots. Nous serons ainsi tous réunis et formerons notre propre famille. Je suis pressée de découvrir les nouveaux membres de cette tribu libertine.

Un taxi nous récupère et nous emmène à l’école. Le chauffeur semble prolixe et nous pose plein de questions sur nos activités et notre voyage à Prague. Aliénor, excitée comme une puce, s’amuse à glisser plein de sous-entendus dans ses réponses afin de le chauffer. Pas qu’il soit de son goût, mais elle est d’humeur joueuse. Quoi qu’il en soit, nous arrivons en avance, réglons la course et allons faire un tour en attendant.

Rien n’a changé depuis notre départ. Les rues, les bâtiments, les gens que l’on croise, tout est identique – ou presque – à mes souvenirs. C’est une étrange sensation de revenir après tant de mois d’absence ; je n’ai peut-être pas grandi ici, mais c’est très vite devenu mon foyer. Mes deux années passées ici ont été une renaissance pour moi. Je me souviens encore de la première fois que j’ai mis les pieds dans cette école ; il me semble que c’était une autre époque, une autre vie.


— Allez-y, asseyez-v… assieds-toi, Sarah.

J’obéis. Il n’a pas beaucoup changé malgré toutes ces années. Un peu plus de cheveux blancs, c’est tout. Il est souriant et semble détailler mes formes mises en valeur par mon tailleur.

— Quand j’ai vu ton dossier de candidature, j’ai voulu te recevoir en personne. Alors, Sarah, comment vas-tu depuis tout ce temps ?
— Très bien, Monsieur Povin. Je suis mon chemin, prête à reprendre l’entreprise de mon père. Les études m’apporteront tout ce que j’ai à savoir ; l’expérience complètera ma formation.
— Tant mieux, tant mieux. C’est un réel plaisir de te recevoir et d’avoir de tes nouvelles. Regarde-toi, tu es devenue une magnifique jeune femme.

Je reconnais bien là son regard lubrique et son petit sourire carnassier. Visiblement, de ce côté aussi il n’a pas changé. Cela me fait bizarre d’être maintenant la cible de sa convoitise.

— Bien sûr, reprend-t-il, ton admission à l’école ne posera pas de problème. Considère-toi comme admise.
— Merci, Monsieur, mais je ne souhaite pas de traitement de faveur. Je veux passer un entretien comme tous les candidats.
— C’est honorable de ta part, mais j’ai regardé les résultats de tes concours, et c’est vraiment très remarquable. Vu tes notes et ton dossier, il n’y a pas à tergiverser longtemps avant de t’accepter. Je t’assure que ce n’est pas un traitement de faveur : à vrai dire, ce serait presqu’à moi de tout faire pour te recruter. Tu es admissible dans quasiment toutes les écoles de commerce de France ; alors pourquoi te présenter ici ?
— J’imagine que c’est ce qu’aurait voulu mon père. Après tout, ce n’est pas pour rien qu’il a participé au financement de l’école.
— Tu sais le profond respect et la sincère amitié que j’avais pour lui. Aujourd’hui, je suis heureux de recruter sa magnifique fille. Si tu le désires, je te présenterai plusieurs de ses amis : cela pourrait être fort utile pour ton futur réseau.
— C’est très gentil, Monsieur Povin, mais mon père n’avait pas que des fréquentations recommandables ; je préfère me construire mon propre réseau.

Povin fronce les sourcils et me lance un regard suspicieux. Il a l’air de se demander s’il doit prendre personnellement ma remarque.

— En tout cas, reprend-t-il, j’aimerais que tu t’intègres à l’école dans les meilleures conditions. J’ai une élève, Émilie Richard ; une élève brillante et charmante, tout comme toi. Elle dirige le bureau des élèves. Je lui demanderai de te prendre sous son aile et je m’arrangerai pour qu’elle soit ta marraine. Tu verras, tu vas beaucoup apprendre avec elle. Elle te montrera comment créer ton propre réseau.


