(Sarah) Sexe fort

— Comment ça ? me plains-je. Pourquoi donc est-ce interdit aux nymphes ?
— Je suis désolé, mais c’est une soirée privée organisée par le BDE, insiste le première année. Les nymphes ne sont pas autorisées. Faites demi-tour, s’il vous plaît.
— C’est inadmissible ! rouspète Aliénor. Va me chercher le président !

Le type, un jeune Magrébin plutôt charmant, a l’air complètement paniqué devant notre insistance mais refuse toujours de nous laisser passer.

— Allez, insisté-je. Nous ne bougerons pas tant que nous n’aurons pas parlé à Nathan.

Il finit par nous céder et nous prie de l’attendre à la porte du cocotier. Il revient peu de temps après avec un Nathan qui semble surpris de nous voir, mais qui ne manque pas de mater les tenues affriolantes dont nous nous sommes vêtues.

— Sarah, Aliénor, je ne m’attendais pas à vous voir ici.
— Nathan, ton laquais refuse de nous laisser entrer, se plaint Aliénor.
— Et Idriss a tout à fait raison : nous n’autorisons plus les nymphes et leurs chiens à mettre les pieds à nos soirées.
— Et pour quelle raison, je te prie ? joué-je l’innocente.
— Pour la simple et bonne raison que ces garces font courir de sales rumeurs sur notre compte.
— Allons, sois raisonnable, Nathan ; Sarah et moi n’avons absolument rien à voir avec ça. Nous étions à Prague toute l’année.
— Oui, confirmé-je. Nous ne sommes revenues que très récemment et n’avons plus beaucoup de temps ici. Nous nous contrefichons donc totalement de ces histoires entre nos deux clubs. Nous souhaitons seulement profiter au maximum de notre séjour ici en faisant la fête le plus possible.
— Je suis désolé, mais c’est comme ça !
— Allons, Nathan, essayé-je de l’enjôler, ce n’est tout de même pas deux filles qui vont terroriser un beau mâle comme toi ! Promis, on restera sage… ou peut-être pas, finis-je d’un air coquin.

Des flatteries, un petit regard aguichant, une pose légèrement lascive et le voilà qui hésite.

— Bon, OK, mais seulement vous deux, cède-t-il.

Et voilà, les louves entrent dans la bergerie. Ce n’était vraiment pas difficile. Nous passons devant le président en roulant des fesses. Je le sais baver derrière nous. Bon, rapide coup d’œil dans la salle : il y a une chaude ambiance et la musique est bonne. Il y a aussi beaucoup de monde, et plus de filles que ce qu’on espérait.

Louise et Thomas ne savent pas que nous sommes ici. Ils savaient bien que nous sortirions ce soir, mais nous ne leur avons pas précisé où. Il s’agit d’une mission de notre propre initiative. Après les discussions à propos du BDE lors de notre retour, il nous a paru nécessaire de tenter quelque chose ; alors quand nous avons entendu parler de cette soirée organisée par le BDE, c’était l’occasion rêvée de s’infiltrer. Notre départ étant demain, cela tombait à pic.

Notre séjour est passé bien trop rapidement à mon goût : deux malheureuses petites semaines, et nous voilà déjà sur le point de partir. J’ai la boule au ventre de nous savoir sur le départ. En tout cas, nous avons pleinement profité de ces vacances chez Louise. Chaque soir, nous faisions tous les quatre l’amour pendant des heures jusqu’à épuisement total. Aliénor et moi pouvions nous reposer pendant la journée, mais Thomas et Louise avaient cours et se sont donc donnés à fond pour profiter de nos moments ensemble.

— Hé, salut ! J’m’appelle Marlène, nous fait une charmante fille légèrement ivre aux cheveux bouclés. Vous êtes de l’école ?
— Euh, oui, réponds-je. En troisième année. Pourquoi ? Pas toi ?
— Non, moi je suis en école d’infirmière. C’est une copine à Nathan qui nous a invitées moi et mes copines ici.
— Et vous êtes venues à combien environ ?
— Une dizaine, pourquoi ?
— Non, pour rien.

Voilà donc l’explication : Nathan, ne pouvant plus compter sur la présence des sirènes pour compléter ses effectifs féminins, a importé des filles d’autres écoles. C’est avec cet atout charme qu’il assure encore la fidélité de ses suivants. Et en même temps, étant étrangères à l’école, elles ignorent tout de la mauvaise publicité qui lui colle à la peau. Intéressant, tout ça… Notre apprentie infirmière nous laisse pour aller se chercher un verre. Je me tourne vers mon Aliénor.