Aliénor me coupe dans mes songes. Il est temps d’y aller ! Mon cœur s’accélère et mon ventre me chauffe ; cette fois c’est bon, nous allons les revoir. Nous nous sommes plus éloignées que prévu – j’avais envie de pâtisseries achetées dans une boutique que j’avais l’habitude de fréquenter – alors nous pressons le pas, traînant nos valises derrière nous. Enfin nous franchissons une nouvelle fois les portes de notre école, jardin secret de tous les plaisirs. Personne dans le hall. Nous trouvons cela curieux et décidons d’aller jeter un œil au cocotier. Ils nous attendent probablement là.

— Bienvenue ! nous hurle toute une foule à notre entrée dans la salle.

Moi qui m’attendais à une soirée en petit comité chez Louise, on dirait qu’on va avoir droit à une véritable soirée du club. Toutes les nymphes doivent être présentes ainsi qu’une bonne proportion de favoris. Au centre de ce joli monde, Louise et Thomas nous tendent les bras. Ils sont enfin là ! Une larme de joie perle au coin de mon œil tandis que je me jette vers eux. Aliénor est aussi émue que moi et m’imite.

J’embrasse fougueusement Thomas. Le goût de ses lèvres m’avait atrocement manqué. Il me serre contre lui tandis que nos langues s’emmêlent. À nos côtés, Aliénor fait de même avec sa fillote, puis nous échangeons nos places et je n’hésite pas à embrasser moi aussi Louise, retrouvant les sensations apaisantes qu’elle m’avait fait ressentir lors de notre séparation. Aliénor retrouve aussi les lèvres de Thomas.

L’effet de ce spectacle est saisissant : beaucoup de mecs nous regardent bouche bée, particulièrement un type à lunettes et aux cheveux ébouriffés. Beaucoup de filles semblent aussi surprises de ces bonjours particulièrement baveux. Ont-ils oublié où ils sont ? J’en connais une qui jubile aussi : Aliénor. Au-delà du fait de retrouver nos fillots, mon baiser avec Louise lui indique que je vais me laisser aller à des comportements un peu plus saphiques, chose qu’elle attend depuis longtemps.

Je n’ai eu que des bribes d’infos sur tout ce qui s’est passé cette année à travers les mails de Louise et de Thomas. J’ai entendu parler d’un club rival fondé par Élodie. Je suis donc surprise de la voir dans la foule me saluer d’un signe de main. Louise me chuchote rapidement qu’elles ont toutes deux fait la paix et que les deux clubs ont fusionné.

— Alors, présentez-nous tout le monde, réclamé-je.

Mon couple préféré commence par nous présenter leurs fillots. Quatre personnes au lieu de deux s’avancent ; je suis étonnée.

— Voici Arthur, mon fillot, commence Thomas en me désignant le type ébouriffé de tout à l’heure. Et voici Lorelei, fillote d’Élodie, mais aussi la mienne par adoption.

Des fillots adoptés ? Nouveau concept. Pourquoi pas. Lorelei ? Il l’avait mentionnée dans un mail sans vraiment donner de détails. Il l’a donc adoptée ? Intéressant, tout ça.

— Voici Liz, continue Louise en me présentant une jeune rouquine à l’air assez réservé, et voici Morgane, fillote qui était à la base celle de Nathan mais que j’ai fini par adopter.

Les autres enchaînent sur la présentation de tout le monde. Miss Punk est particulièrement fière de nous présenter son fillot qu’elle dit « très endurant » et qu’elle nous conseille. On nous présente donc la liste de toutes les nouvelles têtes. Je ne suis pas sûre d’arriver à me souvenir de tous les noms.

— Maintenant, j’aimerais savoir une chose, fais-je, curieuse. Qui donc sera la prochaine présidente ? Y a-t-il des candidates ?
— Eh bien, répond Louise, rien n’est encore très officiel mais je pense – et il me semble qu’Élodie sera d’accord avec moi – que Morgane est la plus qualifiée pour me succéder.
— Oui, confirme Élodie, ça ne fait aucun doute pour moi. Chez les sirènes, je pensais déjà à elle pour prendre ma relève.