— Bon, ça nous met en concurrence avec des infirmières ! lui lancé-je.
— Tu as un plan ?
— On va montrer à tous ces types que rien ne vaut des nymphes, que s’ils vont chercher des filles ailleurs ils n’auront que de la marchandise de moindre qualité.
— On s’y prend comment ?
— Tu te souviens de ce que je te refusais toujours à Prague ?
— Oh oui ! sourit-elle. Mais t’avais dit que…
— Je sais, mais il faut qu’on y aille à fond, ce soir.

Je lui prends la main et l’attire sur la piste de danse. Nous commençons à osciller sur le rythme lancinant d’un rock, le temps de nous échauffer. Moins de deux minutes me sont nécessaires pour me laisser emporter complètement par la musique. Je n’hésite pas à exagérer mes mouvements, mais toujours avec grâce. Les appâts ne sont pas plutôt mis à l’eau que déjà la poiscaille s’approche. Des regards masculins nous scrutent. La scène me rappelle ma première danse avec Thomas lors de la soirée parrainage. La tête qu’il faisait… c’était trop chou !

Depuis notre séparation avec nos fillots l’année dernière, Aliénor n’a eu de cesse de tenter de me convaincre de me laisser aller à des attouchements saphiques avec elle. J’ai remarqué très vite que je ne la laissais pas indifférente, mais elle savait que je n’étais pas bi, donc elle ne tentait rien. Sauf que les choses ont changé l’année dernière. Je me suis laissée aller avec Louise, alors Aliénor a espéré un changement plus profond dans mes désirs. C’est un soir où nous reparlions de cette fameuse fois qu’elle m’a proposé quelques caresses. J’ai refusé, bien évidemment.

— Mais pourquoi ? Cela t’a plu pourtant quand nous étions avec Thomas et Louise…
— On était sur le point de les quitter. J’étais bouleversée. J’avais besoin de douceur, et Louise a su me faire baisser ma garde. Avec elle, c’est différent. C’était la magie du moment.

Sa deuxième tentative avait été en boîte alors que nous étions partis à la chasse aux mecs. Son plan était de jouer aux lesbiennes pour exciter les mecs et les attirer dans nos filets. Juste quelques caresses et baisers. Sauf que je comprenais très bien son intention cachée derrière. J’ai donc refusé. D’ailleurs nous n’avons pas eu besoin de ça pour trouver de quoi nous divertir. Elle a retenté le coup plusieurs fois, mais jamais je n’ai cédé.

Ce soir nous avons moins de temps. Il faut marquer les esprits de ces messieurs et je sors de deux semaines où j’ai reçu et donné plein de cunnis ; je me sens maintenant prête. Je fais signe à ma collègue d’approcher. Elle s’exécute avec joie. Nous commençons à danser l’une contre l’autre, à nous frotter presque. Nos mains s’égarent sur le corps de l’autre. Aliénor s’en donne à cœur joie et me palpe le cul. Notre petit spectacle attire de plus en plus de regards ; certains mecs approchent et nous lancent des cris d’encouragement. Je pose mes lèvres sur celles de ma camarade et l’embrasse langoureusement. Les gars se déchaînent. Nous continuons notre petit show jusqu’à temps d’avoir appâté une bonne partie des mecs.

Nous nous séparons finalement et nous jetons en plein milieu des mecs. Nous sommes très vite complètement encerclées. Je me déchaîne sur la musique sans me préoccuper des dizaines de mains qui me palpent le corps. Je me frotte à un entrejambe gonflé sans même savoir qui est son propriétaire. Je me fais tâter de tous les côtés : les seins, le cul, les cuisses, le ventre. Plusieurs doigts tentent même de se glisser sous ma jupe. Je ne connais pas la plupart des mecs qui me tripotent, ne reconnaissant que quelques visages comme celui de David qui tente de se frayer un chemin jusqu’à moi.

— Sarah, je suis heureux de vous voir parmi nous ce soir, déclare-t-il une fois arrivée à mon niveau.
— Je vois ça, souris-je en lui palpant l’entrejambe durci.

Je ne l’ai jamais vraiment apprécié, même quand il traînait encore avec Thomas ; mais étant donné sa place dans le BDE, c’est un gros poisson qui vient de mordre, alors je me laisse caresser sans rechigner.

Pour gagner un marché, les plus grosses entreprises décident parfois de descendre leurs prix, voire d’aller jusqu’à vendre à perte. Les entreprises concurrentes n’ont de choix que de se retirer ou de suivre le mouvement, ce qu’elles sont le plus souvent incapables de faire financièrement. Elles finissent donc par disparaître. Cette concurrence déloyale – une tactique interdite – est néanmoins diaboliquement efficace. Une fois la concurrence disparue, l’entreprise peut alors imposer sa loi sur le marché et fixer les prix comme elle le désire. En retrait, Marlène et ses copines infirmières nous regardent d’un mauvais œil. Elles comprennent vite qu’elles ne peuvent pas lutter contre nous et finissent, elles aussi, par disparaître. Le marché étant maintenant nôtre et la demande bien supérieure à l’offre, nous pouvons maintenant faire monter les prix.

— J’aurais besoin d’un verre, déclaré-je à David.

Il m’entraîne donc vers le bar où nous commençons à boire et discuter. Aliénor, accompagnée par deux autres types du BDE, se fraye un chemin jusqu’à nous. Ma collègue est sur la même longueur d’onde ; elle a très bien compris que maintenant nous devons nous concentrer sur les plus gros clients.

— Je croyais que l’alcool était maintenant interdit lors des soirées à l’école ?
— C’est le cas, confirme David, mais le président et Simon ont fait fi de cette interdiction dans le but d’obtenir des voix pour les élections.

Nous sommes bientôt rejoints par plusieurs autres mecs. Certains tentent des approches mais Aliénor et moi nous montrons beaucoup plus rétives que sur la piste de danse. Les prix ont maintenant largement augmenté et nous ne laissons nous approcher que les types qui nous semblent les plus influents.

Proposer ses produits en édition limitée permet aux entreprises de susciter un sentiment de rareté chez le client. Ainsi, quand l’offre est de nouveau disponible, ce dernier, pris d’une pulsion d’achat compulsive, se jette dessus. C’est encore une fois une stratégie qui fait remarquablement ses preuves. À part pour les quelques mecs triés, l’édition « nymphe » est maintenant terminée. Nous avons assuré le spectacle juste pour emporter le marché et leur mettre l’eau à la bouche. L’offre ne sera de nouveau disponible que si Boris est élu président. S’ils veulent acheter « nymphe », ils devront donc voter pour lui.

En attendant, nous avons sélectionné nos plus gros clients pour notre prochaine tactique. C’est marrant, mais il y a une bonne partie du BDE actuel autour de nous. Les soi-disant anti-nymphes sont tous en train de baver devant nous. Je suis assise sur les genoux de David, m’amusant à agacer son membre en remuant ma croupe.

— Hé, mais beaucoup d’entre vous ont des fillotes qui faisaient partie des sirènes ? fais-je semblant de soudainement réaliser.
— Oui, c’est le cas, confirme David. Moi, je suis le parrain d’Ondine.
— Et ça ne vous fait pas chier, cette interdiction aux nymphes de venir à vos soirées ? demande Aliénor, en train de se faire caresser les cuisses par un type du BDE.
— Bah, ce n’est pas notre faute : c’est elles qui ont commencé la guerre, lance Manuel, vice-président de Nathan.
— Oui, c’est vrai, continue David. Elles ne sont pas aussi ouvertes que vous deux et ne nous laissent pas le choix.
— Bah, ce n’est pas aussi simple, reprends-je. Ondine m’a dit pas mal de bien de toi, David. Vos baises lui manquent beaucoup, apparemment. Toi aussi, James, tu manques à ta fillote.
— Si vraiment elles veulent un coup de queue, je ne vois pas ce qu’elles attendent ! peste Manuel.
— Je crois que c’est Nathan qui leur pose problème, laisse échapper Aliénor. Sans lui, vous auriez sûrement encore vos fillotes pour vous chauffer votre lit.
— Pff, n’importe quoi… souffle Manuel. Il n’est pas responsable de leurs caprices.
— Attends, Manuel, le contredit David ; il avait promis qu’il ne toucherait pas à Ondine, et il n’a pas tenu sa promesse. Résultat, maintenant je ne peux même plus en profiter.
— Ouais, et on ne peut pas nier qu’il est allé un peu loin avec Morgane, poursuit James ; pas étonnant que les autres filles se méfient.
— Mais arrêtez vos délires ! crache Manuel. Elles n’en font qu’à leur tête.