J’observe la concernée. C’est vrai qu’elle semble être la plus jolie de toutes et possède une certaine prestance, mais quelque chose me chiffonne dans son regard.

— Quelqu’un s’est donné la peine de lui demander son avis ? Qu’en penses-tu, Morgane ?
— Euh… hésite-t-elle… c’est que je n’en avais pas vraiment l’intention. Ça me paraît quand même une sacrée responsabilité. Je ne m’en sens pas capable. Je préférerais qu’une autre fille soit choisie. Je veux bien l’aider mais je ne veux pas diriger le club.

Louise, qui ne semblait pas s’attendre à ça, grimace. Visiblement, ce désistement semble contrecarrer ses projets. Dommage pour elle, mais elle aurait dû s’en assurer plus tôt. Je me sens coupable de l’avoir mise au pied du mur devant tout le monde : j’aurais dû me soucier de la succession plus en tête-à-tête.

— Y a-t-il quelqu’un qui veut se présenter ? demande-t-elle à l’assemblée.

Seul le silence lui répond. Mon héritière semble inquiète. Il est vrai que le temps de la succession arrive à grands pas, et s’il n’y a pas de candidates, cela risque de se révéler compliqué.


Assise sur le rebord de la baignoire, j’écarte les jambes en grand pour permettre à… – euh, comment il s’appelle au fait ? Peu importe – pour lui permettre de me lécher correctement. Je dois dire que « quel que soit son nom » se montre plutôt doué. J’ai bien fait de lui mettre le grappin dessus. Oh oui, j’aime quand on me lape comme cela ! Cela fait déjà de longues minutes que je prends mon pied à me faire brouter le minou dans la salle de bain. Je sens que je viens. Oui, j’atteins enfin l’orgasme libérateur, le premier depuis que je suis entrée dans cette nouvelle école.

« Quel que soit son nom » se relève, une bosse énorme déformant son pantalon.

— À mon tour, sourit-il.

Bien que j’en aie la bave aux lèvres, je me vois obligée de décliner l’offre.

— Mais t’avais dit que tu me rendrais la pareille si je te léchais la chatte… se plaint-il.
— Oui, mais pas cette fois. Nous devons y retourner avant que quelqu’un remarque notre absence.
— Mais, euh… rouspète-t-il dans le vide.

Je réajuste ma tenue et sors de la pièce pour rejoindre le salon, laissant « quel que soit son nom » derrière moi. L’appartement de la présidente du BDE est blindé. Il est très compliqué de circuler sans se faire marcher dessus. La popularité d’Émilie Richard, ma marraine, ne fait plus aucun doute. La voilà qui surgit.

— Alors, où étais-tu passée ? fait-elle, joyeuse. Allez, viens donc t’asseoir qu’on boive un coup ensemble.

Depuis le début d’année, je reste plutôt méfiante vis-à-vis d’elle. Elle se montre sympathique mais j’ai l’impression qu’elle joue à un double jeu avec moi, qu’elle n’est pas sincère, ou qu’elle me cache un truc. Peut-être dois-je chercher l’explication dans le fait que c’est Povin qui lui a demandé de me prendre sous son aile. Quoi qu’il en soit, je la suis sur le canapé où deux de ses amies sont déjà installées. Elle me sert un verre et trinque avec moi.

— Alors, comment c’était ? demande-t-elle.
— De quoi ?
— Comment c’était dans ma salle de bain ? se moque-t-elle.