Et c’est parti pour un long débat passionné sur le bien-fondé de la politique de Nathan. D’autres types viennent se mêler au débat et n’hésitent pas à donner leur point de vue. Nous échangeons un sourire avec Aliénor : diviser pour mieux régner a toujours été une tactique efficace. Ça a été si simple de mettre le feu aux poudres ! Nous nous apercevons que, malgré le nombre important de personnes qui continuent de venir aux soirées de Nathan, beaucoup adoptent un point de vue proche de celui des nymphes, comme quoi l’influence du club a peut-être plus porté ses fruits que ce que Louise pensait. Peu à peu le débat dérive vers un échange inintelligible : les nymphes sont traitées de « salopes castratrices », Nathan de « petite bite » et « d’éjaculateur précoce ». Je me marre en voyant très bien d’où vient cette dernière rumeur.

— Que se passe-t-il ici ? s’inquiète le président qui arrive, l’œil méfiant.
— Nous débattions juste de savoir qui, entre l’homme et la femme, est vraiment le sexe fort, déclaré-je pour faire diversion. Qu’en penses-tu, toi ?
— Débat stupide ! répond-il seulement.
— Mais allez, ne fais pas ta mauvaise tête, président. Tu as bien un avis ; pourquoi ne pas nous le faire partager ?
— Moi je pense que tu sais très bien qui est le sexe fort, me lance David, étant donné que tu en as un bien dur calé entre tes fesses.
— Tu vois, reprends-je à l’intention de Nathan, même David a un avis. Ça vaut ce que ça vaut, mais il n’a pas hésité à nous le faire savoir.
— Il n’y a pas d’avis à avoir, lâche enfin Nathan. La réponse est évidente : les hommes sont le sexe fort. Ils dominent dans tous les domaines.
— Mouais… fais-je, peu convaincue. Notre société et notre culture avantagent les hommes, ce qui leur permet, au final, d’obtenir les meilleurs postes. C’est ça qui donne la fausse impression que vous êtes meilleurs dans tous les domaines.
— On parle surtout de sexualité, là, poursuit Aliénor ; et là, c’est sûr nous sommes bien plus fortes que vous.
— Pff, n’importe quoi ! souffle Nathan. On vous domine largement, même niveau sexe.
— Tu penses vraiment que les hommes dominent les femmes pour le sexe ? me moqué-je.
— On ne peut pas faire de généralités, lance Idriss qui vient se mêler au débat ; ça dépend du caractère de chacun. Une femme peut très bien être dominante et un homme soumis, et réciproquement.
— Qu’est-ce qu’en savent les islamistes ? lance une voix anonyme et méprisante dans l’assemblée.
— Ta gueule ! s’énerve Idriss. Je suis athée, crétin !
— Le point de vue d’Idriss est intéressant, rebondis-je. Il est vrai que les généralités sont toujours bancales. Nathan, je te propose de recentrer le débat et de se poser maintenant une nouvelle question : qui, entre toi et moi, est le sexe fort ?

Ma question pique son ego : il est obligé de réagir à cette provocation. Lui, qui se pense dominant et irrésistible selon Louise, ne peut pas se permettre de laisser les autres douter de sa force.

— Je te mets à genoux quand je veux ! réagit-il. Je te montrerai comment ça fait de te faire saillir par un vrai mâle.
— Ah oui ? fais-je en écartant les cuisses et remontant un peu ma jupe afin de le provoquer plus. Et dans quel trou espères-tu me faire profiter de ta vaillante virilité ?
— Je te défoncerai le cul. Tu vas crier de plaisir comme jamais.

Je me lève et m’avance vers lui avec une démarche féline. Il a un mouvement de recul, mais finalement tient sa position.

— Mon cher président, dis-je d’un ton enjôleur, en voilà de belles paroles ! Mais qu’en est-il des actes ? Saurais-tu vraiment me soumettre à ta volonté ? Je te propose un petit défi afin de déterminer qui de nous deux est le dominant. Nous allons tous deux nous chauffer jusqu’à temps que l’un de nous deux admette sa défaite et se soumette. Si tu gagnes, alors je te laisserai me défoncer le cul. En revanche, si tu reconnais ton infériorité, je te sucerai.
— Me sucer ? Tu veux me prouver ta supériorité en me proposant de te mettre à genoux pour me pomper ? Elle est belle, ta logique ! se moque-t-il.
— Penses-tu vraiment qu’une fellation est un acte de soumission pour une femme ? La vérité, c’est que vous n’êtes jamais plus vulnérables que le gland calé entre nos dents. Une fille qui suce ne se soumet pas : elle a le contrôle total du plaisir de son partenaire. Alors, président, acceptes-tu mon défi ? Dans les deux cas, nous prendrons du plaisir et nous aurons ainsi déterminé qui est le sexe fort de nous deux.