Dès que j’ai découvert le sexe, j’ai tout de suite compris que c’était un bon moyen d’évasion. Très vite, c’est devenu comme une drogue pour moi. J’ai enchaîné des tas de mecs sans jamais vraiment m’attacher à eux. Je le vivais plutôt bien mais j’ai compris assez rapidement que beaucoup n’hésitaient pas à juger mon comportement. Je me suis fait plusieurs fois insulter juste parce que je cherchais à prendre du plaisir. Les mecs étaient les premiers à te rabaisser, mais parfois les autres filles pouvaient se montrer bien plus cruelles. Depuis, j’ai compris qu’il valait mieux que je reste aussi discrète que possible sur mes activités. Si Émilie me colle sur le dos une réputation de salope, avec la popularité qu’elle a, je n’ai pas fini d’en baver.

— De quoi tu parles ? fais-je semblant de ne pas comprendre.
— Ne fais pas l’innocente : la présidente du BDE sait tout. Je sais ce qui vient de se passer dans la salle de bain, et je sais quel genre de fille tu es. Mais ne t’inquiète pas, Sarah, toi et moi sommes pareilles.
— Pareilles ? fais-je, pas sûre de comprendre.

Cherche-t-elle à gagner ma confiance pour me tendre un piège, à me faire avouer mon goût de luxure pour me le renvoyer dans la gueule plus tard ? J’ai envie de croire en son amitié, mais j’ai bien trop souvent été déçue par le passé.

— Tu sais, reprend-t-elle, il n’y a pas que le BDE dont je suis présidente. Je dirige aussi un autre club. C’est un club un peu particulier dont l’existence n’est pas officielle. Veux-tu que je t’en parle ?
— Oui, réponds-je, intriguée.

Voilà le début d’une conversation qui allait changer ma vie.


À discuter avec tout le monde, je ne mets pas longtemps à reconstruire le puzzle des événements de cette année ; les sirènes, le BDE de Nathan, le mea culpa d’Élodie, la séparation temporaire de Louise et de Thomas et aussi les raisons qui ont amené ce dernier à adopter Lorelei. Je me rends compte qu’ils ont encore vécu une année mouvementée mais qu’ils ont su remonter la pente.

Sur les canapés, Louise est assise sur les genoux de Thomas qu’elle embrasse. Aliénor, à côté d’eux, caresse les cuisses de sa fillote. Plus loin, Lorelei fixe la scène d’un œil inquisiteur. C’est le moment de faire sa connaissance plus en détail. Je m’avance vers elle.

— Bonsoir, Lorelei ; ou devrais-je dire « petite-fillote » puisque Thomas t’a adoptée ?
— Bonsoir, Sarah. Je suis contente de faire ta connaissance, fait-elle, évasive.
— Hum, Thomas doit vraiment tenir à toi s’il t’a adoptée.
— Oui, Thomas est vraiment très sympathique. Il m’a beaucoup aidée cette année.
— Toi aussi tu as l’air de beaucoup tenir à lui.
— Euh… oui, en effet, rougit-elle.
— Tu n’es pas la seule, tu sais.
— Oui, je suis au courant, laisse-t-elle échapper en jetant un coup d’œil triste vers Louise.

Elle ne semble pas avoir saisi que je faisais aussi allusion à moi.

— Oui, Louise et lui ont une sacrée histoire, continué-je. C’est un véritable amour qui les unit.

Lorelei fait une mine boudeuse.

— Tu n’as pas à être jalouse, tu sais. Heureusement pour toi, ils sont aussi libertins l’un que l’autre. Tu pourras donc encore profiter de ton parrain.
— Oui, je sais, rougit-elle, mais… depuis qu’ils sont de nouveau ensemble, ce n’est plus pareil. Il n’a quasiment plus de temps à me consacrer.
— Je vois… Je vais donc te donner un conseil puisque je suis ta grande-marraine : si tu veux passer plus de temps avec Thomas, arrange-toi pour te rapprocher de Louise. Elle est partageuse, surtout avec les personnes qu’elle affectionne particulièrement. Si c’est le cas pour toi, c’est elle-même qui t’invitera dans leur lit.