Oui, sucer n’a jamais été un acte de soumission. C’est bien pour ça que, chez les nymphes, la première étape de l’initiation consiste à sucer cinq types. L’épreuve vise à faire prendre conscience aux filles du pouvoir qu’elles ont sur leurs partenaires.

Je le vois hésiter à mon challenge. Il se méfie, et ses mains tremblent légèrement. Pense-t-il vraiment dominer alors qu’il est déjà à ma merci ?

— Allons, président, le provoqué-je une dernière fois, tu ne vas pas me dire que tu as peur de m’affronter ? Cela ne serait pas vraiment bénéfique pour ton image de mâle dominant.
— Très bien, déclare-t-il, j’accepte ton défi mais il ne faudra pas venir te plaindre après.

Je l’emmène donc sur la piste de danse et commence à me déchaîner. Je gigote sensuellement sur le tempo rock de la musique. Je passe mes mains dans mes cheveux et les glisse lentement sur mon cou puis sur ma poitrine tout en bombant le torse. Elles finissent leur course sur mes cuisses. Nathan se montre plus pataud. Ses yeux ne perdent pas une miette de ma parade. Sans contestation, je le domine déjà à la danse. Comme beaucoup de mecs avant lui, il ne trouve rien d’autre à faire que s’avancer et se frotter à moi. Il espère que sentir l’état de sa queue va me faire céder… Bien au contraire, il me montre ainsi tout le pouvoir que j’exerce sur lui.

Il se colle un peu plus et palpe mon cul et mes seins tandis que je continue à danser en faisant semblant d’ignorer son contact. Je lui tourne maintenant le dos. Il en profite pour frotter sa queue. Je le laisse faire et me frotte moi aussi. Ses mains passent sur mon ventre et retournent palper ma poitrine. Je sens son souffle sur ma nuque. Tous les regards sont posés sur nous. Tout le monde s’interroge sur la façon dont va se terminer cette confrontation.

Son bras passe autour de mes hanches, et d’un geste vigoureux il me plaque à lui, m’empêchant de bouger. Sa queue, terriblement dure, appuie sur mon cul comme si elle souhait percer nos vêtements pour se frayer un chemin. Son autre main quitte mon sein pour remonter à ma gorge. Il me tourne la tête sur le côté et commence à m’embrasser dans le cou. L’image d’un vampire suçant le sang de sa victime m’envahit la tête, et pour la première fois je me sens vraiment frémir.

— Tu crois que je ne sais pas ce que vous êtes venues faire, ta pote et toi ? Tu me penses aussi crétin ? me souffle-t-il dans l’oreille. Tu penses vraiment que j’ai gobé vos bobards quand vous affirmiez n’en avoir rien à faire des futures élections du BDE ? Vous êtes venues afin d’attirer dans vos filets ceux qui me suivent. Vous êtes venues pour en faire des chiens de votre club !
— Dans ce cas-là, pourquoi nous avoir permis d’entrer ?
— Parce que je ne vous crains pas. Parce que c’est moi le plus fort. Parce que je vais te soumettre.
— Et pourtant tu as perdu à la minute même où tu nous as laissées entrer. Celle-là même où tu as imaginé la possibilité de coucher avec moi, tu étais en mon pouvoir.
— Oui, je te veux et je vais te prendre. Je vais te faire crier. Tu verras ce que c’est de se faire saillir par un véritable mâle.

Il m’embrasse de nouveau dans le cou et sa main redescend sur ma poitrine qu’il malmène. L’autre glisse sous ma jupe et remonte jusqu’à mon sexe. Il glisse quelques doigts sous mon string et s’engouffre dans mon sexe béant. Bien malgré moi, je gémis.