Mon conseil semble la faire réfléchir. Une lueur s’est allumée dans son regard. Elle me remercie et s’éloigne en affichant un air un peu plus joyeux. « Décidément, Thomas, tu les attires toutes ! Et toi qui doutais de tes charmes l’année dernière… »

Suite à cette bonne action me vient l’envie de profiter enfin du péché de la chair. Je m’en vais retrouver ma petite famille sur le canapé. Louise, en me voyant arriver, quitte les genoux de son homme pour ceux de sa marraine. Je prends donc sa place et me cale dans les bras de Thomas. Tout en échangeant baisers et caresses, nous discutons tous les quatre de notre année. Aliénor fait un récit complet de notre séjour à Prague, et surtout de nos sorties nocturnes.

— Qui c’est, cet Alexej ? demande Thomas, suspicieux, à la suite du récit d’une de nos aventures.
— Oh, c’est un Tchèque très charmant que l’on a rencontré en boîte, explique Aliénor. Sarah et lui ont eu une relation.
— Ah oui ? Et ça a duré longtemps ? continue-t-il sur un ton un peu trop brusque.
— Oui, plusieurs mois ; mais ne sois pas jaloux, fillot ! plaisanté-je. Il était plutôt du genre à se croire irrésistible et dominateur, mais il était loin de t’arriver à la cheville. La vérité, c’est que je me suis plutôt servie de lui pour passer le temps.
— Ouais, confirme ma complice, à la fin c’est lui qui était à genoux devant Sarah. Il en était raide dingue. Elle lui faisait faire tout ce qu’elle voulait, c’était trop mignon.
— Et vous alors, continué-je, Nathan est si terrible que ça ?
— Lui aussi est du genre à se croire irrésistible et dominateur, explique Louise, mais il devient violent quand tu lui montres qu’il ne l’est pas.
— Et ce Simon, c’est le même acabit ?
— A priori, oui. Pour le moment, il n’a pas laissé penser qu’il serait meilleur que Nathan.

Nous échangeons un coup d’œil inquiet avec Aliénor. Jusqu’à maintenant, les BDE s’étaient toujours montrés coopératifs avec le club des nymphes, et tout se passait bien. Nathan a maintenant changé la donne, et il serait bien capable d’instaurer une nouvelle ère.

— Heureusement, nous avons parmi nos favoris des mecs bien qui n’hésitent pas à lutter contre le BDE, affirme Louise en voyant Arthur passer bien loin. Arthur, viens ici ! l’appelle-t-elle. Arthur en est un parfait exemple, nous explique-t-elle. Il n’a pas douté pour affronter Nathan et protéger Morgane.
— Moi ? rougit-il. Je n’ai pas fait grand-chose. Ne m’étant jamais battu, j’ai été maîtrisé assez rapidement. Je n’ai pas été capable d’aider correctement Boris.
— Il est humble, en plus… sourit Aliénor. Tu ne t’étais jamais battu ? Alors cela a dû te demander encore plus de courage.
— Savez-vous qu’Arthur est mon favori ? déclare Louise. J’ai une nouvelle fois bien choisi.
— Ah oui ? fais-je avec un sourire malicieux. C’est intéressant, tout ça. Dis-moi, petit fillot, tu semblais bien troublé lors de notre arrivée tout à l’heure. N’as-tu donc jamais vu deux filles s’embrasser ?
— Euh… répond-il un peu gêné, j’ai juste été surpris. J’ignorais que vous étiez si proches.
— Zut, (Aliénor joue le jeu), et moi qui pensais que tu fantasmais juste sur des relations lesbiennes…

Et la voilà qui embrasse sa fillote à pleine bouche. L’effet sur le visage d’Arthur est une nouvelle fois saisissable. Je souris et embrasse à mon tour mon héritière en passant une main sous sa jupe. Arthur est tout rouge. Thomas se marre, il sait ce qui va arriver.

— Peu de premières années sont au courant de mes tendances bi, explique Louise. Cette année, je n’ai pas eu de relations avec des filles.
— On va rattraper ça, ma chérie ! lance Aliénor, coquine.
— Et dis-moi, petit-fillot, n’as-tu jamais vu deux filles se toucher ? continué-je tandis que ma main atteint l’intimité de Louise.

Mes doigts trouvent son sexe très humide, preuve que ça l’amuse elle aussi d’allumer Arthur. Je n’ai donc aucun mal à enfoncer profondément trois doigts. Louise grimace de plaisir tandis qu’Arthur a les yeux exorbités.

— Juste sur Internet, lâche-t-il.
— Encore une fois, vraiment dommage que tu ne fantasmes pas sur les relations lesbiennes, poursuit Aliénor en caressant les seins de sa fillote, nous aurions pu te faire profiter du spectacle.
— Bah… c’est que, hésite-t-il pendant que nous faisons des baisers dans le cou de Louise, il est probable que si…
— Probable ? me moqué-je. Il n’y a pas de « probable » qui tienne avec nous. Soit tu fantasmes et tu peux rester profiter du spectacle, soit tu peux t’en aller tout de suite.
— Oui, oui, je fantasme ! se précipite-t-il. Je reste.

À la vue de l’état de son pantalon, je n’en avais aucun doute. Aliénor fait glisser les bretelles de sa fillote et libère sa poitrine. Elle prend ses deux petits seins dégagés à pleines mains et les tâte vigoureusement. De mon côté je continue d’agacer le sexe dégoulinant de Louise. Sous ma croupe, la virilité de Thomas s’est elle aussi réveillée. Il s’occupe lui aussi de mes seins. Entre deux gémissements, la bouche de la présidente fait des allers-retours entre celle d’Aliénor et la mienne. Arthur ne perd pas une miette du show.

— Alors, le spectacle te plaît ? lancé-je, malicieuse, à mon petit-fillot.
— Oui, c’est très beau.
— Approche-toi plus près, ordonné-je ; nous allons voir à quel point cela te plaît.

Arthur obéit. Je tâte la bosse qui déforme son pantalon : il n’y a aucun doute à avoir sur son état d’excitation. Je me sens soudainement coupable de laisser un sexe dans un tel état de compression et me vois obligée de libérer la bête. Se pointe un gland tout mignon qui ne demande qu’à être embouché et cajolé par une langue habile. Désireuse de laisser un souvenir mémorable à mon petit-fillot, je décide de m’occuper de lui. Je me penche et gobe ce magnifique pénis. Je l’avale sur toute sa longueur, ce qui semble ravir son propriétaire. Après environ une minute de dégustation, je le recrache finalement.

— Louise, me plains-je, tu ne vas quand même pas me laisser m’occuper toute seule de ton favori ?
— Non. Tu as raison, Sarah, ce n’est pas correct.

Elle quitte les cuisses de sa marraine pour s’agenouiller devant Arthur et l’embouche à son tour. Arthur est aux anges. Je m’agenouille à côté de Louise pour bien voir de près sa bouche coulisser sur le sexe d’Arthur. C’est à mon tour de jouir du spectacle. Thomas, quant à lui, s’éloigne, sûrement pour nous laisser profiter du moment sans s’en mêler. Il sait très bien que son tour viendra plus tard.

— Et moi, alors ? se plaint Aliénor tandis qu’elle s’agenouille à son tour. Je n’ai rien à sucer. Arthur, veux-tu bien m’en laisser un peu ?

Le susnommé hoche la tête avec joie tandis que Louise tend le sexe en direction de sa marraine. Nous nous alternons maintenant toutes les trois sur son phallus. Nous n’oublions pas de nous occuper de ses bourses. Parfois, deux bouches en même temps s’appliquent à lui procurer du plaisir. Nous continuons aussi de jouer entre filles, nous embrassant et nous caressant tandis qu’une troisième suce Arthur. Petit-fillot est maintenant très bruyant : ses rugissements ne laissent aucun doute sur le plaisir qu’il est en train de prendre. C’est Louise qui emporte son précieux nectar. Là c’est sûr, il se souviendra toute sa vie de sa première rencontre avec sa grande-marraine.