— Tu vois, halète-t-il dans mon oreille, tu mouilles comme une petite chienne. Tu n’attends que ça que je te prenne. Tu as hâte que je te défonce le cul. Reconnais-le et soumets-toi.
— Oui, je mouille, admets-je, mais seulement parce que ça m’amuse que tu t’imagines encore que tu vas l’emporter. Je me plais déjà à penser comment je vais savourer ma victoire. Je montrerai ainsi à tout le monde que tu n’es pas le mâle ultime que tu prétends être, que tu n’es qu’un vulgaire imposteur. Tu n’es pas digne de moi ; estime-toi heureux que je t’accorde déjà la faveur de te sucer.
— Ta gueule, salope ! hurle-t-il en perdant son calme.

Je l’ai déstabilisé, reprenant ainsi l’avantage. Il me serre davantage contre lui et ses doigts s’agitent nerveusement dans ma vulve dans l’espoir de me faire céder. Je joue le jeu et me frotte contre lui en me cambrant légèrement. J’exagère mes gémissements, lui laissant croire que je prends bien plus de plaisir que je n’en prends réellement. Je l’entends souffler derrière moi. Sa respiration est forte et saccadée. Sa main m’écrase douloureusement le sein. Soudain, je le sens se contracter. Un léger grognement s’échappe de sa gorge. Son emprise sur moi se desserre. J’en profite pour me dégager et me retourne vers lui. Une tache est apparue au niveau de son entrejambe.

— Alors, Nathan, me moqué-je, comment comptes-tu me soumettre alors que tu es incapable de te contrôler toi-même ? À jouir dans ton pantalon, tu t’es disqualifié. La victoire me revient.

Et voilà : comme prévu, il a joui dans son pantalon. Si Sandrine avait déjà réussi à le faire jouir juste en mimant un coït, alors je pouvais le faire sans problème. Pensait-il vraiment que je comptais obtenir sa soumission et le sucer ? Mon plan était tout autre. Honte et colère se lisent sur son visage. Je l’ai humilié. Quelques rires se font entendre dans le public. Ses mains tremblent, son regard est noir et ses dents sont serrées. Il est près d’exploser de rage mais tente visiblement de se contrôler. Il sait qu’il a déjà merdé lors d’une soirée ; cela serait trop néfaste pour lui s’il pétait encore les plombs devant tant de témoins.

Aliénor, souriante, me rejoint et nous nous en allons, fières d’avoir sûrement fait gagner quelques voix à Boris et d’avoir humilié Nathan en bonus.


— … et voilà toute l’histoire, finis-je de raconter. Je ne sais pas quelle influence on aura eue dans tout ça. Nous n’avons pas la prétention d’avoir gagné la guerre à nous deux, mais nous avons fait notre maximum dans le peu de temps que nous avions. Suite à nos observations, je pense que Boris a toutes ses chances de l’emporter, mais restez prudents.
— Vous auriez pu nous faire part de vos intentions, tout de même… se plaint Louise. En tout cas, merci quand même pour ce coup de main, et à très vite j’espère. Bon stage !

Elle me serre fortement dans ses bras, puis je finis par l’embrasser avant de céder ma place à Aliénor. Encore une fois, mon cœur est serré de les quitter si vite, et je fais tout pour retenir mes larmes. Aliénor embrasse sa fillote et vient embrasser Thomas à son tour. Une fois fait, ce dernier se tourne vers moi, le visage aussi ému que le mien.

— Ce n’est qu’un au revoir, marraine, me promet-il. On se reverra bientôt, et plus longtemps ce coup-ci.

J’ai vraiment envie de pleurer mais je dois rester forte. Je le prends dans mes bras et respire une dernière fois son odeur. Je l’aime tant ! Ces deux semaines à ses côtés ont vraiment été très intenses.

— Je peux te parler seule à seul une minute ? lui soufflé-je dans l’oreille.

Il acquiesce et nous nous éloignons un peu plus loin, sous l’œil curieux de Louise et d’Aliénor. Faisant suite à une conversation privée que nous avons eue tous les deux quelques jours plus tôt, Thomas devine aisément de quoi je veux m’entretenir.

— Alors, tu es vraiment sûr de vouloir faire ça ?
— Oui, marraine, absolument.
— Tu comptes lui dire quand ?
— Je ne sais pas… Je voulais attendre qu’elle ait transmis le flambeau à Lorelei et que les élections soient passées. Peut-être même après nos partiels.
— Eh ben, ça va lui faire un énorme choc.
— Je sais, grimace Thomas, j’ai tellement peur de sa réaction…
— Allez, sois fort, fillot, et tout ira bien, me moqué-je. Je t’aime.
— Moi aussi, Sarah, m’avoue-t-il en m’embrassant.